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21 choses que les orthophonistes veulent vous dire

Non, nous n'adorons pas particulièrement les enfants.

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1. Nous ne sommes pas «le médecin des enfants».

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L’orthophoniste est un professionnel de santé, qui intervient dans tous les troubles qui touchent la communication. Comme on est incollables sur le larynx et la bouche, on s’occupe de tout le monde à tout âge, des grands prématurés aux soins palliatifs.

2. Pas plus que nous «adorons les enfants».

Giphy Originals / Via giphy.com

On bosse aussi avec des adultes traumatisés crâniens, des victimes d'accident vasculaire cérébral, de sclérose en plaques, de la maladie d'Alzheimer, de Parkinson, etc. Bon, il s’avère qu'on peut aussi adorer les rééducations du langage oral chez les tout-petits, mais c’est pas une généralité ok ?

3. Et nous ne passons pas nos journées à «jouer».

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On entend souvent des clichés comme : «Les orthophonistes c'est pour les enfants qui zozotent» ou qu'on ne fait pas grand-chose de nos séances. On intervient sur des fonctions essentielles chez l’humain : communiquer, manger. On aide à rétablir des fonctions souvent invisibles mais essentielles, en fait on utilise le jeu comme support, pas comme finalité.

4. C'est plutôt même le contraire.

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On ne se sent jamais aussi utile que lorsqu'un nourrisson peut vivre sans sonde naso-gastrique, quand un patient sort du mutisme, qu’un préado allergique au stylo veut écrire une lettre d’amour ou qu’une personne trans trouve sa nouvelle voix.

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5. Il se trouve qu'il y a une petite gué-guerre avec certains instits.

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Nous ne faisons pas de soutien scolaire mais sommes des paramédicaux. L’orthophoniste vise l’utilisation fonctionnelle du langage oral ou écrit. Si ça se voit à l’école, c’est tant mieux, ça veut dire que tout le monde fait son job. Le compte rendu dudit bilan relève du secret médical. L’école demande-t-elle les résultats du proctologue ? Non ? Scoop : pour l’orthophonie c’est pareil. Donner un compte rendu, dire si le patient est suivi ou tout autre information à propos d’un patient nous est interdit, et l’éducation nationale devrait le respecter.

6. On a même parfois l'impression qu'ils nous mettent des bâtons dans les roues.

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Nous travaillons toute la journée, pas uniquement de 16 à 19 heures et les mercredis après-midi : refuser à un patient de sortir d’un établissement scolaire pour se rendre à sa séance d’orthophonie est illégal, il s’agit d’obstruction à des soins médicaux. Et honnêtement, vous pensez que les patients sont mentalement disponibles après une journée de cours ?! Les instits sont en première ligne pour dépister des troubles du développement, et on les en remercie, mais chacun son job. On ne leur dit pas quelle méthode pédagogique utiliser dans leur classe, qu'ils en fassent autant avec nos séances.

7. Selon les patients, on n'adopte pas le même comportement, ni la même voix.

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Ce qui se passe dans le bureau est différent pour chaque patient et à chaque séance, on s’ajuste toujours au patient et à sa pathologie. En gros, il faut être mentalement très flexible, et généralement, on est vidé en fin de journée.

8. Des patients qui sont peuvent d'ailleurs être bien relous.

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Du genre à pourrir les toilettes en mode guerre nucléaire, jusqu'à voler du PQ ou des objets dans la salle d'attente. D'autres débarquent dans le bureau sans frapper.

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9. Ne vous méprenez pas, les adultes sont parfois les pires.

