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20 choses qui peuvent vous aider quand vous déprimez à cause de la dysphorie du genre

Parfois, ce sont les choses simples qui vous aident le plus.

Publié le

Les sentiments de malaise qui accompagnent la «dysphorie du genre» peuvent vraiment pourrir votre vie au quotidien, à tel point que même des tâches simples peuvent vous sembler impossibles. Le terme de «dysphorie du genre», qui est utilisé dans le DSM (le manuel américain de diagnostique et statistique des troubles mentaux, utilisé par les psychiatres partout dans le monde), est contesté pour son aspect pathologisant. Faute de meilleur terme, il est utilisé dans cet article traduit du BuzzFeed américain pour décrire un état où une personne éprouve un inconfort ou une détresse dus au fait que le genre qui lui a été assigné à la naissance ne correspond pas à l’identité de genre qu’elle ressent. Quand votre corps et votre esprit ne s’accordent pas, il est facile de se sentir plutôt déprimé-e.

Nous avons demandé aux gens de nous dire ce qu'ils faisaient pour se sentir mieux quand ils se sentaient sérieusement déprimés à cause de leur «dysphorie». Voici ce qu'ils ont dit:

1. Échappez-vous grâce à vos chansons préférées.

«Quand ma dysphorie vient me tourmenter, je sors ma guitare et je joue de la musique. Parfois, je joue ma propre musique, celle que j'ai composée. La plupart du temps, je reprends des chansons. Quand je joue, je me transporte dans mon propre univers, où il n'y a que mon esprit, mes mains et ma guitare. Je m'échappe dans un tout petit endroit de mon cerveau et je le remplis de musique.»

—Anonyme

2. Arrêtez-vous un instant pour dire quelque chose de positif sur les aspects de votre corps que vous aimez.

«Je suis non binaire, mais le genre masculin m'a été assigné à la naissance. Chaque fois que je ressens de la dysphorie, je mets de la musique et je laisse mon esprit faire le vide. J'ai aussi découvert que ça m'aide de dire, à voix haute, que mon corps ne définit pas mon genre et de pointer du doigt les aspects de mon corps qui me plaisent. Ce n'est pas parce que j'ai de grandes mains que je suis de sexe masculin. Et je sais que j'adore mes yeux. Je dois me rappeler qu'il y a encore des choses positives à dire au sujet de mon corps.

Une autre solution pour moi est de parler à l'un de mes amis proches. Ils savent que parfois je me sens mal dans ma peau, et ils peuvent me redonner confiance en moi en me disant que je suis quelqu'un de remarquable à 100% même si mon corps ne correspond pas tout à fait à ce que je ressens ce jour-là.

—Anonyme

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3. Faites plein de câlins à un ami à quatre pattes.

«Je suis non binaire. Je fais face à la dysphorie de plusieurs manières, [comme] porter une tenue qui me va bien (ça me redonne une grande confiance en moi) et écouter des chansons que j'accompagne en chantant. J'aime aussi les tâches répétitives, comme ranger les CD et les livres par ordre alphabétique ou faire des bracelets. Je m'échappe de mes pensées, et ça m'aide à passer à autre chose. Assez souvent par contre, je me laisse submerger, et dans ces cas-là, il suffit parfois de verser quelques larmes et de dormir un peu pour faire passer. Ah oui, et de faire des câlins à un ami à quatre pattes. Ces amis-là n'ont que faire de votre genre. Je n'ai jamais connu de ma vie un chien transphobe.»

—Anonyme

4. Prenez du bon temps avec des vêtements confortables, votre maquillage préféré et beaucoup de chocolat.

«Je ressens de la dysphorie du genre depuis bien plus longtemps que ma découverte de ma non-binarité mais je ne savais juste pas comment le décrire. Certains jours, j'arrive à le contrôler. Mais à d'autres moments, c'est impossible. J'en viens à me détester, mais ce n'est pas trop pesant la plupart du temps. Pour me sentir mieux, je porte des vêtements confortables, je me maquille et je m'imagine comme la personne qui est réellement enfouie en moi. Le chocolat est aussi un remède miracle ;)»

M.

5. Trouvez quelqu'un que vous admirez —si ce n'est pas dans la vraie vie, alors sur YouTube!

«Ma meilleure parade contre la dysphorie est d'écouter de la musique douce indie pop ou de regarder des youtubeurs comme Uppercasechase, qui est un gars trans qui est arrivé presque au bout de sa transition. Voir des personnes trans qui sont arrivées presque au bout de leur transition me donne l'espoir que tout va bien se passer. Regarder des youtubeurs qui sont trans et qui en parlent me rassure que je ne suis pas seul et m'enlève l'impression que je suis le seul à ressentir ces émotions. C'est vraiment rassurant de savoir qu'on n'est pas tout seul.»

Arthur

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6. Rappelez-vous le passé pour apprécier le chemin parcouru.

«En tant que mec trans qui prend de la testostérone depuis huit mois, ça m'aide vraiment de jeter un œil sur des vieilles photos du temps où je n'étais qu'au début de mon périple et de me rendre compte du chemin parcouru. Ça me donne plein de frissons, mais elles me rassurent certainement sur là où j'en suis.»

