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Des hommes trans nous racontent ce qu'ils auraient aimé savoir avant de commencer la thérapie hormonale

«C'est la recherche de ce qui vous rend heureux.»

Publié le

Nous avons demandé aux membres transgenres de la Communauté BuzzFeed ce qu'ils auraient aimé savoir avant de commencer leur thérapie hormonale, qui peut s'avérer difficile.

Thinkstock

Le traitement hormonal substitutif, ou THS, est le procédé de prise d'hormones, que cette prise se fasse par voie orale ou par injection. Le fait de remplacer des hormones que votre corps ne produit plus en quantité suffisante, ou d'ajouter des hormones que votre corps ne produit pas du tout, est un traitement utilisé pour beaucoup de problèmes médicaux (la plupart du temps pour traiter la ménopause chez les femmes âgées).

Pour les personnes transgenres, c'est souvent la première étape médicale pour affirmer leur identité de genre. L'ajout d'hormones sexuelles — comme les œstrogènes, les anti-androgènes ou la testostérone — permettent à un individu de développer des caractéristiques physiques qui sont en accord avec le genre auquel il s'identifie.

Pour cet article, BuzzFeed a demandé l'aide du Dr Meera Shah du Centre de santé Callen-Lorde, à New York, et du Dr Asa Radix, qui dirige le service de recherche et d'éducation à Callen-Lorde.

Parlons du traitement à la testostérone (on avait déjà parlé des hormones féminisantes par ici). La testostérone augmente la masse musculaire, la pilosité faciale, et rend la voix plus grave.

20th Century Fox

D'après le docteur Shah, les effets complets de la testostérone mettent généralement un ou deux ans à apparaître. «Tout le monde n'a pas recours au THS au cours de leur transition, mais ça peut être nécessaire», explique-t-elle.

Voici ce que les membres de la Communauté BuzzFeed ont à dire sur le début du traitement à la testostérone :

1. Toutes les personnes qui prennent de la testostérone n'ont pas le même objectif en matière d'apparence masculine.

Instagram: @transylvanian

«Après avoir commencé la testostérone, j'ai essayé d'avoir un air très masculin. J'ai arrêté de porter du maquillage, j'ai teint mes cheveux en une couleur plus sombre, et j'ai commencé à porter des vêtements amples de garçon. Tout ce que j'ai fait, c'était me rendre triste d'une autre manière. Les vêtements et le maquillage n'ont pas de genre. Je suis toujours valide peu importe ce que je veux mettre. Je me sens mieux quand je suis juste moi.»

— Jess Winter, Facebook (photo ci-dessus)

2. La testostérone peut aussi affecter votre humeur et votre tempérament.

Twitter: @reIatabIe

«Beaucoup de gens pensent que les hormones n'apportent que des choses sympa comme une pilosité faciale, une redistribution de la graisse, de la confiance en soi, mais elles peuvent aussi perturber la paix dans votre esprit et votre entourage. J'aurais aimé mieux préparer ma petite amie et moi-même, pour ce changement dans mon comportement et ma personnalité. »

— Kelsey Lagman, Facebook

D'après le docteur Asa Radix, commencer un traitement hormonal provoque les mêmes changements physiques et émotionnels que ceux subis durant la puberté, donc les sautes d'humeur peuvent être assez communes. Une des manières de combattre les hausses et les baisses de niveau de testostérone est d'essayer la testostérone transdermique (des gels topiques) qui ont moins de chances de provoquer des changements d'humeurs aussi violents.

«Une autre option est de demander à votre médecin de vous prescrire une dose de testostérone plus faible chaque semaine au lieu de toutes les deux semaines pour stabiliser son niveau», explique Asa Radix.

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3. Il n'y a pas de chronologie universelle pour la transition. Votre corps peut ne pas changer aussi vite que celui d'une autre personne. Essayez de ne pas vous décourager.

instagram.com

«J'ai des amis dont la voix a changé après quelques jours de traitement, et pour moi, il a fallu entre cinq et six mois pour que ma voix s'aggrave. J'ai commencé à avoir plus de poils dans les premières semaines, et pour la plupart de mes amis, ça a pris plusieurs mois. Il n'y a vraiment pas de temps fixé sur lequel se baser.»

— Jude Ezra Goodman, Facebook

«C'est facile de regarder les autres pour comparer la progression du traitement mais ce n'est pas une course. C'est la recherche de ce qui vous rend heureux : trouver ce bonheur authentique en vous et vous y accrocher.»

– Jaek Avants, Facebook

«Le voyage de chacun est unique, donc ne vous découragez pas si les changements ont l'air de prendre plus de temps que prévu, continue le docteur Radix. Si vous avez des questions, sur les effets ou le dosage des hormones, vous devriez en parler avec votre médecin, il y a des chances pour que d'autres personnes aient déjà eu des inquiétudes similaires.»

