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Voici comment les femmes ont utilisé les réseaux sociaux en 2016 pour se battre pour leurs droits

Ces femmes ont refusé de se taire en 2016.

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En 2016, des femmes du monde entier n'ont pas hésité à demander la fin des violences sexuelles, de la culture du viol, du sexisme, du harcèlement et du féminicide, utilisant les réseaux sociaux pour dénoncer l'inégalité entre les hommes et les femmes dans leurs pays, mettre la pression sur leurs gouvernements pour changer les lois, et organiser des manifestations pour défendre ces causes.

De la Corée du Sud jusqu'au Mexique, en passant par la Turquie et l'Afrique du Sud, voici certains moments où les femmes ont utilisé internet cette année pour forcer le monde à écouter leurs voix, et pour montrer à tous qu'elles n'avaient rien à perdre.

1. #Canseliçinsusma: des femmes turques manifestent en l'hommage à une étudiante de 17 ans qui se serait suicidée après avoir été agressée sexuellement par un professeur.

En avril, des milliers de Turcs et de Turques ont investi les rues et les réseaux sociaux afin de réclamer justice pour une étudiante (appelée simplement Cansel K dans les médias locaux) qui se serait suicidée après avoir été sexuellement agressée par un professeur, dans la province anatolienne de Kayseri, au centre de la Turquie. De nombreux internautes ont changé leurs photos de profil pour afficher celle de Cansel et rappeler son meurtre au public.

D'après les militants, la jeune femme se serait plainte auprès de l'école de cette agression, accusant son administration de couvrir le crime.

Des Indiennes prennent la défense de Jisha, une étudiante en droit retrouvée morte en avril et dont le corps portait des traces de viol et de torture. D'après la police locale, Jisha aurait repoussé les avances sexuelles du suspect plus tôt le jour de sa mort.

Des femmes et des hommes de toute l'Inde ont réclamé justice pour Jisha et la fin de la violence envers les femmes, avec le hashtag #JusticeForJisha.

On a comparé cette attaque à celle de Jyoti Singh, la femme qui a été violée lors d'une tournante puis assassinée dans un bus de Delhi, en 2012.

#JusticeForJisha movement continuing in #kerala

En Indonésie, des femmes se sont manifestées après qu'une jeune fille de 14 ans (nommée Yuyun dans les médias locaux) a été violée et tuée par 14 jeunes hommes à Bengkulu, selon la police.

L'affaire n'avait que peu attiré l'attention des médias du pays avant que de nombreuses féministes indonésiennes en entendent parler et amplifient l'affaire, plusieurs semaines après le meurtre, utilisant le hashtag #NyalaUntukYuyun (ou «lumière pour Yuyun») et partageant des photos d'elles-mêmes tenant des bougies et des pancartes pour la jeune fille.

Au printemps, des dizaines de milliers de féministes mexicaines ont investi les rues et les réseaux sociaux pour protester contre les violences faites aux femmes, contre le sexisme et contre le harcèlement de rue.

Des femmes du pays ont accusé les autorités locales de ne rien faire pour traduire en justice les auteurs de violences envers des femmes. Les manifestations, décrites comme un «printemps violet», ont appelé les Mexicaines à s'élever contre les inégalités entre hommes et femmes.

#MiPrimerAcoso: testimonios contra el drama de la mujer en México https://t.co/VbfwZl0Ljf

En avril, des étudiantes de l'université de Rhodes, en Afrique du Sud, ont demandé au personnel de l'université de modifier la définition du viol dans sa politique sur les agressions sexuelles afin de protéger efficacement les victimes de ces violences.

La campagne a fait l'objet d'une controverse car elle aurait entraîné la publication d'une liste avec des noms d'auteurs présumés de harcèlement sexuel. Cependant, les militantes ont indiqué que leur message avec #RUReferenceList avait pour but de pousser l'université à procéder à des changements efficaces, et elles sont descendues dans les rues et ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour dire qu'elles ne «se tairaient pas».

Solidarity with #RUReferenceList #EndRapeCulture

En mai, une jeune Brésilienne de 16 ans (son nom n'a pas été révélé dans les médias locaux) a été violée par 30 hommes. Elle n'a appris avoir été violée que lorsque des photos et une vidéo de l'attaque ont été postées sur un réseau social.

Des femmes ont décidé d'utiliser les réseaux sociaux pour répondre à cette agression, utilisant le hashtag #EstuproNaoÉCulpaDaVitima («le viol n'est jamais la faute de la victime») afin d'initier un débat national et de demander la fin de la culture du viol.

Potente imagen. Furia de las mujeres en Brasil tras violación de joven por 33 hombres. #EstuproNaoÉCulpaDaVitima

«Image puissante. La furie des femmes brésiliennes à propos du viol d'une femme par 33 hommes.»

7. #강남살인남 #화장실살인남: des Sud-Coréennes manifestent contre le sexisme et le féminicide dans leur pays après qu'une femme a été tuée par l'homme dont elle «repoussait» les avances.

En juin, des femmes de Corée du Sud ont été furieuses d'apprendre que les autorités refusaient d'admettre l'idée qu'une jeune femme de 23 ans avait été poignardée à mort par misogynie.

Un homme de 34 ans avait poignardé à mort une femme dans la station de métro Gangnam de Séoul, en Corée du Sud. D'après les médias locaux, l'homme avait des antécédents de maladie mentale et avait été poussé à la tuer car il se sentait «ignoré par les femmes».

Des femmes ont exhorté les utilisateurs de Twitter à recouvrir la sortie de métro où a eu lieu le meurtre de l'inconnue de Post-it demandant la fin du féminicide.