—Jamie

7. Faites. Tout. Ralentir.

«Il y a plus ou moins un an, je n'aurais sans doute pas su ce qu'était la dysphorie. Eh bien, maintenant, je le sais, et je le vis de temps en temps. Ça peut conduire à l'automutilation ou à des crises d'angoisse, donc ce n'est pas vraiment drôle. J'arrive à survivre à mes mauvais jours en essayant de parler plus lentement et plus doucement, car en général cela me donne une voix un peu plus grave. Je laisse mon esprit vagabonder au son de mes musiques préférées, et parfois j'essaie d'en parler à des amis qui seraient susceptibles d'avoir le même ressenti.»

—Nate

8. Entourez-vous de personnes qui comprennent ou qui pourraient éprouver les mêmes choses.

«Le combat est un véritable enfer, surtout dans mon cas et dans de nombreux autres cas de personnes au lycée, des années difficiles pour tout le monde –s'interroger sur son véritable genre, ou assumer son choix de genre peut vraiment être difficile. Plus que tout, éviter le harcèlement [peut être difficile]. Mais ce que j'aime faire est m'entourer d'amis qui vivent en gros des situations similaires et qui essaient aussi de donner du sens à leur sexualité et à leur genre. Si les choses continuent d'empirer, je conseille vivement une couverture douillette, un bureau sous lequel se cacher, quelques films qu'on aime bien, des livres ou des mélodies sympas. Et quelques bonbons et d'autres petits plaisirs à grignoter peuvent aussi aider.»

—Anonyme

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9. Restez concentré-e sur les choses incroyables que peut faire votre corps, au lieu de ce à quoi il ressemble.

«Je suis une femme trans mais je n'ai jamais ressenti de dysphorie corporelle, que ce soit avant ou après ma transition. Je le dois en grande partie au fait que j'ai longtemps pratiqué la danse contemporaine, qui gravite bien plus autour de ce que le corps peut faire et non de ce à quoi il ressemble. Je savais donc que je voulais être une femme, mais je n'étais pas chargée du fardeau de l'image du corps qui vient avec. J'adore être cette femme puissante et athlétique dont le corps ne répond pas aux standards de la beauté idéalisée. De toute façon, je sais que peu de corps y répondent.»

—Meredith Talusan

10. Faites une pause.

«Je suis un gars trans, avant tout, et je m'appelle Emmett. Je me sens dysphorique en général, mais certains jours sont pires que d'autres. Les mauvais jours, qui sont généralement liés au fait qu'on s'est beaucoup trompé sur mon genre ou que mes règles ont démarré, je parle avec ma meilleure amie et elle m'appelle «mec» ou «monsieur» et elle fait des commentaires sur ma masculinité. Je bande aussi ma poitrine, et parfois je bourre mon caleçon avec une chaussette que j'y épingle. J'ai aussi tendance à faire du thé, parler avec une voix plus grave, et porter des vêtements d'homme quand je me sens dysphorique. Une de mes meilleures parades est de faire des pauses et faire en sorte de ne rien faire qui pourrait être dangereux.»

—Emmett

11. Déversez vos émotions dans un cahier ou un blog.

«J'écris. Pour faire cesser les hurlements dans ma tête, je mets tout par écrit. Alors, ça devient moins réel, ça arrête d'être des émotions qui consument tout pour ne devenir que des mots.»

Kaleb

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12. Trouvez quel type de tenue vous remonte le moral et n'hésitez pas à les porter et à les assumer.

«En tant que personne qui ne se reconnaît pas dans un genre particulier, mon image corporelle fluctue régulièrement. Parfois je me sens fem et parfois je me sens butch. Il y aussi des moments où je me sens un peu piégée, comme lors d'événements mondains quand on s'attend à ce que je sois une femme et que je n'en ai pas envie, comme à des mariages ou à des entretiens formels. À ces occasions, j'essaie en général de porter au moins un vêtement ou un accessoire qui à mon avis ne se conforme pas aux standards binaires de genre, comme un collier que je trouve plutôt masculin, ou un caleçon sous ma robe. Comme ça, je me sens toujours queer même s'il y a des moments où je ne suis pas à l'aise avec le fait d'être vue de cette manière.»

—Anonyme

13. Échappez-vous sous une longue douche pour vous détendre.

«Je suis queer et je ressens beaucoup de dysphorie au moment de mes règles [...] mais j'essaie de me refroidir le plus possible (en ouvrant une fenêtre, en enlevant tous mes vêtements) avant de prendre une douche ou un bain brûlant et de me débarrasser de tout le froid.

Je mets aussi mon sweat à capuche quand je vais mal et ça me réconforte de me sentir bien au chaud.»

Karen

14. Et faites en sorte que la douche soit bien chaude!

«Chaque fois que je me sens dysphorique, même les choses simples comme me doucher deviennent difficiles... Donc ce que je fais, avant même d'enlever mes vêtements, est de faire couler de l'eau très chaude pour que tous les miroirs soient couverts de buée, et je peux alors me doucher et m'habiller sans voir mon reflet.»

