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11 choses que les personnes luttant contre l'anorexie veulent que vous sachiez

«Ce n'est ni un régime, ni un style de vie.»

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1. Personne ne choisit d'être anorexique.

Avant de devenir anorexique, je pensais que c'était juste un régime extrême que les gens suivaient pour devenir un top model ou une célébrité, mais j'ai très vite compris que l'anorexie n'était ni un régime, ni un style de vie.

Je n'ai jamais voulu être anorexique. Il n'est pas toujours facile de s'en convaincre et il y a des moments où je me sens incroyablement faible, stupide et folle. Mais je n'ai pas choisi l'anorexie et je ne suis coupable.

2. Il est difficile de savoir quelle partie de son cerveau écouter.

Quand je suis en crise, il me semble qu'un petit démon assis sur mon épaule me chuchote des choses destructrices et irrationnelles à l'oreille:

si tu grossis, personne ne t'aimeras, tu mourras seule, mangée par des chats qui, eux aussi, deviendront obèses.

Si j'entendais une personne dire ça à quelqu'un d'autre, je dirais que c'est du harcèlement. Le problème est que c'est dans ma tête et que c'est ma propre voix. L'anorexie se nourrit de vos incertitudes et de ce que vous pensez que le monde attend de vous.

Elle séduit aussi une partie de vous-même. J'aime sentir que je me maîtrise, et contrôler mon poids m'a donné du pouvoir à des moments d'incertitude. C'est pour cette raison que la voix du petit démon est si difficile à ne pas écouter.

3. Chaque repas est compliqué.

Apprendre à différencier la voix du petit démon de la vôtre est un des aspects les plus compliqués de la convalescence. Pensez à une journée normale: combien de fois avez-vous envie de manger?

Chaque petit moment, insignifiant pour d'autres, provoque de véritables dilemmes dans mon esprit. Un collègue me propose un gateau. Je suis au restaurant à regarder le menu. Je mange chez des amis et ils me servent un de mes aliments interdits.

Dois-je accepter et courir le risque d'une escalade de culpabilité et de honte ou dois-je refuser pour éviter l'anxiété, mais me sentir exclue et impolie?

Même quand je ris et bavarde, une bataille fait rage dans ma tête entre le petit démon et cette part de moi-même qui veut guérir et mener une vie sans anorexie.

4. Guérir signifie apprendre à se rebeller.

Finalement, à mesure que je devenais plus forte, j'ai réalisé que ces pensées n'étaient pas une partie intégrante de ma personnalité avec laquelle je devais composer (comme mon amour secret pour les comédies romantiques ou le fait que je me cure le nez quand personne ne regarde).

L'anorexie est une machine alimentée par le stress, l'incertitude et le besoin de contrôler un monde imparfait.

Comprendre que la machine détermine votre comportement ne signifie pas que vous pouvez taper dessus avec une massue, mais il devient plus facile de se battre quand cette petite voix se fait entendre.

5. Il ne s'agit pas seulement de «manger plus».

Quand quelqu'un que vous aimez est à ce point fragile, vous voulez lui apporter une grande assiette de nourriture faite maison et vous assurer qu'il mange tout jusqu'à la dernière bouchée. C'est une charmante intention, mais elle ignore le fait que l'anorexie vient de la tête.

Le cerveau de quelqu'un de normal pense «j'ai faim», ce qui revient à «j'ai besoin de manger.» Mon anorexie interfère entre ces deux pensées pour dire: la faim, c'est bien.

Après des mois, voire des années, à compter soigneusement chaque calorie, la convalescence est une longue réadaptation. Vous ne sortez pas de l'état d'esprit anorexique comme ça.

6. En parler aux gens est difficile, mais ça aide.

Admettre que vous avez un problème fait peur. Je pensais que les gens auraient des a priori sur l'anorexie. Je craignais que mes amis pensent que je jugeais leur nourriture ou leur apparence, que j'étais juste une personne superficielle, que je mentais quand je leur disais que j'aimais certains plats, que je ne pourrais pas être heureuse tant que ça continuerait.

Quand vous en parlez aux gens et que vous voyez qu'ils vous soutiennent, vous réalisez que vous ne serez pas rejeté.

Bien sûr, les amis ne savent pas toujours quoi dire et leur attitude peut parfois accidentellement me mettre mal à l'aise. Mais je me rends compte que l'anorexie est difficile à comprendre et s'ils sont prêts à me supporter avec mes travers, je dois faire l'effort de comprendre les leurs.

7. Vous ne pouvez pas faire les choses à ma place.

Je sais que voir quelqu'un que vous aimez être malade peut être douloureux. Je sais que c'est terrible pour mes proches de me voir haïr certaines parties de mon corps, alors qu'ils m'aiment comme je suis. Ils ont probablement une envie de m'attraper et de me dire: «C'est bon, je vais le faire pour toi.»

Malheureusement, ils ne peuvent pas. Mais ils sont importants pour moi.

Pouvoir parler de mes angoisses concernant mon corps et la nourriture, puis, quand je commençais à guérir, de la lutte pour accepter la façon dont je changeais, m'a permis de formuler des pensées qui, sinon, se seraient agitées dans ma tête, augmentant mon stress et me rendant incapable de m'attaquer à tout ça.

