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Voici ce que c'est d'être un homme souffrant d'un trouble de l'alimentation

Des hommes nous parlent de leurs problèmes d'estime de soi, d'anxiété, de dépression, et de l'impact que peuvent avoir des proches toxiques.

Publié le
Hokyoung Kim for BuzzFeed News

Nous avons demandé à des hommes de la communauté BuzzFeed ce que c'était d'être un homme souffrant d'un trouble de l'alimentation. Voici ce qu'ils nous ont confié.

Et juste un avertissement : Les histoires suivantes contiennent des situations dures et ne doivent pas être utilisées comme substituts à un diagnostic, à un traitement ou aux conseils d'un-e médecin. Si vous pensez souffrir d'un trouble de l'alimentation, parlez-en à un-e médecin ou adressez-vous à la Fédération française anorexie boulimie.

1. «Personne ne s'était rendu compte que je souffrais d'un trouble, et personne ne m'a cru quand j'en ai parlé.»

«Mon trouble de l'alimentation a commencé lorsque j'étais en classe de cinquième. J'avais des problèmes d'estime de moi, j'étais au collège et j'avais fait 1/3 de mon chemin vers la puberté. Je haïssais mon corps. J'étais aussi confronté à d'autres problèmes à l'époque, comme des problèmes entre amis, la remise en question de ma sexualité, l'anxiété et la dépression.

J'ai commencé à sauter des repas – principalement le déjeuner, car c'était le plus facile. Ensuite, j'ai commencé à sauter le petit déjeuner, puis à manger de touts petits plats. Je faisais du sport chaque jour pendant des heures. Si jamais je prenais 500 g, j'avais une crise d'angoisse et je m'endormais en pleurant. Ce n'est qu'en classe de quatrième que j'ai commencé à explorer la boulimie et ses effets. Je n'ai pas été boulimique très longtemps parce que c'était trop difficile de garder cela secret. Mais aujourd'hui encore, même si je mange une quantité moyenne de nourriture, ça me donne envie de vomir.

Personne ne s'était rendu compte que je souffrais d'un trouble, et personne ne m'a cru quand j'en ai parlé. Ma sœur pensait que je le faisais pour attirer l'attention et essayer d'être "cool". C'était très déprimant de savoir que personne ne me croyait. Le pire c'était quand on m'a dit : "Ce n'est probablement pas si grave, de toute façon." Maintenant que je me rétablis, j'essaie d'enseigner aux autres que les hommes sont effectivement confrontés à ces problèmes et qu'il ne faudrait jamais les en empêcher quand ils essayent d'en parler.»

— Isaac

2. «J'étais frustré si je ne perdais pas de poids tous les jours, et en colère contre ceux qui voulaient que je mange.»

«J'avais l'impression d'être en surpoids et c'était dérangeant pour moi. En quelques mois, j'ai perdu du poids en mangeant tous les jours moins de nourriture. Mais cette perte de poids est devenue une obsession malsaine. J'ai commencé à faire le suivi des calories que je mangeais, sans me soucier d'autre chose que de baisser ma consommation au maximum. Cela me poussait à refuser d'aller dans les restaurants, car j'avais peur de trop manger et de prendre un kg de plus. Je dormais moins. J'étais frustré si je ne perdais pas de poids tous les jours, et en colère contre ceux qui voulaient que je mange. Lorsque j'ai touché le fond, ma famille et mes amis ont commencé à le remarquer, et j'étais heureux d'entendre les gens dire à quel point j'étais mince. Je croyais que ce n'était rien de plus qu'un compliment et non une indication que j'avais besoin d'aide.

Finalement, j'ai pu m'entraîner (avec l'aide des autres) à manger des aliments qui permettaient d'être une version plus saine de moi-même. Je pèse encore moins que je ne devrais, mais je m'échappe doucement du poids écrasant d'un trouble de l'alimentation. Je sais que certains diront que puisque je n'ai jamais été officiellement diagnostiqué, je ne peux vraiment pas dire que je souffrais d'un trouble de l'alimentation. Mais lorsque 99 % de votre journée est axée sur le fait de ne pas manger ou de savoir comment éviter de manger simplement pour réduire votre apport calorique, vous n'avez pas besoin d'un diagnostic pour savoir qu'une relation malsaine avec la nourriture pourrait entraîner la mort.»

