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19 anecdotes étonnantes sur la traduction française de Harry Potter

Comme l'origine des Moldus ou de Coquecigrue.

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1. Dans les livres originaux, Hagrid a un accent très prononcé, qui disparaît dans la version française. Selon Isabelle Smadja, co-auteure de Harry Potter, ange ou démon?, ce choix a peut-être été fait pour «éviter de vexer ceux qui pourraient reconnaître leur accent dans un contexte où il serait déprécié». D'ailleurs, l'accent disparaît également dans le doublage français des films alors qu'il est légèrement présent en V.O.

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2. Selon Christine Baker, directrice éditoriale de Gallimard Jeunesse, le traducteur français Jean-François Ménard était le traducteur préféré de Roald Dahl, qui «avait adoré sa traduction du Bon Gros Géant».

3. Pour elle, l'humour de Jean-François Ménard, son intérêt pour la magie, son même goût pour l'histoire des mots et l'étymologie que J.K. Rowling, en faisaient «le traducteur idéal».

4. Pour traduire «Muggle», le traducteur a inventé le terme «Moldu» en pensant à l'expression «mou du bulbe». Il voulait exprimer le fait que les Moldus sont une catégorie de gens à qui il manque quelque chose, en l'occurrence des pouvoirs magiques.

5. Pour traduire «Sickle» (littéralement «faucille») par «Mornille», le traducteur s'est inspiré de «mornifle», un mot d'argot du XIXe siècle qui signifiait «argent».

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6. Coquecigrue, le nom du petit hibou de Ron dans la traduction française, est un mot inventé par Rabelais pour désigner une créature imaginaire née d'un coq et d'une grue.

7. En anglais, «dumbledore» est une expression régionale qui signifie «bourdon», mais le traducteur ne voulait pas appeler le directeur de Poudlard «professeur Bourdon» car il trouvait le nom «réducteur». N'ayant pas réussi à trouver d'équivalent en français, il a choisi de garder le nom original.

8. Pour les mêmes raisons, il a choisi de conserver «Hagrid», expression dialectale qui signifie «torturé», «hanté par les cauchemars» en anglais.

9. En anglais, «Hufflepuff» fait référence à l'expression «huff and puff» utilisée notamment pour décrire le loup soufflant sur les maisons des Trois Petits Cochons. En français, le traducteur a voulu conserver le sens en traduisant par «Poufsouffle» pour exprimer l'idée d'essoufflement, de difficulté qui caractérise les élèves de cette maison.

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10. Pour traduire «Snape» (vieil anglais signifiant «réprimander», «rabrouer»), le traducteur a choisi «Rogue», un mot français rare tiré de l'ancien norvégien «hrôkr» et signifiant «arrogant», «désagréable».

11. Jean-François Ménard a dit qu'étant donné les délais imposés à la sortie des derniers tomes, il travaillait sept jours sur sept de 6h du matin à minuit pour pouvoir livrer ses traductions dans les temps.

12. Il a aussi expliqué que pour avoir une vision des livres dans leur globalité, il les traduisait dans le désordre: il commençait par le premier et le dernier chapitre, puis le deuxième et l'avant-dernier, et ainsi de suite jusqu'au centre.

13. Comme il découvrait le contenu des livres comme n'importe quel lecteur au moment de leur sortie, sa plus grande crainte était que ses traductions de noms propres soient contredites par les volumes suivants. Par exemple, si le nom de Tom Elvis Jedusor et l'anagramme «je suis Voldemort» avaient été révélés dans deux tomes différents, le traducteur aurait pu se retrouver coincé.

14. Le traducteur a eu l'idée du nom «Ombrage» pour «Umbridge» en tombant sur une coquille dans un article de Newsweek, où le nom du professeur était orthographié «Umbradge».

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15. Les lecteurs anglophones ont parfois été déconcertés par le fait que dans les livres, l'emblème de Ravenclaw (littéralement «serre de corbeau») est un aigle. D'une certaine manière, le traducteur français a corrigé cette ~incohérence~ en traduisant le nom de la maison par «Serdaigle» et non «Serdecorbeau» (probablement parce que c'est nettement plus joli).

16. Le traducteur a expliqué qu'au début, certains lecteurs pensaient que «Poudlard» était le nom original et ils le prononçaient «poudlarde» (le nom original étant «Hogwarts», littéralement «verrues de porc»). C'était pour lui une satisfaction, car il voulait justement trouver un nom qui préserve le sens et soit prononçable par les lecteurs français, tout en ayant l'air d'être un mot anglais.

17. D'ailleurs, il semble avoir souvent eu à cœur d'inventer des noms qui sonnent anglais tout en étant évocateurs et prononçables par un public français. Par exemple, Mad-Eye Moody devient Maugrey Fol Œil (référence au verbe «maugréer» + terminaison en -ey), Borgin and Burkes devient Barjow et Beurk (référence à «barjot» + terminaison en -ow), etc.

18. Comme toute traduction, la version française perd en route un certain nombre de subtilités et de jeux de mots (comme «Diagon Alley» pour «diagonally» ou «Knight Bus» pour «night bus»), mais elle en gagne aussi à certains moments. Ainsi, le traducteur a fait de nombreux jeux de mots qui ne sont pas présents dans le texte original, comme le «Ratconfortant» pour traduire «Rat Tonic» (littéralement «tonique pour rat») ou «Choixpeau» pour «sorting hat» (littéralement «chapeau du tri»).

19. Contrairement aux nombreux illustrateurs à travers le monde qui ont choisi de représenter des scènes d'action sur les couvertures, l'illustrateur français Jean-Claude Götting a privilégié des scènes d'introspection. Pour lui, «le fond du livre n'est pas dans les scènes d'action (...); il est question de choix importants (...), de sacrifices, d'amitié, de fidélité.»

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