8. #‎яНеБоюсьСказати: des Ukrainiennes et des Russes partagent leurs expériences d'agressions sexuelles après que le post d'un homme rejetant la culpabilité sur les femmes est devenu viral.

Facebook

«Quelque chose de très puissant et d'impressionnant est en train de se passer sur Facebook. Tout a commencé avec un post de Nastya Melnichenko avec le hashtag #jenaipaspeurdeparler.

Elle a décrit plusieurs épisodes de maltraitance physique et d'agression sexuelle dont elle a été la cible, ainsi que les réactions de ses amis et de ses proches. Nastya écrit qu'elle a été assez courageuse pour raconter ce qui lui était arrivé et a ensuite encouragé les autres à raconter leurs histoires.

Tout à coup mon fil d'actualité Facebook s'est rempli des souvenirs morbides de mes amies, hommes comme femmes. Des histoires courtes, simples, des faits donnés tels quels presque sans réflexion ni analyse: il a dit qu'il voulait m'embrasser; il m'a demandé si je regardais du porno; il m' a attrapé les seins; il a serré mes parties génitales sous ma jupe; il m'a demandé de ne rien dire à mes parents; il m'a donné une forte gifle et m'a poussé contre le mur...»

De très nombreuses Ukrainiennes et des Russes ont utilisé les réseaux sociaux pour partager leurs expériences de viols et d'agressions sexuelles après qu'un homme a partagé sur Facebook l'histoire du viol d'une femme, en concluant qu'elle «n'aurait pas dû traîner seule la nuit» si elle ne voulait pas se faire agresser.

Le post de l'homme a été largement partagé; des femmes outrées ont utilisé le hashtag #‎яНеБоюсьСказати («je n'ai pas peur de le dire») pour partager leurs propres expériences.

L'été dernier, des milliers de personnes ont demandé justice et la fin urgente des crimes haineux contre la communauté LGBT en Turquie après le meurtre de Hande Kader, une jeune Turque trans de 22 ans, violée et brûlée vive.

this week Hande Kader, a 22-year-old Turkish woman, was raped and set on fire for being trans #HandeKadereSesVer

En octobre, des milliers de Polonaises ont partagé des photos d'elles-mêmes habillées de noir et défilant dans les rues après que le pays a considéré une nouvelle législation qui déboucherait sur une interdiction totale de l'avortement.

Polish women protest the abortion ban in Warsaw

«Les femmes polonaises manifestent contre l'abolition du droit à l'avortement à Varsovie.»

Des Argentines sont descendues dans les rues en octobre pour protester contre les violences faites aux femmes, en solidarité avec une jeune fille de 16 ans de Mal del Plata, en Argentine, qui a été brutalement assassinée. La jeune fille, Lucía Pérez, est l'une des nombreuses victimes de meurtres liés au genre en Argentine et qui, l'année dernière, ont suscité d'importants défilés de protestation contre les violences faites aux femmes.

Le hashtag #NiUnaMenos («pas une de moins») est le slogan que les femmes utilisent depuis 2015 en Amérique latine pour protester contre le féminicide. Des Argentines ont également tweeté: «Touchez à une seule d'entre nous, et nous manifesterons toutes.»

Las compañeras de @aireanapy siempre apoyando en la exigencia de justicia #NiUnaMenos #DeLutoyEnLucha. Nuestros der… https://t.co/URLJL9OVLL

«Les camarades de @aireanapy exigent toujours la justice. Nos droits au moment présent.»

En septembre, des milliers de Saoudiennes ont signé une pétition en ligne demandant que le gouvernement mette fin à son système de «tutelle masculine» qui empêche les femmes de prendre une décision (comme voyager, se marier ou étudier) sans la permission d'un proche masculin.

Le hashtag #IAmMyOwnGuardian («je suis ma propre tutrice») a été utilisé par des femmes d'Arabie saoudite pour faire valoir leurs droits sur Twitter.

13. #NotOkay: un hashtag utilisé par des femmes pour partager leurs histoires d'agressions sexuelles après la divulgation d'une vidéo de Donald Trump se vantant d'une agression sexuelle.

Women: tweet me your first assaults. they aren't just stats. I'll go first: Old man on city bus grabs my "pussy" and smiles at me, I'm 12.

«Femmes: tweetez-moi vos premières expériences d'agression. Ce ne sont pas que des statistiques. Je me lance la première:

Un vieil homme dans le bus attrape "ma chatte" en me souriant, j'ai 12 ans.»

Suite à la divulgation d'une vidéo montrant le président élu Donald Trump se vanter d'avoir tripoté des femmes, des milliers de femmes ont voulu partager leurs expériences d'agressions sexuelles sur Twitter.

Le hashtag #NotOkay («pas acceptable», mis en place par l'auteure canadienne Kelly Oxford) a appelé les femmes à tweeter leurs premières expériences d'agression sexuelle. Au bout de quelques heures, Kelly Oxford avait reçu des dizaines de milliers de témoignages de femmes du monde entier.

@kellyoxford neighbor's dad comes by when mom is out of town to "check on me." Tells me I'm very mature. I'm 15. Tries to kiss me; I scream.

«Le père du voisin passe à la maison pendant que ma mère est en voyage pour "vérifier que j'allais bien". Il me dit que je suis très mûre. J'ai 15 ans. Il essaye de m'embrasser; je crie.»

Ce post a été traduit de l'anglais.

Rossalyn Warren is a senior reporter for BuzzFeed News and is based in London.

Contact Rossalyn Warren at rossalyn.warren@buzzfeed.com.

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