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Voici les œuvres qui vous ont donné envie d'être féministes

Des films, des articles, des livres et des séries dont certains ne sont pas de Virginie Despentes.

Publié le

Nous avons récemment demandé à la communauté de BuzzFeed quelle œuvre leur avait donné envie de devenir féministe. Voici leurs réponses :

1. Ainsi soit-elle, essai de Benoîte Groult

Le Livre de Poche

«Parce qu'elle m'a ouvert les yeux sur mon éducation, ma construction, ma vision que je pensais la bonne. J'ai changé de vision sur TOUT avec ce livre.»

«Parce que c'est grâce à ce livre que j'ai posé le mot "féministe" sur ce sentiment de révolte que je ressentais depuis des années.»

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3. Les Super Nanas, série animée de Craig McCracken

Cartoon Network

«Le truc le plus "gurl power" que j'ai connu enfant, c'étaient les Super Nanas. Difficile de dire si c'est féministe ou non, c'est juste que ce sont des gamines super fortes (et c'est déjà beaucoup) mais ça donne tellement de force aux petites filles, je trouve.»

4. L'Union ouvrière, livre de Flora Tristan

chapitre.com

«Banale histoire qui a commencé pour un devoir à l'université : choisir un auteur, un texte, et le situer dans son courant politique. Fatiguée de toujours entendre parler des hommes, je déniche cette femme socialiste, ignorée de ses contemporains et jugée "mauvaise socialiste" par les sociologues et politologues (masculins) d'aujourd'hui. Me voilà donc à lire L'Union ouvrière, avec cette citation qui m'a marquée : "L’affranchissement des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même." C'est Flora Tristan qui m'a fait prendre conscience de l'existence des femmes en tant que classe opprimée.

J'ai lu le reste de son œuvre, découvrant une femme forcée au mariage, profondément socialiste et surtout, féministe. Le dédain de mon professeur envers l'auteur au moment de ma présentation a fait naître une sorte de colère sourde qui ne s'est jamais éteinte. J'ai commencé à prendre conscience de la classe à laquelle j'appartenais, et en bonne étudiante de sciences politiques, et surtout en tant que femme, je voulais comprendre les mécanismes de la domination patriarcale. Voilà comment a commencé ma découverte du féminisme, et d'où est née mon envie, plus encore mon besoin, de faire changer les choses. Car prendre conscience de sa classe, c'est comme passer de l'autre côté d'un miroir : une fois qu'on a vu, on ne peut plus revenir à l'ignorance d'avant, il y a en nous cette sorte de rébellion qui bouillonne. Aujourd'hui, je ne peux que me réjouir de voir Flora Tristan lentement réhabilitée !»

6. Le Deuxième Sexe, essai de Simone de Beauvoir

Gallimard

«J'ai toujours eu un comportement du genre "garçon manqué" depuis mon plus jeune âge, je ne comprenais pas pourquoi plus je grandissais, plus on me mettait à l'écart. Je me rebellais certes, n'empêche qu'on me rappelait tout bonnement que certaines choses m'étaient interdites parce que je suis une femme. Et un jour je suis tombée sur Le Deuxième Sexe... J'ai alors compris la réaction des autres face à mes choix pas trop dans les normes.»

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7. Mad Men, série de Matthew Weiner

AMC

«La série se déroule dans les années 1960, mais en voyant la manière atroce dont sont traitées Peggy, Betty et Joan, entre autres, j'ai réalisé que malgré toutes nos avancées il y a beaucoup de choses qui n'ont toujours pas changé aujourd'hui. La pression pour se caser et faire des enfants — même si on n'en a pas envie – le mépris des collègues masculins, le harcèlement sexiste... On a encore beaucoup de combats à mener avant de véritablement pouvoir parler d'égalité.»

8. Mrs Dalloway, roman de Virginia Woolf

Le Livre de Poche

«C'est inexplicable. Lire les mots de Woolf m'a rendue si fière d'être une femme, et si consciente de la force d'une femme, que son oppression m'est devenue insupportable.»

9. Buffy contre les vampires, série de Joss Whedon

The WB

«J'étais en pleine découverte du féminisme quand j'ai commencé à revoir Buffy à l'âge adulte, et ça a complètement changé ma vie. Le discours ouvertement féministe de la série, les personnages féminins tous plus forts, courageux et badass les uns que les autres... Et j'étais complètement révoltée par le fait que ce loser de Riley se sente aussi menacé par la force physique de Buffy.»

