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8 femmes noires parlent du rapport qu'elles ont avec leur corps

Une conversation à propos de nos corps, des messages que nous recevons à leur propos, et à quel point être une femme noire complique les choses.

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Être une femme noire implique de ne recevoir que des messages sur notre corps. Le corps d'une femme noire est soit hyper-sexualisé soit hyper-masculinisé ou bien les deux, mais ce n'est jamais le nôtre. Il est trop obscène pour être traité avec respect, mais trop séduisant pour ne pas être imité... Nous sommes des stars du hip-hop ou des «mamas» ou des Africaines (affamées?). Les femmes américaines noires mangent mal, d'après ce qu'on dit, et donc notre bonheur n'a pas de sens. Nos corps ne méritent pas de célébrer, de bouger, d'occuper de la place.

Les statistiques exactes sur la prédominance des troubles alimentaires chez les femmes de couleur sont rarement disponibles, mais l'Association nationale des troubles alimentaires note que les rapports augmentent. La plupart des discussions dans les médias sur les troubles alimentaires tournent autour d'une seule histoire: les expériences de jeunes femmes, pour la plupart de classe moyenne (voire supérieure), hétérosexuelles et blanches. Quand les troubles alimentaires —et les problèmes d'image liés au corps en général— sont classés comme des «problèmes de femme blanche», les femmes noires ont des problèmes pour trouver à la fois de la reconnaissance sociale et des soins.

Ce qui suit est une conversation entre huit femmes noires à propos des messages que nous recevons à propos de nos corps, de la manière dont ils changent, et à quel point le fait d'être une femme noire complique les choses.


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Driadonna Roland: J'ai l'impression que le seul corps dont on parle favorablement est un corps comme celui de Nicki Minaj —la forme exagérée de bouteille de Coca tirée d'un clip qui n'est pas du tout la vraie vie. Donc si des hommes de ma communauté parlent des corps des femmes noires, ils cherchent un idéal bien particulier qui est souvent inatteignable. Ils ne veulent pas de moi. Ils ne veulent pas de la grande majorité des femmes noires que vous rencontrerez dans votre vie quotidienne.

Essence Gant: Je viens du Sud des États-Unis, donc les conversations que j'ai l'habitude d'entendre à propos de nos corps sont assez positives. Peut-être que c'est parce que le confort et la nourriture locale ont tendance à nous rendre plus épaisses, et c'est quelque chose qu'on nous apprend à encourager; être «grosse» à New York serait juste être «enrobée» à l'endroit où j'ai grandi. J'ai l'impression que les normes de beauté noire sudistes ont donné aux femmes plus de liberté et d'opportunités d'être impliquées dans les discussions à propos de beauté. Nous aimons les courbes de Jill Scott tout autant que les longues jambes de Naomi Campbell.

Bim Adewunmi: Ça dépend de la communauté. Dans ma famille anglaise et nigériane, nous parlons peu des corps des femmes noires, à part avec des adjectifs pour les décrire («Tu te souviens de ta cousine maigre, Dupe?») ou quand ils sont exceptionnels d'une certaine manière. Je suis consciente de me trouver au juste milieu —ni trop maigre, ni trop grosse— et ça me procure une certaine invisibilité. Je sais que je n'ai pas le corps idéalisé d'une femme noire, mais je le vis bien. J'aime beaucoup mon corps, et je pense que ça vient en grande partie du fait d'avoir une mère nigériane qui n'a pas passé beaucoup de temps à nous parler de nos corps, sauf en tant que réceptacles dans lesquels nous vivons.

Anna Dushime: Je pense aussi que ça dépend de la communauté. En ayant grandi dans une petite ville d'Allemagne, on se moquait souvent de moi à cause de mes «fesses d'Africaine». Les enfants m'appelaient «Fettarsch» qui est l'équivalent en allemand de «gros cul». Quand j'en ai parlé à ma mère, elle m'a dit que j'avais un corps de Rwandaise et qu'il ne fallait pas en avoir honte (merci Maman). Dans ma famille, nous parlons toujours de «jambes rwandaises» pour parler d'une certaine silhouette (large) que les Rwandais apprécient, mais qui n'est pas très recherchée en Allemagne. Donc, on s'est souvent moqué de ma silhouette dans une communauté et on l'a vantée dans une autre, ce qui est assez étrange. Mais je trouve qu'on parle beaucoup plus de régime et de sport au Rwanda à l'heure actuelle qu'avant que je parte en Allemagne en 1999.