— Anonyme

3. «Tout le monde m'accusait de prendre de la drogue, mais je ne disais rien. Je préférerais qu'ils pensent cela plutôt qu'ils sachent la vérité : que j'étais boulimique et anorexique.»

«En tant que mec, je n'aurais jamais pensé être confronté à un trouble de l'alimentation. Ça a commencé il y a 11 ans, après que mon premier petit ami m'a dit que je devais perdre du poids et a joué avec mon ventre. Après notre rupture, j'ai perdu beaucoup de poids. Je courais 8 kilomètres par jour sous une chaleur de 32 °C, avec plusieurs survêtements, un chapeau d'hiver, et des gants d'hiver. Je manquais clairement de calories. Tout le monde m'accusait de prendre de la drogue, mais je ne disais rien. Je préférerais qu'ils pensent ça plutôt qu'ils sachent la vérité: que j'étais boulimique et anorexique. Ça s'est amélioré pendant un certain temps, mais l'année dernière, j'ai recommencé à m'affamer. Pour la première fois, j'en ai parlé à mon petit ami actuel, à ma famille et même à quelques amis. C'est difficile de se débarrasser du compteur de calories par jour dans la tête, et parfois c'est accablant. Les gens me voient manger et pensent que je vais bien, mais ce dont ils ne se doutent pas, c'est que je peux manger uniquement lorsque je suis devant eux.»

— Josh V.

4. «C'est un processus difficile où je dois changer la façon dont mon cerveau fonctionne et prendre soin de moi. Mais je m'engage à devenir plus fort et à m'occuper de moi, il ne me reste plus qu'à foncer.»

«Le moment où je me suis rendu compte que je ne mangeais pas assez a été, je crois, à mes 10 ans. Je suis passé de la vie avec ma mère à la vie avec mon père et ensuite avec ma belle-mère en 2002. J'ai toujours eu une relation difficile avec mon père et ma belle-mère, alors que j'étais confronté à un trouble d'anxiété généralisée et au syndrome d'Asperger. La combinaison de forte anxiété et de vie dans une famille qui surveillait tout me faisait manger moins, et cela avait en quelque sorte entraîné une peur de manger. En grandissant, j'ai découvert que ma belle-mère avait été violée dans son adolescence et dans la vingtaine, et qu'elle était anorexique. Après avoir appris ça, je comprenais maintenant pourquoi elle s'énervait toujours quand les gens mangeaient autour d'elle, et pourquoi elle servait toujours de si petites portions. Je crois que j'ai été affecté par son anorexie, et je sais aussi que je mange moins quand je suis avec d'elle, parce que c'est devenu une habitude. Je vis de nouveau avec mes parents après avoir fini mes études, et je vois combien mes habitudes alimentaires ont pris une tournure désastreuse en vivant avec elle. Je m'entraîne avec un copain au volley-ball pour gagner de la masse musculaire et j'ai besoin naturellement de manger davantage, mais la plus grande peur que j'ai est de créer des tensions lorsque je commence à acheter et à préparer ma propre nourriture. C'est un processus difficile où je dois changer la manière de fonctionner de mon cerveau et prendre soin de moi. Mais je veut devenir plus fort et à m'occuper de moi, il ne me reste plus qu'à foncer.»— Anonyme
Hokyoung Kim for BuzzFeed News

«Le moment où je me suis rendu compte que je ne mangeais pas assez a été, je crois, à mes 10 ans. Je suis passé de la vie avec ma mère à la vie avec mon père et ensuite avec ma belle-mère en 2002. J'ai toujours eu une relation difficile avec mon père et ma belle-mère, alors que j'étais confronté à un trouble d'anxiété généralisée et au syndrome d'Asperger. La combinaison de forte anxiété et de vie dans une famille qui surveillait tout me faisait manger moins, et cela avait en quelque sorte entraîné une peur de manger. En grandissant, j'ai découvert que ma belle-mère avait été violée dans son adolescence et dans la vingtaine, et qu'elle était anorexique. Après avoir appris ça, je comprenais maintenant pourquoi elle s'énervait toujours quand les gens mangeaient autour d'elle, et pourquoi elle servait toujours de si petites portions.