Ces gens sont mon équipe. Ce que Sam est à Frodon, ce que le Scooby-Gang est à Buffy et ce que Ron et Hermione sont à Harry. Ils ne peuvent pas apporter l'anneau au Mordor, tuer le Maître ou combattre Voldemort pour moi. Mais leur soutien et leur amour me confortent dans l'idée que je ne suis pas une si mauvaise personne que ça. Cela me donne la force dont j'ai besoin pour lutter au quotidien.

8. La convalescence est difficile, étrange, mais aussi merveilleuse.

Accepter de lâcher prise, même si vous n'êtes pas capable de le faire immédiatement, paraît effrayant, impossible, mais aussi fantastique. C'est comme être en haut d'une falaise et s'entendre dire de sauter parce que: «ne vous inquiétez pas, une fois que vous serez en l'air, cette chose formidable appelée parapente vous empêchera de vous planter – vous allez planer, ça va être génial!»

Les règles que vous avez inventées pour apaiser les pensées vous commandant de rester mince sont un ancrage auquel vous devez renoncer. Compter les calories était une simple équation.

Renoncer à ces règles et voir ce qui se passe, c'est comme larguer les amarres qui vous stabilisent (mais vous limitent). Vous découvrez ce que c'est de tomber – mais aussi de voler.

9. Apprendre à nouveau à prendre soin de son corps est une révélation.

Certaines personnes m'ont dit que ça devait être sympa de guérir de l'anorexie, parce que j'avais le droit de manger tout ce que je voulais sans que personne ne me juge.

Cependant, il faut un certain temps pour se faire à l'idée que la nourriture est un carburant, pas un ennemi. Parfois, je me sens faible de céder à quelque chose que je m'étais refusé. J'ai compris que lutter contre ça était l'opposé de la faiblesse.

Comme l'a dit un jour un sorcier intelligent: «Il faut du courage pour affronter ses ennemis, mais il en faut encore plus pour affronter ses amis» – et encore plus quand il s'agit de vous-même. Franchissez le pas, écoutez votre psychologue, faites confiance à vos amis et vous découvrirez non seulement de quoi vous êtes fait mentalement, mais aussi les choses étonnantes que votre corps peut faire pour vous.

10. Les petites choses qui font la différence.

Reprendre du poids est une étape indispensable de la convalescence, mais ça peut être stressant, particulièrement quand votre cerveau vous a toujours dit que c'était le pire scénario possible. Toutefois, votre corps vous réserve parfois des surprises inattendues.

En courant après le bus, j'ai senti un balancement étrange dont je me rappelais vaguement. Oh salut, les seins. Contente de vous revoir! Je suis contente de sentir ce rebond quand je cours dans les escaliers ou quand je sors du lit le matin.

Je ne pourrai jamais complètement croire qu'on puisse se mettre debout sans que la pièce se mette à tourner. Après avoir vu mes cheveux devenir clairsemés, croyez-moi, je préfère mes nouvelles boucles glorieusement emmêlées.

Et le gâteau d'anniversaire que j'ai mangé avec ma famille fut d'autant meilleur qu'il n'a pas été servi avec une couche de culpabilité, mais avec un sentiment triomphant de douce normalité.

Certes, je n'aime toujours pas ce que je vois quand je me tiens devant le miroir. Certes, certains jours, cette voix culpabilisante résonne encore à fond dans ma tête. Mais ces petites choses, ces petits détails, sont une piqûre qui m'arrachent à cette inertie. Tout ça me rappelle que j'ai le contrôle et qu'il est temps de changer de disque.

11. Je suis un petit peu plus qu'une personne souffrant d'anorexie.

J'ai voyagé, j'ai eu le cœur brisé, je me suis fait des amis, j'ai changé d'appartement, j'ai trouvé un nouveau boulot et je suis tombée amoureuse, alors que j'avais cette maladie. Pas forcément dans cet ordre.

Je ne me promène pas en me disant je suis une anorexique, je dois donc agir d'une certaine façon, pas plus que quiconque se promène en se disant je suis végétarien. Les angoisses au sujet de la nourriture sont toujours là, mais elle sont un bruit de fond, pas mes pensées les plus fortes et les plus pressantes.

Je suis arrivée au point où la maladie allait m'empêcher de faire ce que j'aimais et cela m'a motivée à dire stop. Mais même si j'avais continué, j'aurais voulu être perçue autrement que comme «l'anorexique». Je suis une fille, une amie, une sœur, une colocataire, une petite-amie, une collègue. Taquinez-moi, faites-moi rire, aimez-moi. Je ne suis pas une victime, je suis un être humain. Je vais avoir de bons jours, de mauvais jours, des jours horribles, mais je ne céderai pas.

* Si vous ou l'un de vos proche souffre d'un trouble du comportement alimentaire, vous pouvez appeler le 0810 037 037 (numéro Azur «Anorexie Boulimie, Info Ecoute»).

* Pour trouver de l'aide près de chez vous, vous pouvez également consulter cette liste de ressources.

Consultez toujours un médecin en ce qui concerne votre santé et bien-être. Les articles de BuzzFeed ont uniquement un but informatif, et ne sont pas un substitut à un diagnostic ou un traitement médical ni à des conseils médicaux professionnels.

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