Hannah Giorigis: C'est très intéressant, Anna. Parce que l'Éthiopie en particulier a été et est encore associée dans l'imaginaire occidental à la famine, j'ai grandi en entendant des choses comme «tu as l'air trop bien nourrie pour être Éthiopienne» venant d'Américains. Cette perception du pays a commencé à changer ces dernières années, mais selon mon expérience il y a un style que les Américains associent encore aux corps africains: élancés, secs et sous-alimentés —et je n'ai jamais ressemblé à ça. Mais les Éthiopiens, spécialement les femmes âgées, parlent souvent de manière très franche des corps. Mes tantes ont souvent fait des commentaires sur mon poids quand il m'arrivait d'en prendre, ou du fait que j'avais «grandi» depuis la dernière fois qu'elles m'avaient vues. Parfois c'était la première chose qu'elles me disaient en me voyant.

Alanna Bennett: J'ai grandi dans le Sud-Est de Portland, en Oregon, donc les corps de femmes noires n'étaient pas, pour le dire simplement, très courants. J'ai aussi été élevée par la moitié blanche de ma famille, donc dans ma communauté, j'étais généralement la seule. Quand on parlait des corps noirs, c'était généralement dans le contexte de personnes noires célèbres dans des films ou dans la musique, ou celui de la violence envers les noirs qui faisaient les gros titres de la presse nationale. Ma communauté a changé à partir du moment où je suis devenue une adulte pour inclure plus de personnes de couleur et donc des discussions plus nuancées sur les corps noirs.

Sylvia Obell: En tant qu'Américaine de première génération dans une famille kényane, j'ai entendu beaucoup de choses différentes au fil des années. Les Africains que je connais parlent de manière très ouverte du poids et n'hésitent pas à mentionner (bruyamment) le fait que vous en ayez pris et/ou que vous «deviez» en perdre. Même s'il y a des femmes rondes dans ma famille, on n'en a jamais parlé de manière positive jusqu'à ce que j'aille vivre à New York une fois devenue adulte.

La seule différence remarquée avec les conversations menées dans la communauté afro-américaine dans laquelle j'ai grandi est le fait qu'on en parlait d'une manière plus douce; beaucoup de gens avaient toujours une obsession à propos du poids et de la taille, mais y accordaient moins d'importance. Je pense que celles d'entre nous qui sont fières de leurs courbes sont encore en minorité. Je suis heureuse qu'il y en ait, mais je pense qu'il va falloir encore de nombreuses années pour imprégner notre société «mangeons de la nourriture mauvaise pour notre santé, mais il faut quand même rester mince».

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EG: Pour être franche, mes amies et moi parlons souvent des corps. Par contre, quand nous le faisons, nous ne nous concentrons pas sur le fait d'atteindre un type bien spécifique, mais plutôt sur le fait d'atteindre nos idéaux personnels.

Chantal Follins: Mes amies et moi ne parlons pas de nos corps. Ils sont très différents, et nous sommes assez sensibles à la protection de notre espace. Nous essayons de nous encourager mutuellement à plus nous ouvrir. Entendre en permanence que nos corps ont des défauts venant de ceux que l'on aime peut vraiment vous atteindre. Donc vous devenez réservée et choisissez de ne pas parler de vos complexes internes, parce qu'on vous a enseigné à «réparer» votre corps toute votre vie. C'est une tendance que j'observe dans la communauté noire, pas juste dans ma famille ou mon groupe d'amies.

AB: Quand nous avons des conversations sur les corps des femmes noires, c'est généralement au sens large, sur comment le monde y réagit. Il y a une entente générale concernant le fait que nous avons toutes des corps très différents et que nos expériences sont créées en fonction de ces spécificités mais que nous sommes toutes dans le même panier.

SO: Mes copines essayent toujours de réduire les problèmes que les autres ont avec leur corps, et je suis ravie de les avoir dans ma vie. Je suis toujours fascinée par le fait que nous ayons toutes des poids différents mais nous nous sentons toutes complexées. Quelqu'un dira «je déteste mes jambes, j'aimerais avoir les tiennes», et une autre lui répondra «mais je mourrais pour avoir tes fesses!» et nous nous réconfortons mutuellement à propos des problèmes de l'autre. Mes copines apprécient mon corps comme personne avant elles ne l'avait fait. Elles me rendent fières des parties de moi que je cachais. Je ne sais pas si je serais aussi confiante sans elles.