Je crois que j'ai été affecté par son anorexie, et je sais aussi que je mange moins quand je suis avec d'elle, parce que c'est devenu une habitude.
Je vis de nouveau avec mes parents après avoir fini mes études, et je vois combien mes habitudes alimentaires ont pris une tournure désastreuse en vivant avec elle. Je m'entraîne avec un copain au volley-ball pour gagner de la masse musculaire et j'ai besoin naturellement de manger davantage, mais la plus grande peur que j'ai est de créer des tensions lorsque je commence à acheter et à préparer ma propre nourriture. C'est un processus difficile où je dois changer la manière de fonctionner de mon cerveau et prendre soin de moi. Mais je veut devenir plus fort et à m'occuper de moi, il ne me reste plus qu'à foncer.»

— Anonyme

5. «J'étais un adolescent influençable, et je voulais absolument ressembler à ce musicien en particulier.»

«Avant que je ne fasse mon coming out de personne trans, j'ai été confronté à l'anorexie. J'étais un adolescent impressionnable, et je voulais absolument ressembler à un musicien en particulier. Je me souviens avoir pensé : "Si je veux ressembler à un mec, la seule façon d'y parvenir est de lui ressembler." Il était vraiment féminin : de longs cheveux bruns, des yeux marrons... Environ un an plus tard, quand je l'ai vu sur la scène d'un festival, je n'ai remarqué que ses poignets fins, ses longues jambes, l'écart entre les cuisses et quand il a enlevé sa chemise, je pouvais compter ses côtes.

Au point le plus critique, je prenais un tout petit-déjeuner, jetais le déjeuner à l'école et dînais avec mes parents le soir. J'ai commencé à essayer de mieux manger quand je me suis évanoui dans le couloir à l'école. Personne ne l'a remarqué sauf ma meilleure amie, qui m'a rapidement emmené aux toilettes et m'a demandé ce qui se passait. J'essayais d'expliquer, et comme elle ne comprenait pas, je lui ai dit que j'étais trans. Elle a demandé ce que cela avait à voir avec ça, et je lui ai montré le t-shirt du groupe qu'elle avait acheté au festival et dit que je voulais ressembler à ce musicien. Elle m'a ramené à la raison et j'ai commencé à manger trois repas sains par jour et une collation après l'école. Le problème était que mon corps n'était pas habitué à l'augmentation soudaine de calories, et en trois semaines j'ai pris du poids.

Mes parents ont pété les plombs et m'ont dit : "Personne ne va épouser une grosse". Ils m'ont fait suivre un régime hypercalorique pendant six mois, puis j'ai essayé de le changer, mais j'y étais habitué alors je l'ai poursuivi jusqu'à ce que je déménage. Aujourd'hui, je suis un homme d'1,60 mètre et 54 kilos avec un super mari, de beaux-parents accueillants qui m'ont volontiers reçu comme un membre de la famille lorsque mes parents m'ont renié.»

— Spencer

6. «Ma morphologie est trop maigrichonne par rapport aux attentes sociétales des hommes, mais pas assez par rapport aux miennes.»

«Je souffre d'un trouble de l'alimentation non diagnostiqué depuis l'âge de 14 ans. Mes collègues, en particulier les autres hommes, me font chier pour que je grossisse pour ma femme, mais les conversations sur mes habitudes alimentaires ou mon poids ne vont pas plus loin. Ma morphologie est trop maigrichonne par rapport aux attentes sociétales des hommes, mais pas assez par rapport aux miennes. Cela m'étonne et m'attriste d'avoir été capable de m'en tirer avec ce comportement pendant si longtemps.»

— Jay

7. «L'admettre était horrible. Dire le mot me rendait malade. J'étais coincé dans ma tête, la culpabilité et la honte me dévoraient vivant, et j'avais l'impression d'être complètement seul avec ce sentiment.»

