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7 choses que vous apprenez lorsque vous avez un cancer du sein à 26 ans

Voici ce qui s'est passé lorsqu'on m'a diagnostiqué un cancer du sein à 26 ans.

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1. Vous perdez toute notion de pudeur en ce qui concerne vos seins.

La première fois que je suis allée voir un médecin à propos de la bosse qui était apparue dans mon sein droit, j'étais mal à l'aise en me déshabillant devant un inconnu. J'avais tous les complexes physiques d'une femme lambda de 26 ans. Je me sentais exposée. Un parfait inconnu observait ma poitrine nue et mon ventre mou. J'ai ri pour faire passer ce moment embarrassant, tout à coup, j'étais beaucoup moins stressée au sujet de la masse mystérieuse que ma main avait effleurée sous la douche quelques jours plus tôt.

La deuxième fois que j'ai sorti mes seins devant un inconnu, un chirurgien de l'unité de sénologie de l'hôpital, j'étais toujours aussi nerveuse à l'idée de me retrouver nue plutôt qu'à propos de cette bosse et de ce qu'elle pouvait être. Avant tout cela, j'aurais pu compter sur les doigts d'une main les personnes qui avaient vu ma poitrine nue dans toute sa gloire.

Je savais que j'avais un cancer la quatrième fois que j'ai sorti mes seins devant un inconnu. On me l'avait annoncé quelques jours plus tôt, et cette fois-ci, je me suis retrouvée face à un appareil à mammographie. Cette fois-ci, je m'en fichais bien que les gens voient mes seins. Ce n'était plus de l'exploration. C'était réel. C'était devenu très sérieux.

Ces temps-ci, j'ai tellement l'habitude d'être palpée et tâtée que je sors mes seins sans même qu'on me le demande. Non, Alice. L'infirmière qui te fait tes vaccins pour partir en voyage n'a PAS besoin d'examiner tes seins. Garde ton haut.

2. Vous arrêtez de vous inquiéter pour les petites choses (la plupart du temps).

Je sais que ça semble très cliché, mais quand on vous diagnostique un cancer, vous commencez à voir le monde différemment. À partir du moment où on m'a dit que j'avais des cellules cancéreuses logées dans mon sein qui essayaient de me tuer, ma vision des choses a changé. Je n'étais plus stressée par le boulot, et j'ai cessé d'essayer d'être la personne que je pensais, ou que la société pensait, que je devais être. J'ai arrêté de me préoccuper de mon apparence. De mon poids. De la longueur de mes jambes. Je n'étais plus concentrée sur le fait d'être une bonne amie, fille, petite copine, employée, ou citoyenne. Je devais me concentrer sur le fait de survivre.

Face à ma mortalité, les soucis sur lesquels je n'avais aucune emprise se sont éclipsés, remplacés par de nouveaux soucis. Des soucis concernant les risques chirurgicaux. Ou concernant l'hygiène pendant la chimio. Des décisions devaient être prises concernant mon programme de soins. Est-ce que je voulais la chimio en premier, ou la chirurgie? Est-ce que je voulais un traitement de fertilité? (Réponse: non je ne voulais PAS d'un fichu traitement de fertilité, mais je l'ai fait pour la Future Alice, même si je ne pense pas qu'elle voudra d'enfant). Est-ce que je voulais une tumorectomie ou une mastectomie? Est-ce que je voulais une radiothérapie pour avoir les meilleurs taux de réduction de récidive? Le traitement marcherait-il? Le cancer reviendrait-il?

Pour la première fois de ma vie, je suis devenue ma propre priorité. Je n'avais pas le temps, l'énergie, ou la place pour m'occuper de ce que faisaient mes cheveux. De toute façon, ils allaient bientôt tomber.

