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Régionales: pourquoi il faut se méfier des sondages du second tour

Difficile de s'essayer aux prédictions dans l'agitation de l'entre-deux tours.

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Marion Maréchal-Le Pen et Marine Le Pen seraient battues par la droite au deuxième tour des régionales, selon deux sondages TNS Sofres-OnePoint pour Le Figaro et LCI publiés mercredi.

Valery Hache / AFP / Getty Images

Dans la région PACA, Christian Estrosi est donné gagnant avec 54% contre 46% pour Marion Maréchal-Le Pen.

Le sondage a été réalisé lundi 7 et mardi 8 décembre auprès de 803 personnes, selon la méthode des quotas.

En région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Xavier Bertrand est donné gagnant à 53% contre 47% pour Marine Le Pen.

Le sondage a été réalisé lundi 7 et mardi 8 décembre auprès de 805 personnes, selon la méthode des quotas.

D'autres sondages publiés avant le premier tour de l'élection donnaient plutôt l'avantage aux candidates du Front national. Alors, à qui se fier?

1. Plutôt aux sondages réalisés entre les deux tours qu'avant le premier tour.

En principe, les sondages réalisés avant le premier tour permettent difficilement de se projeter dans le second. Notamment parce que «les alliances éventuelles de second tour ne peuvent être prédites sans erreur», comme le rappelle Libération dans son guide sur les sondages.

Ici, les sondages qui créditent les candidates FN d'un nombre d'intentions de vote inférieur à ceux des Républicains s'inscrivent donc dans un contexte plus lisible que les précédents.

Autre donnée à prendre en compte: entre 12 et 13% des sondés n'ont pas exprimé d'intention de vote dans ces sondages, ce qui rajoute un facteur d'incertitude.

2. Attention aux marges d'erreur.

Si l'on prend l'étude publiée par Le Figaro mercredi, les écarts restent relativement serrés en PACA et en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Or, pour un échantillon de 800 personnes environ et un niveau de voix entre 40 et 60% «l'intervalle de confiance» ou marge d'erreur du sondage d'environ 3,5 points.

Concrètement, Xavier Bertrand est donné à 53% face à Marine Le Pen, mais avec une marge de plus ou moins 3,5 points. Son score estimé peut donc se situer entre 49,5% et 56,5%.

En suivant le même raisonnement, Christian Estrosi se situerait lui entre 50,5 et 57,5% des intentions de vote.

Cette précaution est encore plus vraie pour un troisième sondage publié par Elabe mercredi concernant l'Île-de-France, qui donne Valérie Pécresse (41%) et Claude Bartolone (41,5%) au coude-à-coude. Dans ce cas de figure, la marge d'erreur rend l'interprétation du sondage encore plus hasardeuse.

3. Attention aux études isolées.

Les sondages publiés mercredi sont les premiers de l'entre-deux tours. Or, il est toujours hasardeux de se baser sur une seule prévision. «Les sondages pris isolément ont une fiabilité moindre, des sondages politiques donnant des résultats similaires sur une longue période sont beaucoup plus crédibles», explique Le Monde dans un article dédié.

Il faut également garder en tête qu'«une enquête d'intentions de vote n'est pas un outil de prédiction des résultats de l'élection. Elle permet d'évaluer à un instant "T", au moment de l'enquête, le rapport de force», expliquait le sondeur Yves-Marie Cann à L'Express en 2012.

Plus que de mesurer le niveau exact d'intention de vote d'un candidat, des sondages répétés peuvent faire apparaître une dynamique dans un sens ou un autre.

Fait rassurant pour Christian Estrosi: un deuxième sondage réalisé par Odoxa pour BFM TV et Le Parisien le donne également gagnant, cette fois avec 52% des voix contre 48% -si vous suivez, vous aurez néanmoins remarqué que cela reste dans la marge d'erreur.

4. Un contexte particulier.

«Notre enquête montre qu'à ce moment de la semaine d'entre deux tours, les électeurs de gauche sont très décidés à voter Estrosi», dit Emmanuel Rivière, directeur stratégies opinion de TNS Sofres, au Figaro.

«Mais il faut être prudent car ce type de sondage est plus volatile qu'un sondage d'avant premier tour, car on mesure un comportement à contrecœur pour certains alors qu'avant le premier tour, les électeurs votent pour leur famille politique habituelle.»

En clair, le report des voix de la gauche vers les candidats des Républicains, condition à la défaite du Front national, reste à vérifier dans les urnes.

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Adrien Sénécat est journaliste chez BuzzFeed News France et travaille depuis Paris.

Contact Adrien Sénécat at adrien.senecat@buzzfeed.com.

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