«Je n'ai même pas réalisé que je souffrais d'un trouble de l'alimentation avant un moment. J'étais moi-même convaincu que ce n'étais qu'une passade et que je pouvais m'arrêter quand je le voulais. Mais quand je me suis mis à m'empiffrer et à me purger plusieurs fois par jour et à cacher la nourriture dans ma chambre, j'ai finalement compris que j'étais boulimique. L'admettre était horrible. Dire le mot me rendait malade. J'étais coincé dans ma tête, la culpabilité et la honte me dévoraient vivant, et j'avais l'impression d'être complètement seul avec ce sentiment.»

— Anonyme

8. «J'étais obsédé par l'idée de correspondre à ce je pensais être attendu d'un homme gay un peu plus féminin.»

«Je suis un homme gay vivant à New York. Quand je suis allé au lycée à Manhattan, je venais de faire mon coming out. C'était effrayant et incroyablement stressant. J'étais obsédé par l'idée de correspondre à ce je pensais être attendu d'un homme gay un peu plus féminin. J'ai commencé à me faire vomir et à utiliser des médicaments pour supprimer l'appétit. J'ai fini par être accro à l'héroïne, surtout pour ne pas être en manque, mais aussi pour maintenir mon poids. Je suis sobre depuis quelques années et je suis toujours très complexé, mais j'ai vraiment appris à mener une vie meilleure.»

— Robert

9. «J'ai fait un test dans un livre de santé (qui plus tard s'est avéré être une arnaque) et ça m'a dit que j'étais au bord de l'obésité. J'ai commencé à suivre un régime le même jour.»

«J'ai atteint la puberté à 11 ans et j'ai immédiatement pris beaucoup de poids. A 16 ans, mes amis se moquaient du fait que j'avais des seins, ce qui m'a fait arrêter la natation. J'ai fait un test dans un livre de santé (qui plus tard s'est avéré être une arnaque) et ça m'a dit que j'étais au bord de l'obésité. J'ai commencé à suivre un régime le même jour. Une fois qu'il est devenu évident que je n'allais pas bien (j'étais pâle, toujours étourdi et somnolent), ma famille a commencé à me pousser à manger plus. Ma mère supervisait mes repas pour s'assurer que j'étais bien nourri. Je la détestais à cause de ça, et je me détestais de manger. Je me suis fait vomir pendant neuf ans. J'ai perdu mes cheveux, trois dents et j'ai fini par avoir un mal de gorge permanent. Parfois, je toussais du sang.  L'année dernière, j'ai réussi à arrêter de me purger, mais à ce jour, j'ai toujours peur de la nourriture. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai apprécié un repas, et j'ai toujours honte de mon corps. Chaque fois que je regarde dans le miroir, une voix dans ma tête me dit que je suis un gros lard. J'ai 28 ans et je suis épuisé. Même si je fais du sport régulièrement depuis sept ans, je suis toujours incapable de prendre de la masse musculaire à cause de ma mauvaise nutrition. Oh, et je ne vais toujours pas à la piscine.»— Tariq
Hokyoung Kim for BuzzFeed News

«J'ai atteint la puberté à 11 ans et j'ai immédiatement pris beaucoup de poids. A 16 ans, mes amis se moquaient du fait que j'avais des seins, ce qui m'a fait arrêter la natation. J'ai fait un test dans un livre de santé (qui plus tard s'est avéré être une arnaque) et ça m'a dit que j'étais au bord de l'obésité. J'ai commencé à suivre un régime le même jour.

Une fois qu'il est devenu évident que je n'allais pas bien (j'étais pâle, toujours étourdi et somnolent), ma famille a commencé à me pousser à manger plus. Ma mère supervisait mes repas pour s'assurer que j'étais bien nourri. Je la détestais à cause de ça, et je me détestais de manger. Je me suis fait vomir pendant neuf ans. J'ai perdu mes cheveux, trois dents et j'ai fini par avoir un mal de gorge permanent. Parfois, je toussais du sang.

