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On a recréé les couvertures en maillot de «Sports Illustrated»

Après des années à admirer les mannequins en couverture de Sports Illustrated, nous avons décidé de le devenir.

Publié le
Macey J. Foronda / Alice Mongkongllite

Chaque année, nous admirons les top-modèles en couverture de Sports Illustrated. Nous avons grandi avec ces femmes en couverture, et nous sommes demandées si c'était les seuls types de corps que la société considérait comme beaux.

Mais cette année, nous avons décidé de prendre les choses en main et devenir mannequins. Nous pensons qu'il est important pour les femmes de toutes formes, tailles et couleurs d'être représentées et de donner un portrait fidèle de ce qu'un corps de plage est vraiment. Ce qui est, au passage, juste un corps sur une plage.

Regardez la vidéo de notre expérience ici :

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BuzzFeed Yellow / Via youtu.be
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Sports Illustrated / Macey J. Foronda for BuzzFeed

En grandissant, j'ai toujours pensé que les mannequins de Sports Illustrated étaient belles et je les idolâtrais un peu.* Et quand cette année Ashley Graham a fait une couverture, j'ai enfin compris ce que cela voulait dire pour les femmes faisant plus d'une taille 38. Pour une fois, quelqu'un de ma taille n'était pas la copine marrante de l'héroïne. Nous étions les vedettes — et nous étions sexy.

* C'est en général le moment où vous dites, «Eh bien ne les idôlatre pas et arrête de faire l'enfant!» et c'est là que je dis, «Allez vous faire foutre. Essayez de ne pas être influencés par les normes de beauté à un jeune âge et on verra après.»

En me lançant là-dedans, je ne m'attendais pas à grand-chose. Les séances photos à la plage sont dures — voilà, je l'ai dit. Il y a beaucoup de soleil, du sable partout, les poses ne sont pas bonnes. Chères modèles de bikini: tout mon respect. C'est peut-être étonnant mais je sais que je ne suis pas Kate Upton. Donc quand j'ai vu la photo, je crois que j'ai été agréablement surprise. En général, je porte des maillots une-pièce ou des bas à taille haute à cause de ma vergeture, mais elle était là, luisant au soleil et JE. M'EN. FICHAIS. En plus, mes seins avaient l'air de défier les lois de la gravité quand d'habitude ils détruisent les hauts de bikini à ficelles comme s'ils étaient Meryl Streep avec ses nominations aux Oscars.

Sports Illustrated/ Macey J. Foronda for BuzzFeed

Enfant, je ne me suis jamais vue représentée dans les magazines, et encore moins sur leurs couvertures. La première mannequin asiatique-américaine ~notable~ que j'ai vue dans un magazine était Jarah Mariano. (Elle a fait du mannequinat pour Victoria's Secret et, par coïncidence, pour Sports Illustrated.) Je me souviens encore parfaitement de ce moment: Susan l'adolescente, sans seins, ringarde, se disant «PUTAIN, ON EXISTE. MERCI DE RECONNAÎTRE QUE LES ASIATIQUES PEUVENT ÊTRE CANONS.» Parce que jusqu'à ce moment-là, personne ne m'avait dit que les Asiatiques pouvaient être canons.

Pendant la séance photo, j'ai été surprise parce que c'était en fait beaucoup plus dur que ce à quoi je m'attendais. J'ai dû orienter mes jambes vers l'océan (qui était glacial) tout en regardant l'appareil photo. On m'a dit de ne PAS sourire, ce qui est assez facile pour moi n'importe quel autre jour. 🔪🔪 Il y avait beaucoup de gens qui me donnaient des instructions et qui me regardaient, ce dont je n'ai pas l'habitude! Mais je ne vais pas mentir, j'étais assez fière de moi. Quand j'ai vu ma photo finale pour la première fois, ma première pensée a été: «Laissez-moi envoyer ça à mon ex vite fait.» Je sais pas. C'était agréable. Je suis jolie. 💅

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Sports Illustrated / Macey J. Foronda for BuzzFeed

Les numéros maillot de bain de Sports Illustrated ont toujours été mon vice. Si je les voyais dans un rayon en magasin, j'y jetais un coup d'œil pendant que ma maman faisait les courses. J'ai toujours voulu ressembler aux mannequins que je vois en couverture des magazines. Ce n'est pas juste leur physique —qui est magnifique— mais aussi leur confiance en elles. Je voulais porter un bikini et sourire comme elles. J'ai toujours été complexée —qui ne l'a pas été?— mais de plus en plus récemment à cause de problèmes de santé chroniques.

