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Flash-Ball, nucléaire, GPA: 15 questions à Benoît Hamon

Le candidat à la primaire de gauche veut accueillir Snowden, autoriser la PMA et fermer Fessenheim.

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Sorti en tête du premier tour, Benoît Hamon a le vent en poupe. Lors d'un débat animé mercredi soir, il a semblé prendre l'avantage sur son adversaire du second tour, Manuel Valls. Nous avions posé 15 questions aux sept candidats à la primaire, dont Benoît Hamon, qui était le seul des deux finalistes à nous avoir répondu, par écrit. Voici ses réponses.

OUI - J’ouvrirai la PMA aux couples de femmes ainsi qu’aux femmes célibataires. Ces femmes sont aujourd’hui exclues de la PMA et pourtant la pratiquent en France ou à l’étranger avec les problèmes sanitaires, juridiques et sociaux que nous connaissons bien. Limiter l’accès à la PMA aux couples hétérosexuels constitue une discrimination en raison de la sexualité et de la conjugalité.

🤔 - Personnellement, je ne suis pas pour une légalisation de la GPA, je récuse cette idée selon laquelle on pourrait créer un droit à l’enfant. Contractualiser avec un tiers et commercialiser son corps pour la gestation pose une série de questions éthiques et sociales et provoque bien souvent des contentieux. De plus en plus de couples pratiquent la GPA à l’étranger et dans ces cas, l’intérêt supérieur des enfants doit primer.

OUI - Je restaurerai une véritable police de proximité pour renouer la confiance avec la population là où elle a été perdue. La police doit remplir une fonction sociale de premier plan, connaître réellement le territoire sur lequel elle intervient et maintenir une relation régulière avec la population qu’elle protège, et ce en dehors des interventions.

OUI - Je crois en effet que nous devons mener une véritable réflexion sur les moyens d’intervention des forces de l’ordre.

OUI - Faire la lumière sur les conditions réelles de cette interpellation reste une priorité. En tant que candidat à l’élection présidentielle, ajouter ma voix n’aurait pas servi à grand-chose. Par contre je pense que la parole du président de la République est d’abord là pour apaiser, j’aurais donc agi en conséquence.

NON - Je pense qu’il faut arrêter les frais et abandonner ce projet d’un autre temps.

OUI et 🤔 - Nous devons entamer la sortie du nucléaire, énergie du monde finissant et du passé. Je commencerai par fermer les centrales nucléaires les plus à risques: centrales du Blayais, Bugey, Fessenheim…

NON - Je limiterai l’utilisation de l’article 49.3 aux seuls projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale, nécessaires à la continuité des services publics. Mais je propose également un 49.3 citoyen pour redonner un pouvoir réel, concret, et mettre fin à la démocratie intermittente. Il permettra à 1% du corps électoral: d’imposer au Parlement d’examiner une proposition de loi proposée par les citoyens (droit d’initiative citoyenne) ou bien de suspendre l’application d’une loi adoptée par le Parlement, pour que celle-ci soit soumise à référendum.

OUI - J’accorderai le droit de vote aux étrangers non communautaires aux élections locales pour qu’ils puissent pleinement s’insérer dans notre vie démocratique et sociale. Je soumettrai ce principe à référendum dès le second tour des élections législatives, à la suite de mon élection.

OUI - Je reconnaîtrai le vote blanc pour ce qu’il est: un geste civique. Si la somme des votes blancs et des abstentions atteint la majorité absolue (50%), l’élection doit être annulée et un nouveau scrutin doit être programmé. Le vote blanc est un des moyens de passer d’une démocratie intermittente à une démocratie active.

NON - La présomption d’innocence est un principe fondateur de notre République. Nous devons en tout temps la respecter. Néanmoins, nous ne pouvons transiger avec la probité publique. Elle est, plus que jamais, indispensable à notre démocratie. C’est pourquoi il est impossible d’exercer une des plus hautes fonctions de l’État tout en étant mis en examen dans le cadre d’une affaire si grave.

Ne se prononce pas.

OUI - La France aurait dû offrir l’asile à Edward Snowden. Le soutien public aux lanceurs d’alerte emblématiques qui ont révélé des informations avant l’adoption de la loi Sapin 2 et qui ne bénéficieront pas du nouveau statut de lanceurs d’alerte est aussi un impératif.

OUI - Si je suis élu président de la République, ce sera l’une de mes premières décisions. Et je lancerai une loi Travail pour les travailleurs qui reprendra et rendra obligatoire le droit à la déconnexion, mais défendra aussi le droit inconditionnel au temps de travail choisi, la reconnaissance du burn out…

NON - Cela incite à recourir aux heures supplémentaires au détriment de la création d’emploi.

Paul Aveline est journaliste chez BuzzFeed News France et travaille depuis Paris.

Contact Paul Aveline at paul.aveline@buzzfeed.com.

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