Est-ce que les gens réagissent différemment en voyant votre corps en fonction de l'endroit où vous vous trouvez (dans la ville, dans le pays, ou dans le monde)?
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DR: Quand je suis dans le Sud, je trouve que les gens aiment les courbes; ils aiment les styles uniques; ils aiment les teints variés. Ma peau marron et mes fesses sont valorisées dans le Sud. Dans le centre du pays, je me sens bien plus dévisagée. Là-bas, il est beaucoup plus question d'un beau visage, d'avoir de «beaux cheveux», et surtout, d'avoir des vêtements tendances. À Detroit, j'ai toujours eu l'impression que les filles à la peau claire et aux longs cheveux avaient toute l'attention.

Et ne me lancez pas sur la vie à L.A. Cette ville a tellement détruit l'image que j'ai de moi-même que j'essaie encore de m'en remettre. Je ne me suis pas juste sentie dévisagée; je me sentais carrément indésirable. Leur esthétique est basée sur la peau et les os, et très ambiguë au point de vue des origines des gens. Moi, en étant noire, enrobée, avec les cheveux naturels, je me sentais l'opposée de ce que les gens désiraient.

EG: BORDEL! Je trouve ça aussi fascinant. Dernièrement, Hannah et moi couvrions HBCU (les lycées et universités américaines) à Atlanta. Nous discutions avec deux anciens élèves de Morehouse, qui étaient VRAIMENT sudistes, et je leur ai montré une photo de moi à l'époque où j'étais Miss Albany State. En la voyant, l'un d'entre eux m'a dit: «Vous voyez, vous aviez l'air en bonne santé à ce moment-là!» —comme si j'avais l'air malade maintenant. J'étais déjà mince, mais quand même moins que maintenant (merci la cuisine du Sud).

Au contraire, les gens admirent toujours mon corps à New York, là où je vis maintenant. J'entends dire «tu as l'air en pleine forme» (ce qu'ils ne disent que parce que je suis maigre), et «si j'avais ton corps...» au moins une fois par semaine. On ne m'a jamais fait me sentir mal à propos de mon corps, et je sais que c'est parce que beaucoup de gens, où qu'ils soient dans le monde, sont conditionnés pour aimer les silhouettes grandes et minces. Mon corps est souvent représenté, et apprécié, dans la culture populaire, donc j'ai cet avantage. Le type de mon corps est plutôt vu sur des femmes blanches, cependant. Je ne vois des femmes noires avec une silhouette comme la mienne que dans le milieu de la mode —rarement dans la musique ou à Hollywood.

CF: Chez moi au Texas, je n'avais pas la silhouette souvent désirée. MAIS ENSUITE JE SUIS ALLÉE AU GHANA. Mon Dieu, je me suis réveillée. On m'appelait un «trophée», une «reine», et je ne peux pas vous dire combien on m'a fait de demandes en mariage. Au début j'étais assez perplexe, ça me gênait un peu, parce que c'était nouveau pour moi. Mais ensuite je me suis ouverte et j'ai réalisé que la beauté est en fait différente à travers le monde. J'ai adoré cette expérience, et je peux vous dire que j'en ai savouré chaque moment. Je n'avais qu'à descendre dans la rue pour acheter des mangues et des ananas frais pour que quinze hommes (je ne plaisante pas) courent aller m'en acheter. Quoi? Pour moi?! Soyez bénis.

À New York, j'ai eu des expériences similaires à celles que j'ai vécues au Ghana, dépendant du quartier dans lequel je me trouvais (à Bed-Stuy on aime les femmes; Harlem, oh oui). Mais personne n'est encore parti en courant m'acheter des mangues... Patience.

BA: Ça se passe de la même manière à Londres, à New York et au Lagos visiblement. Je me souviens être allée à Rome et avoir eu beaucoup de commentaires (mais c'est juste un fétichisme bizarre —mais commun— qui arrive à beaucoup de femmes noires en Italie). Comme je l'ai dit, je suis consciente que mon corps se rapproche beaucoup de ce qui est considéré comme banal ou normal, donc il est accepté plus largement dans le monde, même avec des problèmes comme la couleur de peau ou la nationalité.