Je n'étais pas ravie de cette séance car j'ai perdu beaucoup de poids récemment à cause d'une maladie, et quand je me suis regardée dans le miroir le jour de la séance, j'ai vu une allumette sans formes. Je crois que les gens pensent parfois que certains types de corps sont immunisés contre les complexes, mais c'est complètement faux. Personne n'est immunisé contre ça. J'ai été agréablement surprise en voyant ma photo. Je ne vois pas souvent de photo de moi en bikini, et je veux fêter ça au lieu de me critiquer. Et je veux fêter cette photo... parce que je suis carrément canon. Je vais peut-être l'encadrer et l'accrocher chez moi. 🔥

Sports Illustrated/ Macey J. Foronda for BuzzFeed

Si vous alignez des mannequins de Sports Illustrated qui ont la même couleur de cheveux, je ne pense pas que je pourrais les différencier. C'est comme s'il y avait une croyance que tous les gens qui sont attirés par les femmes sont attirés par le même type de femmes. Et parce que ce genre de femmes est TELLEMENT omniprésent dans les médias, je crois que c'est très facile de ne plus y faire attention. Ce qui est trop bizarre! Ces femmes représentent une portion tellement infime de ce à quoi ressemblent toutes les femmes, comment cela peut-il être banal?

Quand j'ai vu la photo finale, mon cerveau me criait que je ressemblais à une poupée troll qu'on avait laissé fondre dans une voiture au soleil. Ma silhouette ne rend pas cette pose très flatteuse, et c'est une pose BEAUCOUP plus sexuelle que ce dont j'ai l'habitude. Ça a été très difficile pour moi de ne pas me laisser emporter par la culpabilité et la peur, ce qui m'a vraiment surpris et m'a fait me demander combien d'autres femmes ont ressenti la même chose devant une photo.

Sports Illustrated / Macey J. Foronda for BuzzFeed

Avant la séance, j'avais toujours vu la couverture maillot de bain de Sports Illustrated comme une publication annuelle avec de magnifiques femmes aux corps sexy et athlétiques sur une plage tropicale. Exactement comme on aime à croire qu'on ressemble pendant les vacances d'été — mais sans les stylistes, couturiers et photographes pour nous faire belles! En tant que femme paraplégique, je ne me vois absolument pas représentée sur une couverture de Sports Illustrated, mais en même temps je ne me vois représentée sur aucune couverture.

Pendant la séance photo, je me suis bien amusée avec les autres filles —sérieusement, tout le monde devrait faire ça. Pendant cette journée, il y a eu beaucoup de rires, entrecoupés de moues, tout en essayant de couvrir nos seins et nos culs! Et parce que je n'ai aucune force dans les muscles de mon ventre, la pose était en fait très dure. Quand j'ai vu ma photo pour la première fois, je me suis sentie valorisée. C'est une image forte, mon handicap est au premier plan.

Sports Illustrated / Macey J. Foronda for BuzzFeed

Je ne crois pas m'être jamais sentie complètement représentée sur une couverture d'un numéro maillot de bain de Sports Illustrated. Il n'y a eu qu'une poignée de femmes de couleur sur ces couvertures, et toutes les femmes semblent avoir un type de corps semblable: de gros seins et un ventre plat. Ça me donne l'impression de devoir faire plus de sport car c'est clairement le seul type de corps idéal, puisque c'est le seul représenté.

Avant la séance, je n'étais pas rassurée que des gens me voient dans un petit bikini et j'étais inquiète qu'un de mes seins se fasse la malle.

Malgré toutes les saisons de America's Next Top Model dont je me suis goinfrée, je ne crois pas avoir acquis la moue top-modèle. Au début, quand j'ai vu ma photo, j'étais un peu déçue. Je ne peux pas dire que je l'aime vraiment, parce qu'au fond de moi tout ce que je voyais était Tyra Banks, son ventre plat et ses formes parfaites. Tout ce que je vois sur ma photo sont mes formes grasses de femme, qui sont loin d'être jolies. Je crois que si je voyais ma photo toute seule, sans comparaison avec Tyra, je pourrais croire que je suis sexy. Je sais que je ne devrais pas penser comme ça — mais c'est le cas.