One

Certains restent au téléphone pendant le bilan de leur propre enfant ou nous sortent des trucs style «moi j'ai un boulot», comme si on n'en avait pas. D'autres se permettent même de ne pas honorer un rendez-vous alors qu'on a accepté de bosser exceptionnellement un samedi matin parce que ça avait l'air urgent. Avec souvent des excuses bidons, «il pleut, on ne va pas sortir/il fait beau on va pas s’enfermer», voire les excuses carrément fausses «machin est malade» alors que pas du tout, on l’a entendu en arrière fond sur le message du répondeur…

10. Ce qui pousse beaucoup d’entre nous à faire payer ces séances fantômes en cash.

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Sachant qu’un lapin ne peut pas être considéré comme une séance effectuée, donc pas remboursable par la sécu, sinon c’est de la fraude.

11. On a souvent des pathologies étranges à gérer.

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Comme des patients qui s'endorment, qui sont totalement désinhibés, ou qui ont parfois l'air de vivre sur une autre planète. Mais nous veillons au maximum à garder en tête ce que nous pouvons faire pour notre patient, à notre niveau, quel que soit le contexte.

12. C'est d'ailleurs stressant, parce qu'on a souvent le syndrome de l'imposteur.

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On s’implique beaucoup, on aimerait sauver tout le monde, on se remet toujours en question, et parfois ça nous pourrit la vie.

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15. C'est normal qu'il faille tant de temps pour prendre un rendez-vous chez nous.

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Il n’y a que 18 écoles en France et les concours sont hyper sélectifs (3 % de réussite) donc vous devriez plutôt vous émerveiller d’en rencontrer une, vue notre rareté (+50 points si l’ortho rencontré est un homme, rarissime).

16. La partie invisible de notre boulot est le pire truc au monde !

Giphy Origianals / Via tumblr.com

Les charges, l'URSSAF, la Caisse autonome retraite prévoyance et compagnie sont les envoyés du diable, c’est un système lourd et lent. Sans oublier les courriers aux médecins, les comptes rendus de bilans obligatoires mais rarement lus...

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17. Ah non, il y a pire : la rémunération.

Twitter: @ABFO_ortho

En exercice libéral, on croule sous la paperasse, essentielle pour faire tourner un cabinet, et devinez quoi ? C’est du bénévolat. Le salaire en libéral dépend des actes effectués et du nombre de rendez-vous par semaine. Pour un orthophoniste salarié, c’est reconnu Bac+3 pour 5 ans d’études, payé à peine plus que le SMIC. La conséquence de tout ça c’est que les orthophonistes désertent les hôpitaux et les centres spécialisés.

18. Après, il y a des moments épiques et (bien drôles).

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Genre venir au bilan sans le patient. On ne démarre pas une prise en charge sans faire un bilan, qui conclut à la présence d’une pathologie. Et le bilan ne se fait pas par télépathie. Des situations qu'on partage forcément entre confrères.

19. Et puis il y a tellement de trucs cool au quotidien.

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Le plaisir est notre principal outil de travail, et tous les supports sont bons pour travailler autour de la communication. Alors on utilise beaucoup le jeu, sous toutes ses formes et à tout âge, mais toujours avec des objectifs thérapeutiques en tête.

20. Les cadeaux en font largement partie si on est honnêtes.

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Que ce soit des chocolats, des objets, ou un remerciement sincère, ça nous fait toujours très plaisir quand nos patients ou leur entourage nous remercient en fin de prise en charge (ou à Noël). La reconnaissance de notre travail nous met du baume au cœur (et ça finit souvent en compétition de cadeaux sur Facebook mais chut).

21. En gros, on fait clairement ce métier par passion.

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C'est un métier où tout est variable, avec des pathologies très différentes, et comme on travaille avec des humains, une même pathologie sera toujours différente d’un patient à l’autre, et un même patient sera différent d’une semaine à l’autre. Il n’y a pas de méthode toute faite pour telle ou telle pathologie, on pioche dans toutes nos connaissances pour s’adapter à une personne, dans toute sa complexité.

Comme n'importe quelle profession de santé, on voudrait qu’on nous considère comme importants et pas comme la gentille personne qui fait du soutien scolaire.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une orthophoniste exerçant à Toulouse.