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    Emmanuel Macron expliqué au reste du monde

    Promis, vous allez tout comprendre au candidat en tête des sondages.

    Bonjour! Voici Emmanuel Macron.

    Bertrand Guay / AFP / Getty Images

    Emmanuel Macron est candidat à l'élection présidentielle dont le premier tour se tient le 23 avril en France. Il est connu pour:

    - être ni à gauche, ni à droite, ni au centre, ni en haut, ni en bas

    - être marié avec son ancienne prof de français (elle a 63 ans, il en a 39)

    - être le plus jeune des 11 candidats à la présidentielle

    - son PROJJJJJJJEEEEETTTT

    Ah, et il a été pris en photo avec sa femme et un naturiste.

    #Macron paparazzé en train de mater sur une plage nudiste...

    Emmanuel Macron est plutôt content en ce moment, car il est bien placé dans les sondages.

    giphy.com / Via France 2

    Il faut dire qu'avec les 35.600 affaires qui collent aux basques de François Fillon et un candidat de la gauche qui peine à rassembler, Macron a de plus en plus de chances d'accéder à l'Élysée. Reste à savoir s'il parviendra à distancer Marine Le Pen, autre favorite des sondages.

    Et surtout, il y a un an, PERSONNE n'aurait parié un sou sur lui.

    Denis Charlet / AFP / Getty Images

    Il faut dire que Macron est un novice en politique. Soutien de François Hollande en 2012 puis secrétaire adjoint de la présidence de la République, c'est en 2014, quand il a été nommé ministre de l'Économie, qu'il s'est fait connaître.

    Eric Piermont / AFP / Getty Images

    Emmanuel Macron est resté deux ans au gouvernement. On retient:

    - une loi à son nom (qui a facilité le changement de banque, a démocratisé le bus, et assoupli le travail dominical...)

    - que la «meilleure façon de se payer un costard c'est de travailler».

    - qu'il a créé son mouvement En Marche!

    - qu'il «n'est pas socialiste» et qu'il aime le Puy du Fou.

    On retient surtout qu'il est devenu super pote avec Manuel Valls (non).

    Jacques Demarthon / AFP / Getty Images

    Et qu'avant qu'il se déclare candidat, il se posait comme la personne dont «l'histoire dérange» et qui «inquiète le système».

    Spoiler: c'est faux.

    Mais Emmanuel Macron veut être président. Du coup, en août 2016, il démissionne du gouvernement.

    Keystone / Getty Images

    Une démission très d-i-s-c-r-è-t-e.

    BFMTV
    BFMTV

    Une seule question était alors sur toutes les lèvres:

    iStock / Getty Images Plusi

    Parce que bon, on pensait tous qu'il allait cracher le morceau rapidos. Mais il a attendu trois mois, le 16 novembre 2016, pour le faire:

    Lionel Bonaventure / AFP / Getty Images

    (les journalistes qui en avaient marre du il y va/ il y va pas)

    Très vite, ses adversaires ont accusé les médias de faire d'Emmanuel Macron leur candidat chouchou. Au PS avec Jean-Christophe Cambadélis, ou au FN avec David Rachline.

    Christophe Archambault / AFP / Getty Images

    Du coup, quand L'Obs a publié en février un article intitulé «La bulle Macron, un matraquage publicitaire massif», on a eu envie de tousser très fort.

    Toujours est-il que petit à petit, Emmanuel Macron est passé d'outsider à favori de l'élection. C'est notamment son meeting porte de Versailles en décembre 2016 qui a vachement impressionné.

    Kamil Zihnioglu / AP

    Quand il a donné naissance à ce merveilleux mème sur SON PROJJJJJEEETTTTTTTT.

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    Manu était sous Strepsils pendant le mois suivant, mais c'était son projetttttt.

    On a à peine eu le temps de s'en remettre, qu'il frappait un nouveau grand coup en recrutant la queen de nos timelines Twitter, la reine de l'analyse caps lock, LAURENCE HAÏM.