L'année dernière, j'ai réussi à arrêter de me purger, mais à ce jour, j'ai toujours peur de la nourriture. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai apprécié un repas, et j'ai toujours honte de mon corps. Chaque fois que je regarde dans le miroir, une voix dans ma tête me dit que je suis un gros lard. J'ai 28 ans et je suis épuisé. Même si je fais du sport régulièrement depuis sept ans, je suis toujours incapable de prendre de la masse musculaire à cause de ma mauvaise nutrition. Oh, et je ne vais toujours pas à la piscine.»

— Tariq

10. «Le plus difficile a été de le dire à ma petite amie – en grande partie parce que c'était embarrassant d'être un mec de 25 ans souffrant de ce que les gens ont tendance à voir comme un trouble de fille.»

«Quand j'ai pris conscience de ce qui se passait, le plus difficile a été de le dire à ma petite amie – en grande partie parce que c'était embarrassant d'être un mec de 25 ans souffrant de ce que les gens ont tendance à voir comme un trouble de fille. Ça ajoute simplement plus de stress de devoir affronter ça tout en le cachant au quotidien pour avoir l'air à la fois "viril" et "pas cinglé". Il m'a fallu des mois pour trouver le moment et la manière de lui en parler.

Quand c'est devenu quelque chose de personnel, elle a semblé changer sa façon de parler (et de plaisanter) sur les corps, le genre et les stéréotypes. Nous sommes maintenant mariés, et je me fais suivre depuis quelques années. Et bien que nous en parlions rarement, savoir qu'elle sera toujours là pour moi et qu'elle ne me jugera pas me motive.»

— Anonyme

11. «Il semble que je passe d'un trouble à l'autre, peu importe comment va ma vie.»

«Je suis du genre à manger à l'excès, surtout quand je suis déprimé. C'est aussi simple que ça. Je préfère manger plutôt que de pleurer. Passer les dix dernières années à bâtir un mur émotionnel autour de moi a fait que je me suis tourné vers la nourriture comme moyen de réconfort. Quand j'étais petit, c'était l'inverse. Être appelé gros quand j'étais jeune m'a rendu boulimique à 11 ans. J'étais maigrichon et faible et je n'avais pas d'énergie. Il semble que je passe d'un trouble à l'autre, peu importe comment va ma vie. C'est naturel, chez moi de recourir à la nourriture pour m'adapter à mes besoins émotionnels.

— Marv

12. «Ça me rend triste et personne ne le comprend vraiment.»

«J'ai eu 28 ans aujourd'hui et je souffre d'un trouble de l'alimentation depuis l'âge de 13 ans. Je ne peux même pas profiter de pop-corn au cinéma sans avoir envie de vomir parce que j'ai détruit mon système digestif. Ça me rend triste et personne ne le comprend vraiment.»

— Andy

13. «J'ai l'impression de tricher quand je parle à des filles souffrant de troubles de l'alimentation.»

«J'ai l'impression de tricher quand je parle à des filles souffrant de troubles de l'alimentation. J'ai réussi à conserver un poids anormalement faible et à limiter ma consommation de nourriture, car les mecs adolescents sont censés être minces... "Oh, il fait juste la fine bouche." Je rêve que quelqu'un me tende la main et me demande : "Hé, est-ce que ça va ?" Je tomberais probablement dans ses bras immédiatement.»

— Anonyme

14. «Lorsque je suis arrivé à l'hôpital, j'étais couvert de sueur, mes yeux étaient injectés de sang et j'étais en position fœtale avec un abdomen distendu.»

Pendant environ deux ans, j'avais réduit ma consommation de calories et je me faisais vomir. J'ai été conduit aux urgences deux fois avant, mais pendant ma première année de fac, j'y ai été emmené pour la troisième fois. J'étais sous la douche et je me suis penché pour attraper mon shampoing quand j'ai commencé à avoir des spasmes. J'ai essayé de me relever, mais il j'avais des crampes dans tout mon corps. J'ai rampé et mon colocataire a appelé les urgences.