HG: La manière dont mon corps est vu dans les quartiers de New York à forte population noire est très différente de celle en Californie du Sud, où j'ai grandi et où ma famille vit encore. Et ce n'est pas qu'une histoire de poids ou de silhouette; comme l'a dit Dria, Los Angeles est assez hostile envers les coiffures naturelles et une peau plus sombre qu'un sac plastique.

AD: OUI! Pendant que je rendais visite à mes cousins à Bruxelles, qui possède une importante communauté noire, je me sentais plus à l'aise en portant des vêtements serrés que dans la petite ville où j'ai grandi en Allemagne. Les réactions obtenues à Bruxelles où à Kigali, ma ville natale, sont très différentes de celles reçues en campagne allemande.

EG: Quand je suis NUUUUUEEEE, ou très peu habillée! Je déteste avoir autre chose sur moi que de l'huile de coco et du beurre de cacao.

BA: Quand je danse, ou quand je cours. J'aime porter des vêtements, donc si je porte une belle robe, et qu'elle me va parfaitement, vous ne pouvez rien me dire.

AD: Je me sens à l'aise chez moi ou quand je danse ou quand je me lâche. Une bonne tenue dans laquelle je me sens super bien ne fait pas de mal non plus.

HG: Il n'y a pas de situation dans laquelle je me sens plus à l'aise dans mon corps que quand je danse, surtout avec des amies. Je me sens plus vivante quand je suis bien habillée, d'une manière hyper-féminine.

SO: Quand je suis dans une superbe robe qui souligne bien mes courbes.

DR: Quand j'étais plus jeune, en faisant des stages dans des environnements corporatifs, j'avais l'impression qu'il fallait que je sois mince. J'étais consciente de la place que je prenais par rapport aux autres, et quand j'ai fini par perdre du poids durant l'année scolaire, tout le monde m'a bien mieux traité quand je suis retournée en stage. Maintenant que je suis plus âgée et que je vois des femmes comme Amber Rose et Blac Chyna être célébrées, j'ai l'impression qu'il faut que je sois large. Mais je mesure 1m55 —je n'aurai jamais la silhouette d'un mannequin. C'est dur, mais j'espère arriver un jour au point où je mange bien, fais du sport, et où j'accepte mon corps, sa taille, ses formes tels quels.

EG: Je me fiche de ce que les gens pensent. Je n'ai jamais été très obsédée par mon corps, sûrement parce que les corps des différentes femmes de ma famille sont très variés. Il y avait une époque où les garçons disaient des choses comme «tu es jolie, mais tu serais parfaite avec un peu plus de poids», et ça faisait mal sur le coup. Mais ça n'a jamais assez duré pour me donner des complexes ou changer mon ressenti. Plus je vieillis, plus j'aime mon corps. J'aime ma silhouette mince et mes petites fesses: elles sont bien dans mes robes de soirée!

AB: Je me sentais un peu dériver la plupart du temps, mais j'ai l'impression que je commence finalement à comprendre ce dont mon corps à besoin et ce qu'il veut. Les parties de moi qui me faisaient grincer des dents à l'adolescence ne me gênent plus, pour la plupart. C'est tout un processus; je suis sûre que je me sentirai incertaine pendant toute ma vie. Mais j'ai arrêté de me dire qu'il fallait grossir ou maigrir ou garder ma silhouette d'été pour être digne de moi-même.

BA: Je suis passée de l'indifférence vis-à-vis de mon corps à de l'affection, mais la chose qui n'a jamais changé est la manière dont j'aime mes jambes —c'est la partie de mon corps sur laquelle on m'a le plus complimentée durant toute ma vie, et j'ai ce rêve d'avoir le style de Tina Turner grâce à elles à 68 ans. Oh, et mes fesses. Je trouve qu'elles sont superbes.

AD: J'avais l'habitude de faire tout un plat de mes petits seins et de mes grosses fesses. Je pensais que je devais maigrir, pour que le reste de mon corps soit en accord avec ma taille de soutien-gorge. Je trouve intéressant que maintenant, le fait d'avoir de grosses fesses est devenu quelque chose de recherché —y compris dans la culture blanche. Les gens font des exercices pour les faire grossir alors qu'avant ils s'en moquaient. Je me sens bien mieux dans mon corps maintenant que pendant mon adolescence. J'essaie d'être en meilleure santé et plus en forme, mais pas forcément plus mince.

