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Leetchi, le Pot Commun: comment éviter les arnaques?

Pensés pour financer des cadeaux, les sites de cagnottes sont désormais envahis d'appels aux dons pour des causes. Comment ne pas se faire piéger?

Publié le

Les sites de cagnotte en ligne, comme Leetchi, le Pot Commun, Rue des cadeaux, Yoongo ou d'autres permettent de collecter de l'argent sur internet auprès des amis et des proches, pour un cadeau en commun par exemple.

Mais de plus en plus de personnes les utilisent pour collecter des fonds pour une bonne cause, auprès d'un public plus large.

Il peut s'agir d'aider quelqu'un dans le besoin, de financer une personne malade qui a des frais médicaux importants, de venir en aide à des animaux blessés, de faire un don à une association...
Capture écran Leetchi / Via leetchi.com

Il peut s'agir d'aider quelqu'un dans le besoin, de financer une personne malade qui a des frais médicaux importants, de venir en aide à des animaux blessés, de faire un don à une association...

Du côté de Leetchi, entreprise lancée en 2009, on explique que ces collectes publiques ont explosé depuis trois ans.

«Même si les cagnottes privées restent la majorité, les cagnottes publiques sont en plein boom» indique Benjamin Bianchet, le directeur marketing. A tel point que la plateforme a revu son service il y a deux ans, et permet désormais aux créateurs de cagnotte de décrire plus facilement leur projet, avec des photos et des vidéos, à des personnes qu'ils ne connaîtraient pas.

Ghislain Foucque, cofondateur du Pot Commun, indique lui que l'utilisation de ces cagnottes publiques «a explosé après les attentats de janvier 2015, et plus récemment les attentats de novembre».

https://www.leetchi.com/c/solidaritecharlie
https://www.lepotcommun.fr/pot/9lqzumhy
https://www.leetchi.com/c/obseques-de-hodda-et-sa-famille

«Les cagnottes ont beaucoup été utilisées pour venir en aide aux familles et ça a donné une visibilité à ce type de services.»

Le problème, c'est qu'il est souvent difficile de savoir, au premier abord, si l'on peut se fier ou non au créateur de la cagnotte. En cas d'arnaque, Leetchi et le Pot Commun disent fermer la cagnotte et rembourser les donateurs.

Les sites se veulent cependant rassurants. Le Pot commun évoque seulement deux ou trois cas depuis la création du site en 2011, tandis que du côté de Leetchi, leader du secteur, on parle d'une dizaine de cas par an.

Si on a un doute sur une cagnotte à laquelle on veut participer, comment être sûr-e qu'il ne s'agit pas, en réalité, d'un piège? Sur Leetchi, certains appels aux dons sont indiqués avec un macaron comme «vérifiés».

Capture écran Leetchi. / Via leetchi.com

Dans ces cas là, l'équipe a vérifié que la cagnotte était digne de confiance. Sur le Pot commun, une fonctionnalité équivalente sera mise en place dans le courant du premier trimestre 2016.

Les deux plateformes indiquent avoir des systèmes d'alertes, en interne, qui les préviennent si des cagnottes ont l'air suspectes. Il font alors un travail de vérification.

Mais, selon ces deux sociétés, il leur est impossible de vérifier, de manière systématique, tous les projets présentés sur leur site. C'est donc à l'internaute d'être vigilant.

«Il faut regarder l'aspect général de la cagnotte» conseille Benjamin Bianchet.

«Quand le projet est bien détaillé, que le contexte de l'histoire est clair, il y a moins de risque que cela soit une arnaque.»

Il faut également regarder les commentaires. «Si l'organisateur ne répond pas aux questions posées par les participants, c'est bizarre. Il ne faut pas non plus hésiter à poser soi-même une question», précise Ghislain Foucque.

Capture écran Leetchi / Via leetchi.com

Ce dernier conseille de regarder si le promoteur de la cagnotte a une page Facebook ou un blog.

«C'est un bon indicateur, cela permet de voir s'ils ont beaucoup de contacts qui ont suivi l'histoire, si leur compte existe depuis longtemps. Cela permet de vérifier l'authenticité de la cause pour laquelle le pot a été ouvert.»

Leetchi conseille également de regarder si la presse a parlé du projet.

Capture écran Var-Matin / Via archives.varmatin.com

«On retrouve souvent des articles dans la presse quotidienne régionale sur des cagnotte lancées suite à des faits divers. Cela permet de s'assurer que l'histoire est vraie», décrit Benjamin Bianchet.

Enfin, en cas de doute, il est possible de contacter le site hébergeant la cagnotte pour lui faire part de ses doutes, et prévenir qu'une histoire a l'air suspecte.

Marie Kirschen est journaliste chez BuzzFeed News, France, et travaille depuis Paris.

Contact Marie Kirschen at marie.kirschen@buzzfeed.com.

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