10. Projet crocodiles, blog et bande dessinée de Thomas Mathieu

«Parce que ça parlait de harcèlement sexuel, de culture du viol, de sexisme et de choses horribles que je n'avais jamais vues... Quand j'ai pris conscience qu'il y avait un problème, j'ai décidé de me déconstruire et de soutenir la cause. C'était y'a 5 ans déjà.»

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11. Les filles faciles n'existent pas, essai de Natacha Henry

Michalon

«J'ai toujours été rebelle à cette société et à sa vision des femmes, aux rôles que l'on voulait m'assigner. Mais j'ai vraiment commencé à comprendre l'arnaque en lisant Les filles faciles n'existent pas de Natacha Henry en 1ère ou 2e année de fac.»

12. Le Sourire de Mona Lisa, film de Mike Newell

Columbia Pictures

«C'est la première fois (j'avais 8 ans) que j'ai pris conscience de la situation des femmes et de l'aspect très patriarcal de la société.»

13. Belles dans la jungle : manuel de survie à l'usage des miss en milieu hostile, roman de Libba Bray

Gallimard Jeunesse

«Grande diversité des personnages : queer, racisées, handicapées... Critique des pressions subies par les femmes à plusieurs niveaux : injonction à être "féminines", mythe du prince charmant, apologie de la maigreur, répression d'une sexualité trop affirmée... C'est aussi un livre qui parle de solidarité entre femmes, qui est intersectionnel car certains personnages cumulent des oppressions, critique du capitalisme et plus particulièrement de la société américaine.

Je l'ai lu à 13-14 ans et ça a vraiment contribué à mon engagement vis à vis de la cause féministe, et je pense que ça m'a aussi aidée au niveau de ma sexualité en me permettant de m'identifier à un personnage bisexuel.

Bref c'est vraiment génial, lisez-le !!!!»

14. Veronica Mars, série de Rob Thomas

UPN

«Cette série parle presque exclusivement de culture du viol, et elle le fait de manière très explicite. Ça réussit à la fois à montrer le problème systémique de la violence misogyne, et à nous donner du courage grâce au personnage de Veronica, tellement badass malgré tout ce qu'elle endure.»

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15. Le Chœur des femmes, roman de Martin Winckler

P.O.L.

«Parce que j'ai réalisé mon propre enfermement en m'identifiant à celui du personnage principal et je me suis donc "libérée" de la même manière qu'elle.»

16. The Handmaid's Tale, série de Bruce Miller

Hulu

«Parce que la situation vécue par la narratrice ressemble énormément à l'oppression subie aujourd'hui : les thèmes de la fécondité, de la maternité, de la position sociale, de la domination, sont très actuels. Parce que la combativité (ou l'abandon) est abordée de manière assez juste, et permet de s'identifier aisément.»

17. L’Origine du monde, bande dessinée de Liv Strömquist

Rackham

«Ça faisait un moment que les violences obstétricales étaient dans l’actu, toutes ces histoires avec les gynécologues, les femmes qui ont eu de très mauvaises expériences lors de leurs accouchements ou de leur avortement. Je me retrouvais dans les témoignages. J’avais une liste énorme de bouquins féministes et j’ai lu celui-ci d’une traite. Comment depuis la nuit des temps, on est coincées avec nos règles, notre "hystérie", comment Freud et son pote ORL ont pourri la vie de milliers de femmes à l’époque et encore maintenant. Toutes ces choses liées à la religion qui ont des impacts sur notre vie de femme maintenant. Je me suis dit qu’en étant renseignée un peu sur le sujet, je pourrais claquer le bec des mecs. Et ça marche ! Maintenant je veux approfondir et continuer à m’éduquer pour mieux pouvoir me défendre et défendre les autres femmes.»

18. Sauvés par le gong, série de Sam Bobrick et Brandon Tartikoff

NBC

«D'aussi loin que je me souvienne, c'est la première fois que j'ai entendu le mot "féministe". Je devais avoir 6 ans et j'étais d'accord avec tout ce que répondait Jessie Spano à ce gros lourd de Slater. Je crois que j'ai commencé à dire dans la cour (et à mes parents) que j'étais féministe à ce moment-là. Comme quoi, il n'y a pas de mauvaise façon de commencer à combattre le patriarcat.»