3. Vous serez plus fort-e que vous n'auriez jamais pu l'imaginer.

Georgia Devey Smith / Via georgiadeveysmith.com

Je vis avec la dépression. C'est le cas depuis des années. Je prends des cachets pour faire face aux moments sombres. Parfois, je visite des endroits très noirs de mon esprit. Le genre d'endroit où je ne veux pas aller, et parfois ce sont des endroits d'où je ne suis pas sûre de revenir.

Donc quand on m'a dit les mots «cancer du sein», je n'étais pas sûre d'avoir la force mentale pour faire face à ce qui m'attendait. Il y avait des moments où je n'avais que l'énergie d'être une épave faible, larmoyante, mais dans l'ensemble je me suis assez surprise.

Certains appellent ça du courage. Certaines personnes ont dit que j'étais une source d'inspiration. Je sais que c'était juste de l'entêtement et de la hargne. Je n'allais pas laisser mon sein me tuer, et je n'allais pas le laisser m'empêcher de vivre pendant que je subissais ce traitement infernal.

La période après mon diagnostic avait été la plus dure de toute ma vie. Mais j'étais constamment surprise par la force que j'avais au fond de moi. Même quand je touchais le fond –et croyez-moi, il y a des fois où j'ai pensé à abandonner– curieusement, j'arrivais à me sortir du lit, même si je n'arrivais que jusqu'au salon.

Mais je ne suis pas sûre de pouvoir entièrement m'attribuer ce mérite...

4. Vos proches vous sauveront la vie.

J'ai rapidement appris que certaines personnes allaient me décevoir. Il y a des gens qui n'ont pas été là autant que je l'aurais espéré. Certaines personnes ont battu en retraite pour se protéger eux-mêmes. Je comprends. Je comprends complètement.

Puis, il y a les gens qui sont devenus mes héros. Ceux qui m'ont amenée à mes rendez-vous à l'hôpital quand je ne pouvais pas y arriver seule. Ceux qui m'ont appelée quasiment tous les jours pour prendre des nouvelles. Ceux qui m'ont traitée comme moi-même. Ceux qui ne me donnaient pas le «regard du cancer» (grimace sombre, yeux larmoyants, tête légèrement penchée à gauche). Ceux qui ont compris que bien que mon traitement soit terminé, le cancer n'est jamais vraiment terminé. Ceux qui m'ont invitée au restaurant après avoir passé cinq jours à l'hôpital. Ceux qui n'ont pas peur lorsque je leur dis que je suis émotionnellement, physiquement, et mentalement à bout après le traitement. Ceux qui se rendent compte je sors à peine d'une zone de guerre.

Mes proches m'ont sauvée. Me sauve. Mon mari, mes parents, ma famille, mes amis –ils ont tous participé comme jamais je ne l'aurais imaginé. Ma reconnaissance envers eux est sans fin. C'est un autre cliché, mais c'est vrai que vous découvrez quelles personnes sont importantes en temps de crise.

5. Vous vous sentez proche de n'importe qui ayant vécu quelque cancer que ce soit.

Alice Purkiss

Le cancer est une maladie cruelle, qui frappe au hasard et qui s'insinue chaque jour dans la vie de beaucoup de personnes à travers le monde. J'étais si chanceuse avant de tomber malade. Ma famille était globalement en bonne santé. Nous n'avions jamais été touchés par un cancer, donc je ne savais pas grand-chose à ce sujet.

Les gens qui ont un cancer forment une espèce de tribu. Il existe une entente qui est difficile à expliquer à quelqu'un qui n'a pas subi de traitement. Il existe une camaraderie, une connaissance, et une empathie qui sont impossibles à recréer, et que vous espérez que vos proches ne connaîtront jamais.

J'ai tellement de chance d'avoir rencontré des personnes incroyables pendant les voyages que j'ai faits à cause du cancer. Des filles du Boob Gang avec qui j'ai subi le traitement, au CoppaFeel! Boobettes qui ont pour mission de nous apprendre à aimer nos seins, les mannequins superbement courageuses et merveilleuses avec qui j'ai marché pendant le défilé de mode «Breast Cancer Care», et les femmes récemment diagnostiquées qui tombent sur mon blog et m'écrivent chaque semaine.