SO: Ma relation avec mon corps est probablement la relation la plus compliquée de toute ma vie. J'ai une personnalité de type A, et je trouve généralement un moyen d'atteindre tous mes objectifs. La seule partie de ma vie pour laquelle je dois encore confirmer ceci est mon corps. J'ai un peu grossi pendant la puberté et j'ai commencé mon premier régime quand j'étais en sixième (Weight Watchers —Oprah, je t'aime, mais ce n'est pas si facile quand on n'a pas un chef privé et une ferme dans son jardin), et j'en suis un autre maintenant. Je perds rapidement du poids, mais j'en regagne aussi facilement; rajoutez un problème émotionnel d'appétit et vous avez le cercle vicieux du yo-yo avec 25kg que je passais mon temps à perdre ou à gagner.

Je portais des jeans pendant l'été, en insistant sur le fait que mes jambes «n'avaient pas chaud» quand j'étais petite. Maintenant, en tant qu'adulte, je montre mes jambes, mais pas mes bras. Quand votre corps est passé par tant d'étapes différentes, c'est dur pour votre esprit de suivre le rythme. Actuellement, le fait qu'être un peu épaisse soit tendance m'aide. Le fait de vivre dans une ville où je marche partout m'aide également. Je mange finalement plus correctement. J'aime mes seins, j'aime mes hanches, j'aime le fait que mes fesses commencent à remonter plutôt que s'élargir (gym!), et je travaille sur l'affection pour tout le reste; parce que comme moi, chaque partie mérite de l'amour, défauts ou non.

Qu'est-ce que vous diriez à votre vous plus jeune sur la manière dont le monde traite les corps des femmes noires?

AB: Je lui dirais de ne pas y croire. Je lui dirais qu'il y a très peu de personnes qui ont tes intérêts en tête quand on en vient à parler de ton corps, et que la plupart des gens en ont une vision un peu déformée, y compris ta communauté et les gens qui t'aiment. Défie le monde, et sache qu'il est normal d'être faite de la manière qui te plaît le plus. Globalement je lui dirais: «Sois toi-même, ça ira bien.»

EG: Le monde essaiera de te faire te sentir mal à propos de ton corps, en t'envoyant des images de corps qui ne ressemblent pas au tien. Mais sache que ton corps est parfait comme il est. Quand tu t'en rendras compte, tu ne chercheras plus l'approbation des médias ou de qui que ce soit. Et ÇA, c'est la meilleure des sensations! Aussi, le monde fera très peu —voire rien du tout— pour protéger ton corps, donc sois toujours consciente de ce qui t'entoure et reste sur tes gardes.

DR: Je dirais à mon moi plus jeune que ça te brisera si tu vois ton corps comme si c'était un bien de consommation devant être attirant pour les autres. Je lui dirais que ton corps peut te servir peu importe sa taille, mais seulement si tu y crois et que tu le montre au monde. Si tu rassembles, aimes, et projettes ton énergie féminine, le monde réagira de la manière que tu veux.

CF: Honnêtement, je dirais à mon moi plus jeune de se calmer. J'étais tellement absorbée par les médias et par l'idée que la société avait de ce à quoi MON corps devait ressembler et de ce que je devais ou non porter. Je lui dirais d'écouter sa mère et de se rappeler la manière dont elle l'a élevée. Je lui dirais de ne pas chercher l'approbation des autres, et de rester fidèle à elle-même. C'est normal de ne pas ressembler à tout le monde dans ta classe, et c'est ce qui te rend unique. Souviens-toi de ta valeur et de ce qui te rend spéciale.

BA: «Tu es en danger, ma fille.» Protège-toi. Parce que personne ne cherchera à savoir comment tu te sens mieux que toi. Je me dirais que cette merde est faussée, et que c'est bien de regarder en dehors des endroits où on te dit de regarder.

SO: Le monde prendra les traits qu'ils t'auront fait détester sur ton corps, il les mettra sur des femmes plus minces que toi, et commenceront à les glorifier comme si c'était quelque chose de nouveau et à la mode. Donc ne perds pas une seconde à ne pas aimer tes lèvres, ton nez, tes hanches, tes seins, et tout ce qu'ils ont essayé de te faire détester avant de payer des milliers pour les avoir. Tu dois tout d'abord t'aimer, petite. Tout le monde suivra.



La semaine du corps est une semaine dédiée à l’exploration et à la célébration de nos relations compliquées avec nos corps. Retrouvez plus d’articles sur notre rapport au corps ici.


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