Lorsque je suis arrivé à l'hôpital, j'étais couvert de sueur, mes yeux étaient injectés de sang et j'étais en position fœtale avec un abdomen distendu. Mon cœur donnait l'impression d'être déchiré en deux et mon rythme cardiaque était incroyablement bas. On m'a mis sous perfusion intraveineuse de potassium, ce qui fut l'une des expériences les plus douloureuses de ma vie. L'une des infirmières me suggéra de manger – peut-être l'une des pires choses qu'elle aurait pu proposer à quelqu'un dans mon état. J'étais arrivé à un point où mon estomac était si petit que même un bagel me ferait mal. Mes dents étaient pourries, mes cheveux tombaient et mes ongles étaient défoncés et égratignés. Je ne pouvais pas "juste manger quelque chose".

Lorsque j'ai enfin été prêt pour le traitement (environ un mois plus tard), j'ai voulu aller dans un centre spécialisé. Mais la plupart d'entre eux n'accueillent que des femmes. C'est vraiment génial d'avoir ces espaces pour aider les femmes à se rétablir et à se concentrer sur elles-mêmes, mais honnêtement, je ne vois pas en quoi la séparation des genres aide qui que ce soit. Nous sommes tous là pour la même raison. En fin de compte, j'ai dû créer ma propre équipe de médecins spécialisés en rééducation/toxicomanie, un thérapeute spécialisé, un psy généraliste et un diététiste/nutritionniste professionnel. Ça a vraiment été une période difficile, et 13 mois plus tard, c'est toujours aussi difficile de me sentir en bonne santé comme avant. Cela devient chaque jour plus facile, grâce au soutien de ma famille, de mes amis et de mes médecins, mais je ne le souhaite à personne.»

— Aleckxi

15. «Je jouais au football américain pendant mes années de lycée, j'étais donc athlétique et en bonne forme. Ni musclé, ni rien, mais pas maladif. Pour ma petite amie de l'époque, ce n'était pas suffisant.»

«Je jouais au football américain pendant mes années de lycée, j'étais donc athlétique et en bonne forme. Ni musclé, ni rien, mais pas maladif. Pour ma petite amie de l'époque, ce n'était pas suffisant. Ça a commencé petit à petit, lorsqu'elle a dit à quel point les autres gars de l'équipe étaient musclés et que leurs copines s'en vantaient. Voulant être un bon petit ami, je me suis mis à faire davantage de sport, et à mieux manger. Je progressais graduellement, mais ce n'était pas suffisant pour elle.  Elle avait l'habitude de me réprimander et de me traiter d'idiot en me rabaissant à chaque fois que l'occasion se présentait pendant deux ans. Alors, quand elle me traitait de gros, quand elle me disait que je la décevais, j'avais le cœur brisé. Je n'ai pas rompu avec elle, je n'ai pas cherché d'aide. J'ai fait du sport constamment. Chaque minute de libre, je la dédiais à l'exercice physique. Et j'ai complètement arrêté de manger. Elle m'avait convaincu que je n'étais pas sain et menaçait de me quitter chaque fois que je craquais et recommençais à manger. Les gars ne peuvent pas être anorexiques, non ? Et certainement pas un joueur de football. Alors, quand je me suis évanoui au milieu de la classe, c'est ce que je me suis dit. C'est ce que j'ai dit à mon meilleur ami quand il est venu me rendre visite à l'hôpital. C'est lui qui m'a convaincu de me faire suivre. Il m'a écouté sur ma relation toxique – quelque chose que mes parents et mes autres amis n'écoutaient absolument pas parce que "les mecs ne se font pas maltraiter". J'ai trouvé l'aide dont j'avais besoin, cette relation est terminée depuis trois ans, et je suis heureux de dire que je suis en bonne santé maintenant.»— Sam
Hokyoung Kim for BuzzFeed News

«Je jouais au football américain pendant mes années de lycée, j'étais donc athlétique et en bonne forme. Ni musclé, ni rien, mais pas maladif. Pour ma petite amie de l'époque, ce n'était pas suffisant. Ça a commencé petit à petit, lorsqu'elle a dit à quel point les autres gars de l'équipe étaient musclés et que leurs copines s'en vantaient. Voulant être un bon petit ami, je me suis mis à faire davantage de sport, et à mieux manger. Je progressais graduellement, mais ce n'était pas suffisant pour elle.