SHERIDAN: L'autre jour j'étais dans un cours de spinning (oui, les femmes de grande taille font aussi du sport, je sais c'est fou!) et j'ai vu une autre femme forte enlever son t-shirt pour le cours. J'ai vu cette femme extrêmement sûre d'elle pédaler au premier rang comme une dingue, et ça m'a motivée à enlever mon t-shirt pour la première fois. Partout, la représentation est importante pour les femmes. Quand on voit une image qui nous reflète un peu, ça nous donne de l'assurance et la détermination de vivre une vie où l'on ne déteste pas notre corps. Quand on est fière de soi, de grandes choses peuvent arriver, alors j'espère que Sports Illustrated va continuer à mettre des femmes différentes —de toutes couleurs, formes et tailles— sur ses couvertures pour montrer que la beauté n'est pas un seul idéal. Nous valons toutes une couverture.

SUSAN: L'expérience était super amusante et m'a fait du bien, mais ça m'a aussi donné à réfléchir. Je ne m'en suis rendue compte qu'après la séance photo, mais quand tu ne te vois pas représentée dans les magazines, ce qu'ils te disent en fait est: «Tu n'existes pas» ou «Tu n'es pas importante.» Et ça peut avoir de lourdes conséquences sur les jeunes filles. Chaque femme mérite d'être reconnue et de savoir qu'elle compte. Ajoutez au manque de représentation la pression pour être «belle» et mince mais avec les formes aux bons endroits? Baaaah. C'est un miracle que j'aie survécu à mon adolescence pleine de doutes existentiels.

LARA: Dans l'ensemble, cette expérience a honnêtement été géniale. Être entourée de femmes belles et fortes, et dévoiler un corps dont il a fallu de longues années avant d'en devenir fière a été une expérience religieuse. Je suis sûre qu'il y aura d'autres moments dans ma vie où je ne serai pas contente de mon corps —mais j'ai compris qu'en fin de compte, ce n'est pas à quoi tu ressembles qui compte, mais comment tu te sens. Et je me sens vachement bien.

KRISTIN: Cette expérience m'a ouvert les yeux. Je crois qu'on oublie les enjeux élevés pour une femme photographiée prenant une pose coquine —même si elle a un corps parfait. Une photo qui pourrait être sur une couverture de magazine peut être un motif pour qu'une autre femme se fasse renvoyée. Et quand le soleil explosera et dévorera la Terre, je ne crois pas qu'on veuille mourir en étant des personnes qui se sont fait culpabiliser à propos de photos en bikini — alors ne soyons pas comme ça.


SHANNON:
Je suis paralysée depuis un accident il y a 25 ans, et j'ai dû apprendre à accepter mon corps. J'ai dû accepter que ni les régimes, ni les exercices et ni la chirurgie esthétique ne pourraient restaurer la tonicité musculaire qui a disparu. Les bons jours, je célèbre mon corps pour toutes les choses géniales qu'il fait pour moi, notamment me permettre d'être indépendante. Depuis que je me suis cassé la jambe l'année dernière et que j'ai dû dépendre d'autres personnes pendant six mois, j'apprécie ça encore plus. Non, je n'aurai jamais des tablettes de chocolat ou des mollets sexy, mais tant pis. C'est mon corps et il me sert beaucoup dans des circonstances sacrément difficiles!

NINA: Dans l'ensemble, cette expérience a été assez révélatrice sur le fait que je me sentais vraiment mal de montrer mon corps, pour quasi aucune raison. Finalement, les couvertures maillot de bain de Sports Illustrated ne vendent la plupart du temps pas le sport, ni la santé, ni même les athlètes. Elles vendent du sexe et des femmes sexy. Mais pourquoi leur conception de la sensualité ne couvre qu'un type de corps et de couleur de peau spécifique? J'aimerais vivre dans un monde où les institutions comme Sports Illustrated nous considéreraient TOUTES comme sexy, car nous le SOMMES! Tout ce dont nous avons besoin pour être canons c'est un bikini, un peu d'huile de corps, et de la putain de confiance en nous.

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