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20. «Sexisme chez les geeks : Pourquoi notre communauté est malade, et comment y remédier», article de Mar_Lard

Techland

«Je débarquais totalement. J'avais été un peu secoué par son analyse du traitement de Tomb Raider par Joystick. L'article du magazine était un monument de culture du viol, même si je ne le comprenais pas comme ça à l'époque. Là, cette nouvelle analyse de Mar_Lard était dix fois plus violente. La liste, l'accumulation de ces actes sexistes, qui faisaient écho à tellement de comportements que j'entendais autour de moi, chez mes potes, sur les forums que je lisais... Et les réactions du milieu ont été tellement violentes à l'encontre de l'autrice, ça paraissait dingue. Des torrents de haine, pendant des mois et des mois.

Je me suis demandé si je ne valais pas mieux que ça. Si c'était pas mon boulot de faire en sorte que la communauté évolue, d'appuyer les critiques de jeux qui prenaient en compte cet aspect-là, de dénoncer les machos qui se la jouaient cyniques pour éviter de rendre des comptes. Bref, c'était le premier vrai pas.»

21. Beignets de tomates vertes, film de Jon Avnet

Warner Bros.

«C'est un film de femmes, à aucun moment elles ne se définissent en fonction des hommes (mis à part Evelyn qui apprendra justement à exister par elle-même), on y parle de beaucoup de sujets tabous (masturbation féminine, violence conjugale, racisme)... On montre des femmes fortes qui ne s'en excusent pas, on ne présente à aucun moment la femme comme un être faible (vous y verrez des femmes se défendre, défoncer des murs à la masse, jouer au poker, boire, sauter d'un train et bien plus...).

C'est un film d'une réelle bienveillance qui fait du bien. Toutes celles qui l'ont vu ne pourrons que crier "towanda" avec moi !»

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23. Rimes féminines et L'Éternel féminin, chansons de Juliette

Le Rideau Bouge

«La première m'a montré qu'il y avait plein de femmes extraordinaires dont je n'avais jamais entendu parler parce qu'on les invisibilise. La deuxième ironise sur le fait que tous les maux de la terre sont imputables aux femmes, qu'elles soient tentatrices ou vilaines ou génitrices de vilains.»

24. Raison et sentiments, roman de Jane Austen

10/18

«Si on retrouve les thèmes classiques argent, amour et mariage d'Orgueil et préjugés, c'est une œuvre sévèrement critique du patriarcat, de la famille, du poids des secrets, mais aussi la dénonciation de l'éducation naïve des jeunes filles au travers des livres romantiques. La société n'est plus angélique mais cruelle. Ici les femmes se battent pour leur amour, au prix de sacrifices nombreux, en étant rappelées constamment à leur rang. Aucune happy end précuite, aucun prince charmant façon Darcy (beau, riche et titré) qui sauvera l'honneur de toute une famille sans réelle épreuve (autres que de belles joutes verbales) et sans éclaboussures. Les femmes ne sont rien et elles doivent se battre tous les jours pour exister et survivre.

Et une auteure capable d'écrire un roman de contrepoint à sa propre belle histoire d'amour légendaire a planté quelque chose en moi. Ces héroïnes anglaises du XIXe ne sont pas si éloignées de nous. Elles n'existent en société que par leur accomplissement (chanter, broder, peindre : être se qu'on attend d'une femme à l'époque ; aujourd'hui : travailler, élever des enfants, être une femme d'intérieur et une amante sexy). Tout ce qu'elles obtiennent, c'est grâce à leur courage, leur tempérament, au prix de lourds sacrifices parfois. Dans une société faite par les hommes et pour les hommes.»

26. De la marge au centre, essai de Bell Hooks

Éditions Cambourakis

«Elle a permis ma déconstruction, une meilleure connaissance des oppressions menées envers les femmes, et envers quelles femmes en particulier. Ce livre m'a convaincu que le féminisme ne pouvait être qu'intersectionnel.»

«Parce qu’auparavant, je ne me reconnaissais absolument pas dans les textes féministes français qui s’adressent uniquement aux femmes blanches bourgeoises (et que je suis métisse, née dans les DOM-TOM), Bell Hooks puis Angela Davis m’ont apporté les outils pour formuler mon inconfort face au mouvement féministe blanc en France, et à me reconnaître dans des luttes malheureusement plus marginales mais tout aussi importantes comme l’afroféminisme et le féminisme décolonial !»