Elle avait l'habitude de me réprimander et de me traiter d'idiot en me rabaissant à chaque fois que l'occasion se présentait pendant deux ans. Alors, quand elle me traitait de gros, quand elle me disait que je la décevais, j'avais le cœur brisé. Je n'ai pas rompu avec elle, je n'ai pas cherché d'aide. J'ai fait du sport constamment. Chaque minute de libre, je la dédiais à l'exercice physique. Et j'ai complètement arrêté de manger. Elle m'avait convaincu que je n'étais pas sain et menaçait de me quitter chaque fois que je craquais et recommençais à manger. Les gars ne peuvent pas être anorexiques, non ? Et certainement pas un joueur de football. Alors, quand je me suis évanoui au milieu de la classe, c'est ce que je me suis dit. C'est ce que j'ai dit à mon meilleur ami quand il est venu me rendre visite à l'hôpital. C'est lui qui m'a convaincu de me faire suivre. Il m'a écouté sur ma relation toxique – quelque chose que mes parents et mes autres amis n'écoutaient absolument pas parce que "les mecs ne se font pas maltraiter".

J'ai trouvé l'aide dont j'avais besoin, cette relation est terminée depuis trois ans, et je suis heureux de dire que je suis en bonne santé maintenant.»

— Sam

16. «M'arrive-t-il parfois de trop manger, peut-être même au point où c'est considéré comme un excès ? Oui. Mais c'est extrêmement rare et je sais qu'il y a tellement plus important dans la vie que remplir mon estomac.»

«Pour moi, les problèmes ont vraiment commencé aux premiers commentaires positifs. J'avais toujours été un peu en surpoids et lorsque j'ai commencé à manger en faisant attention, ça a marché et j'ai commencé à perdre du poids. Les gens l'ont remarqué, et leurs compliments se sont transformés en addiction. J'aimais entendre des choses du genre "Tu as minci, non ?" et "Tu es magnifique maintenant !" Si bien que je me suis efforcé de continuer à changer mon apparence. Je me disais que ce que je faisais était sain et était pour mon bien. Je ne sautais pas de repas, mes parents n'étaient donc pas trop inquiets. Cependant, mon obsession pour le sport et mes calculs de calories ont entraîné nettement moins de consommation calorique que ce dont j'avais besoin en tant qu'adolescent de 16 ans. Je ne m'en étais pas rendu compte à l'époque, mais mes habitudes ont commencé à avoir un impact sur toute ma vie. Mes séances de sport, qui au début semblaient être quelque chose de tout à fait positif pour mon corps et mon esprit, s'étaient transformées en une guerre contre mon corps pour brûler autant de calories que possible. Finalement, je me suis rendu compte que j'avais un problème, mais cela n'a pas changé mes habitudes pour autant. Je disais aux gens que j'essayais de prendre du poids, mais j'étais tellement inquiet à l'idée de reprendre toute cette graisse que je n'essayais tout simplement pas.

Puis j'ai commencé à m'empiffrer. Il y avait des nuits où je revenais chez moi et, le reste de la famille étant endormie, je mangeais tout ce que je voyais, en particulier les aliments que j'avais refoulés si religieusement les années précédentes. Après chaque excès, je fondais en larmes, me détestant pour ce que je venais de faire. Le plus souvent, mes pleurs réveillaient un parent qui essayait de me consoler en me disant que c'était probablement mon corps qui essayait de récupérer ce qu'il avait perdu. Ce n'est que lorsque je me suis fait suivre par un psychiatre que j'ai réalisé qu'ils avaient grandement raison. Grâce à leur amour et à leur soutien, je peux dire avec plaisir que je me suis presque complètement rétabli. M'arrive-t-il parfois de trop manger, peut-être même au point où c'est considéré comme un excès ? Oui. Mais c'est extrêmement rare et je sais qu'il y a tellement plus important dans la vie que remplir mon estomac.»

— Jacob

Ce post a été traduit de l'anglais.