4. Le changement de voix peut avoir des hauts et des bas douloureux — littéralement.

NBC / Via gifrific.com

«J'aurais aimé qu'on me dise que le changement de voix pouvait être douloureux. Je savais que les hormones provoquaient cette transition, mais par instinct je cherchais à prendre un ton plus aigu et ça me faisait très mal à la gorge. Pendant des mois je n'arrêtais pas de perdre ma voix et d'avoir des quintes de toux très douloureuses.»

— Gabriel Davies, Facebook

«Quand vous commencez la testostérone le larynx grandit», nous explique Asa Radix. «Ça peut provoquer une douleur intermittente à la gorge avant que la voix ne s'aggrave. Cette douleur peut apparaître et disparaître pendant plusieurs mois, voire une année. Heureusement, elle finit par s'en aller.»

5. Trouver le bon dosage peut s'avérer délicat, donc écoutez votre corps et soyez patient.

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«J'aurais aimé qu'on m'explique correctement ce que l'on ressentait avec un niveau de testostérone bas. Les médecins en parlaient comme d'une "légère fatigue" mais c'est le pire euphémisme possible. J'avais l'impression d'avoir 80 ans : mes osme faisaient mal, je n'arrivais pas à penser correctement, et j'étais tout le temps fatigué. Il a fallu des mois pour que mon médecin trouve la bonne dose et que je ne me sente plus comme ça à la fin de mon cycle d'injections.»

— Jake Hammel, Facebook

Le surdosage et le sous-dosage sont tous deux des problèmes, après tout, tout le monde est différent.

«Il est important d'avoir votre niveau de testostérone vérifié et votre dose ajustée», explique le docteur Radix.

6. C'est normal d'être un peu (ou beaucoup) intimidé à l'idée de s'injecter soi-même de la testostérone.

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«J'aurais aimé savoir que l'aiguille était énorme. Quand j'ai commencé la testostérone, j'ai choisi les injections parce que les piqûres ne m'avaient jamais dérangé avant donc j'imaginais qu'elles ne seraient pas grosses. J'avais tort. Elles étaient grosses, vraiment très grosses.»

alexbyrd997

«L'auto-injection fait peur à beaucoup de monde, assure le médecin Asa Radix. La testostérone peut être administrée de manière hypodermique (juste sous la peau) au lieu des muscles. C'est moins douloureux et beaucoup plus facile à faire.»

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8. Et vous voudrez sans doute manger tout le temps.

Nickelodeon

«J'aurais aimé savoir à quel point j'aurais faim dans les jours suivant les injections. Pendant deux ou trois jours après mon injection j'avais faim presque tout le temps et je pouvais manger une pizza entière et avoir faim une heure plus tard.»

— Chevy Whitson, Facebook

9. Pour info : quand la barbe pousse, ça pique BEAUCOUP.

Getty/Thinkstock

«En ce qui concerne le physique, j'aurais aimé savoir que la barbe pique beaucoup plus que ce que mes frères avaient l'air de montrer. Je n'étais pas prêt non plus à mon changement d'odeur corporelle.»

— Noah Rosvall, Facebook

10. N'ayez pas peur de poser des questions ! Demandez à votre médecin si vous remarquez quelque chose d'anormal, ils sauront s'il y a lieu de s'inquiéter ou pas.

Columbia Pictures

«Je suis trans, et j'aurais aimé qu'on me parle des saignement génitaux. C'est comme avoir encore ses règles — mis à part que ça dure des semaines et que c'est plus douloureux.»

— Marcosias Harland

D'après le Dr Radix, les saignement génitaux en dehors des règles chez les hommes sont à surveiller par un médecin.

«Les infections et les problèmes utérins doivent êtres exclus. Parfois ça peut venir de variations des niveaux d'hormones et il faut juste adapter la dose de testostérone ou qu'elle soit administrée plus souvent», explique Asa Radix.

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11. Le traitement hormonal substitutif ne règle pas tous les problèmes.

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«Dans de nombreux cas, une transition médicale peut améliorer la santé mentale d'une personne, parce qu'elle peut devenir physiquement la personne qu'elle a toujours été à l'intérieur. Mais ce n'est pas un traitement miracle. Si vous vous attendez à ce que le THS règle tous vos problèmes, vous allez être déçu.»

blackzephyr

12. Parfois, une discussion est le meilleur remède possible.

VH1 / Via vh1.tumblr.com

«Le THS n'est pas fait pour remplacer un traitement psychologique. Voir un spécialiste pour avoir un soutien est TOUJOURS une bonne idée. Vous n'en aurez peut-être pas besoin à long terme, mais c'est toujours une bonne idée de parler à quelqu'un pour vous aider.»

SinnerElla

13. Et, le plus important, essayez de vous aimer comme vous êtes.

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«Il y a beaucoup de choses que j'aurais aimé savoir. Ma transition a pris du temps, a été compliquée, mais elle fait partie de moi et de celui que je deviens. Je ne regrette absolument rien.»

alexbyrd997

Cet article a été traduit de l'anglais.