    Alors que la liste des soutiens à Macron a continué de s'allonger (Gérard Collomb, Daniel Cohn-Bendit, François de Rugy, Jacques Attali, Bertrand Delanoë, Pierre Bergé....), SEUL UN A FAIT BASCULER LE COURS DE L'HISTOIRE:

    JOEL SAGET/AFP / Getty Images

    François Bayrou, candidat centriste qu'on revoit tous les cinq ans au moment de l'élection présidentielle, mais dont on ne sait jamais vraiment s'il est plutôt à gauche ou à droite.

    Le ralliement du président du Modem a surpris tout le monde. Mais il est surtout devenu un soutien électoral précieux pour Macron, car cette alliance sous conditions pourrait grappiller des voix chez Fillon et Hamon.

    François #Bayrou annonce qu'il offre son alliance à Emmanuel #Macron

    Mais au pays de Macron, tout n'est pas rose non plus. Certaines sorties de l'ex-ministre de l'Économie ont suscité des polémiques.

    - Sur le «mariage pour tous», Macron a dit: «Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d'ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes. C'est ce qui s'est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là. Il ne faut jamais humilier, il faut parler, il faut "partager" des désaccords.»

    Christiane Taubira a répondu avec beaucoup de colère aux propos du candidat. «Qui a été humilié? Celle qu’on traitait de guenon tous les matins?», a-t-elle commenté.

    - En visite en Algérie, Emmanuel Macron a dit: «La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder.» Il a tenu des propos qu'aucun candidat à l'élection française n'avait auparavant tenus. Mais répondant à la polémique, il avait ensuite tendu la main aux anciens pieds noirs et anciens combattants de la guerre d'Algérie.

    - En déplacement dans le Nord, Emmanuel Macron a dit que «l'alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier». Une déclaration qualifiée de «mépris social» par Florian Philippot. Emmanuel Macron s'est défendu à base de chiffres et son constat... est plutôt vrai.

    Du coup, Emmanuel Macron a commencé à traîner la réputation d'un candidat-girouette, incapable de se positionner véritablement.

    Surtout qu'on a attendu très longtemps pour connaître son programme. Ce qui a accentué son image de candidat qui n'a pas d'idées ou de valeurs. C'est finalement en mars qu'il l'a dévoilé. Quelques propositions:

    - Interdiction d'employer un proche lorsque l'on est un parlementaire

    - Création d'un «pass culture» à 500 euros pour les jeunes

    - Création de 4000 à 5000 postes d'enseignants

    - Création d'une «police de sécurité quotidienne»

    Et puis, il a aussi eu son lot d'affaires. Le Canard enchaîné a révélé qu'il aurait sous-évalué son patrimoine dans sa déclaration d'intérêts en 2014.

    Il aurait perçu 3,3 millions d’euros de revenus de 2009 à 2012, mais n'en aurait déclaré que 200.000 euros à son entrée au gouvernement. L'association de lutte contre la corruption Anticor a saisi en mars la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

    Le parquet de Paris a aussi ouvert en mars une enquête préliminaire sur des «soupçons de favoritisme» concernant une soirée de la French Tech Night à Las Vegas, organisée sans appel d'offres.

    Eric Feferberg / AFP / Getty Images

    Mais ces affaires ne semblent pas avoir terni son image, ni fait baisser sa côte dans les sondages. D'ailleurs, après le premier débat de la présidentielle, il a été jugé grand gagnant du débat par deux sondages.

    Même si certains lui ont reproché d'être une girouette, une fois de plus.

    Emmanuel Macron prend discrètement des notes pendant les interventions des autres candidats pour élaborer son programme #LeGrandDebat

    À un mois de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron va-t-il dégringoler? Deviendra-t-il le plus jeune président de la République? À suivre.

    Assma Maad est journaliste chez BuzzFeed News France et travaille depuis Paris.

    Contact Assma Maad at assma.maad@buzzfeed.com.

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