Mais cette tribu ne se limite pas au type de cancer que vous avez. Je connais des gens qui ont eu un lymphome ou un cancer des ovaires et même si leur expérience est différente, je les «comprends». Et je sais que, de la même manière, ces personnes «comprennent» le cancer du sein.

Nous sommes tous unis par l'une des pires expériences humaines possibles. C'est une chose horrible qui nous unit. Mais c'est un lien extrêmement spécial.

6. Le cancer du sein n'est pas simplement une maladie pour personnes âgées.

J'étais tellement naïve quand j'ai découvert la bosse.

J'avais un vague sentiment que les jeunes femmes pouvaient avoir un cancer du sein, mais je n'avais jamais envisagé que ça puisse m'arriver. Même lorsque j'ai découvert la bosse, même quand mes ganglions étaient gonflés, même quand le visage de la radiologue a changé, lorsqu'elle examinait la masse sur son écran, même quand ils m'ont planté une aiguille à biopsie dans le sein, je ne pensais pas que ça puisse m'arriver.

Selon «Breast Cancer Care», environ 5000 femmes âgées de moins de 45 ans sont diagnostiquées d'un cancer du sein chaque année. Le nombre de ces femmes âgées de moins de 30 ans est minuscule. Heureusement, j'avais l'habitude de vérifier régulièrement, donc j'ai trouvé la bosse tôt. Mais bien qu'il était petit lorsqu'il a été retiré, le cancer était agressif et grandissait rapidement. J'ai aussi été extrêmement chanceuse parce que le système de santé britannique a fonctionné pour moi comme une machine bien huilée, on m'a fait faire tous les examens nécessaires, bien que mon âge faisait qu'il était fort improbable que ce soit un cancer. Si mon cancer n'avait pas été détecté si tôt, j'aurais pu faire face à un scénario bien différent de celui que j'ai connu, à savoir qu'il était possible de soigner mon cancer et que celui-ci est parti, du moins pour l'instant.

C'est pour ça que j'insiste sur les seins tout le temps, et que j'encourage toutes les personnes à vérifier leurs seins et tout le reste. Connaître votre corps pourrait vous sauver la vie. Connaître mon corps a sûrement sauvé la mienne.

7. Vous trouverez de l'humour dans les moments les plus sombres.

Alice Purkiss

C'est dur de comprendre avant de le vivre, mais des choses vraiment, vraiment drôles arrivent lorsque vous êtes en traitement pour un cancer à 26 ans. Bien évidemment, ça ne veut pas dire que j'ai ri à chaque minute de chaque jour pendant les neuf mois de mon traitement. Évidemment. Mais il y a des fois où j'ai ri plus que jamais auparavant.

J'ai été obligée de couper les oignons avec des lunettes de soleil lorsque mes cils ont disparu. Un jour, je regardais la télé quand je me suis rendue compte que j'étais le portrait craché de Gregg Wallace. J'ai vomi dans un bac de recyclage, et j'ai eu peur que l'hôpital reçoive une amende. Encore aujourd'hui, on rigole à propos du sandwich que le chirurgien a mangé avant de m'enlever mon sein. Quand mon mari m'a mis ma perruque. Peut-être que vous auriez dû y être. Mais pour chaque moment de pleurs et de rage, j'ai aussi ri, et j'en ris encore.

Alistair Barrie, qui a écrit le spectacle humoristique No More Stage 3 à propos du cancer du sein de sa femme, a tapé dans le mille en disant: «Si vous arrêtez de rire, vous ne vivez plus. Si vous ne vivez plus, le cancer a gagné.»

Si vous voulez en savoir plus sur mon expérience, j'ai un blog ici.

Ce post a été traduit de l'anglais.

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