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28. Le Prince des marées, roman de Pat Conroy

Pocket

«C'est une histoire de fratrie, deux frères et une sœur qui grandissent dans une famille atypique du Sud des Etats-Unis, et qui s'aiment très fort ; en tant que grande sœur de quatre merveilleux êtres, c'est le genre d'histoire qui m'émeut. Une tragédie change le cours de leurs douces existences : cette tragédie, je la pensais "réservée" aux femmes, je me suis rendue compte que les hommes pouvaient aussi la vivre et j'en ai été bouleversée. C'est un livre qui a compté dans une année où mon corps a changé et au cours de laquelle j'ai pris conscience de devenir une femme dans le regard des autres, tant d'un point de vue physiologique que d'un point de vue culturel. Avec ce livre, j'ai compris le poids des normes sociétales, quand avant, je n'avais pas été bridée en raison de mon genre ni de mon handicap (surdité)... Le Prince des marées a été le premier livre d'une longue série qui m'a fait réfléchir sur les constructions sociales qui enferment les gens dans des stéréotypes normaux et rassurants. La souffrance, l'émancipation, l'intelligence, la sincérité, le courage ne devraient jamais être une question de genre : nous sommes nous, et basta.»

30. À armes égales, film de Ridley Scott

Caravan Pictures

«C'est un film profondément féministe, la place des femmes dans l'armée a été et est toujours dans beaucoup de corps d'armée un sujet compliqué dans le lieu le plus machiste du monde. La scène qui m'a beaucoup marquée, c'est quand elle se rase la tête. Quand on sait à quel point les cheveux sont associés et même inséparables de la féminité, j'ai trouvé ça très fort.»

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32. La Cause des femmes, essai de Gisèle Halimi

folio

«C'est le premier livre féministe que j'ai lu. La révolte de la jeune Gisèle était contagieuse et son parcours passionnant pour l'adolescente que j'étais.»

33. Éducation populaire et féminisme, livre du réseau La Grenaille

La Grenaille

«Parce qu'après l'avoir lu, c'était une évidence. Parce que la prise de conscience des injustices m'a mise en colère, surtout quand je me suis rendue compte que j'y avais très probablement participé. Alors, pour ne plus faire partie du problème, je me suis documentée. Dans ce livre, il y a beaucoup d'outils, de définitions et de biblio pour aller plus loin, c'est très complet. Je l'ai lu parce que je connais une des coautrices, ça m'a ouvert les yeux (c'est plutôt ludique comme lecture mais ça reste un gros pavé).»

34. À la croisée des mondes, roman de Philip Pullman

Gallimard

«... et les trilogies de Pierre Bottero (Ellana, La Quête et Les Mondes d'Ewilan). Pour la première fois je me suis retrouvée dans les personnages. J'ai retrouvé mes aspirations, rêves, qui n'étaient pas des histoires d'amour ! Et du même coup, j'ai réalisé que les autres œuvres ne donnaient à voir que des filles timorées, ou désirables, ou cherchant l'amour... Enfin, les limites habituelles de la "féminité". J'ai commencé à avoir un autre regard sur l'idée du genre à partir de là, ce qui est, à mon sens, le début de mon féminisme.»

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35. Big Little Lies, série de David E. Kelley

HBO

«Car cela m'a fait me rendre compte de la banalisation de la violence faite aux femmes, et cela a provoqué en moi un sentiment d'indignation puissant.»

36. La Quête d'Ewilan, Les Mondes d'Ewilan et Le Pacte des Marchombres, romans de Pierre Bottero

Le Livre de Poche

«Lu à 12-13 ans, j'ai été fortement marquée par les personnages féminins forts proposés par l'auteur, surtout qu'elles étaient des personnages principales (et non secondaires comme c'est souvent le cas). Chaque personnage féminin porte un message féministe précis, mais ils vont tous dans le sens de la liberté et de l'indépendance. Ces livres ont fortement influencé ma vision du monde et je suis sûre que je ne me serais pas tournée aussi facilement vers le féminisme si je ne les avais pas lus.»

37. Les œuvres de Frida Kahlo

Wikimedia Commons

«Car son art est absolument magnifique, elle a su se faire de la place dans un monde très masculin, elle a libéré la femme grâce à sa vision de la pilosité et elle a été une femme tout bonnement incroyable tout au long de sa vie.»