Aleksander

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15. Rappelez-vous d'être moins exigeant-e avec vous-même et avec votre image personnelle.

«Les jours où je me sens particulèrement dysphorique, j'ai tendance à parcourir des photos qui montrent la diversité des corps de personnes cisgenres pour que je puisse me rendre compte que même si certaines parties de mon corps ne semblent pas m'appartenir, personne d'autre ne le remarquerait. Je pense que tous ceux qui ressentent de la dysphorie doivent se rendre compte que la perception qu'ils ont d'eux-mêmes est assez souvent très déformée.»

—Evander Ribton-Turner

16. Recopiez ces étapes et répétez-les aussi souvent que nécessaire.

«Si vous ressentez de la dysphorie en ce moment...

1. Prenez une profonde inspiration.

Détendez-vous, laissez-vous avoir les idées claires.

2. Soyez confiant-e.

Un jour, tout ça sera derrière vous. On est déprimé quand on ne se voit aucun avenir, mais je promets qu'il existe bien.

3. Exprimez ce que vous ressentez.

Si vous avez besoin de dessiner, d'écrire, de faire du sport: faites-le! Trouvez quelque chose qui vous plaît, et laissez exprimer toutes vos émotions en le faisant.

4. Parlez.

Parlez de comment vous vous sentez, à un-e ami-e ou même à vous-même! (Non, vous n'êtes pas en train de devenir fou.) Parlez: vous devez exprimer comment vous vous sentez, ce que vous ressentez, et vous donner des objectifs.

5. Comprenez ce que vous ressentez.

Écoutez-vous et comprenez exactement ce que vous ressentez. En tant qu'humains, nous avons tous des objectifs et des endroits dans nos vies où l'on aimerait être. Ne vous sentez pas seul-e.

6. Rappelez-vous que vous êtes important-e.

Vos épreuves et vos combats dans la vie sont là pour vous rendre plus fort. Vous avez franchi tous les obstacles jusqu'ici. Vous l'avez fait, soyez-en fier-e. Aimez-vous. Vous êtes courageux-se, vous êtes magnifique, et vous êtes important-e.»

Travis

17. Construisez un royaume de couvertures et un monde de la douceur!

«Quand je me fais ensevelir par la dysphorie de genre, j'ai tendance à me cacher dans ma chambre sous une montagne de couvertures en espérant que ça va disparaître. Ou alors, je porte un jean et des sweats amples pour cacher mes formes —ce qui, de toute évidence, n'est pas l'idée la plus futée quand on vit en Californie. Mais il faut vraiment être bienveillant-e avec soi-même pendant ces moments. Vous êtes toujours vous, vous avez le droit de vous sentir comme ça et d'exister. Même si votre corps ne ressemble pas à ce que vous ou la société aimerait qu'il ressemble, il est toujours magnifique, et c'est le vôtre.»

—Anonyme

18. Évacuez tout ça en transpirant dans la salle de sport.

«J'ai été en surpoids presque toute ma vie, mais surtout après la puberté. Ça a été difficile, car notre société n'est pas tendre envers les personnes qui ne se conforment pas aux standards de beauté. Je me bats souvent contre cette impression de ne pas être assez bien, de ne pas être assez beau, et juste... assez, en plus de cette dysphorie. Cette année, j'ai commencé à m'occuper de moi. Investir en moi, c'est investir dans mon travail! J'ai trouvé qu'une nourriture saine et de l'exercice physique a beaucoup aidé. Je suis de meilleure humeur, je me sens en meilleure santé, et je ne m'étais jamais vraiment senti capable de le faire, mais maintenant je sais que je le peux.»

—Rhys

19. Évitez des endroits ou des personnes qui vous plombent le moral.

«Si ça fait un moment que vous vous sentez dysphorique, passez une journée habillé-e en stéréotype de votre genre biologique. Vous vous sentirez très mal toute la journée, mais le lendemain, quand vous vous habillerez selon votre vrai genre, sera incroyable. Évitez les endroits et les personnes transphobes autant que possible (certains amis, les commentaires sur YouTube en général) et allez sur des sites qui vous comprennent et qui vous soutiennent dans ce que vous ressentez (Tumblr, sites sûrs). Si une activité particulière diminue votre dysphorie (se raser, se coiffer avec du gel), faites-le!»

—Anonyme

20. Rappelez-vous que vous avez le droit de ressentir cette douleur, mais ne la laissez pas vous envahir.

«Je me sens dysphorique depuis des années, et c'est loin d'être une partie de plaisir. Mais il y a de nombreuses méthodes que j'utilise pour me remonter le moral! Parfois, je m'habille avec LA tenue qui a un look parfait. Je fais une liste de toutes les choses que j'aime en moi. Il m'arrive de regarder ce nouvel épisode que je voulais voir! Je fais toujours quelque chose qui me plaît: cette petite distraction peut me libérer de cette douleur qu'est la dysphorie du genre. La chose la plus importante? Savoir que vous avez le droit de ressentir cette douleur et que vous êtes magnifique et extraordinaire.»

—Anonyme