38. Femmes qui courent avec les loups, livre de Clarissa Pinkola Estés

Le Livre de Poche

«C'est surtout un livre d'affirmation de la puissance des femmes, mais c'est aussi un livre qui parle à toutes pour nous montrer qu'on peut être fortes, tout en bousculant les mythes véhiculés autour de la figure féminine dans les contes. J'ai commencé à me poser des questions, je m'en posais déjà pas mal, et naturellement je suis arrivée sur des groupes féministes.»

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39. Fleur du désert, film de Sherry Hormann

20th Century Fox Home Entertainment

«Ce film est sorti en 2009 et retrace la vie du top model Waris. Ça parle des violences faites aux femmes, soi-disant pour leur bien, mais qui ont simplement pour but de les contrôler. Et c’est super inspirant quand l’héroïne devient indépendante et se libère des idées sexistes.»

40. La Différence des sexes, livre de Françoise Héritier

Bayard

«Il est facile à lire, bien vulgarisé et vite lu. Il m'a ouvert les yeux sur ces inégalités qu'on croit innées. Il m'a touché. Il a été ma première pierre au combat féministe.»

41. Star Wars : Le Réveil de la Force, film de J. J. Abrams

Disney

«J'étais déjà féministe avant de rencontrer Rey, l’orpheline qui maîtrise la Force et qui est maintenant Jedi. Mais Rey m’a aussi permis d’explorer un autre angle du féminisme. On la voit débarquer dans l’histoire sans s’agacer de la voir courir en talons hauts, toute poitrine dehors, maintenue dans un costume improbable, ou tombant amoureuse du premier type qu’elle rencontre et qui la sauve.

Je ne peux même pas expliquer le bien profond que m’a provoqué l’existence d’un personnage pour qui la quête de sens, l’aventure et l’amitié passent avant la féminité. On la voit parcourir le même chemin qu’un homme, sans fioritures, mais juste avec le désir sincère et pur de trouver sa voie. J’avais 15 ans quand je suis allée voir ce film au cinéma et je suis tombée amoureuse du personnage tout simplement parce qu’il représentait ce que j’avais toujours cherché chez une héroïne. C’est-à-dire une histoire qui donne de l’importance à l’individu lui-même avant d’en donner à son sexe. Plus qu’une figure maternelle ou romantique comme l’a été Leia, elle incarne une grande sœur, une protectrice, un guide, pour celles et ceux qu’elle rencontre. Elle ne tire pas sa force d’un amant ou d’un fils, mais de ses principes, de son expérience, de sa foi. Et je pense que c’est le genre d’héroïne dont le féminisme a besoin aujourd’hui, pour qu’on puisse un jour commencer à voir les gens comme ce qu’ils sont plutôt que de les appréhender selon leur sexe et de les enfermer dans des intérêts superficiels.»

42. Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe, essai de Chimamanda Ngozi Adichie

Gallimard

«Il est rapide à lire, l'autrice utilise un vocabulaire simple. C'est limpide à comprendre.»

43. King Kong Théorie, essai de Virginie Despentes

Grasset

«Une colère et une grossièreté réalistes et indispensables. À lire, relire et mettre entre toutes les mains.»

«Une initiation percutante aux enjeux du féminisme ET de la féminité, et la verve toujours très brillante de Despentes en font un indispensable !»

«Il m'a donné une vision plus générale, plus complète de beaucoup de choses et m'a permis de prendre du recul. Surtout, à chaque fois que je le relis, ça me donne une force incroyable !»

«Je me suis dit : le prochain qui m'approche (et tente de m'agresser) je lui en mets une, c'est possible de se défendre en fait !»

«Ça a été l'électrochoc. La lecture de ce livre m'a ouvert les yeux sur beaucoup de choses, des choses que je sentais, d'autres dont je n'avais pas conscience. J'ai lu King Kong Théorie avant Le Deuxième Sexe, c'est précisément ce livre qui m'a donné envie de lire plus de littérature féministe et qui a ouvert la voie à mes lectures d'aujourd'hui, plutôt portées sur l'intersectionnalité. Mais tout a démarré avec Despentes et cet incroyable livre qui, tout comme We should All Be Feminists de Chimamanda Ngozi Adichie, devrait faire partie lectures indispensables pour les jeunes filles.»

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