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Ce blogueur pousse un coup de gueule pour dénoncer les «start-up de merde»

«Je ne vois pas trop en vertu de quoi certaines start-up pourraient s'affranchir de règles que toutes les autres doivent respecter», explique l’auteur du post à BuzzFeed News.

Publié le

Dimanche 22 mai, le graphiste et directeur artistique web Julien Dubedout a posté sur le blog qu'il tient avec sa compagne un «coup de gueule» intitulé «Start-up de merde, vous devriez avoir honte».

Dans ce texte, il critique les pratiques de certaines start-up qui ne respectent pas le code du travail.

Julien Dubedout a écrit ce texte en réaction à un article du Monde.fr sur la hacker house d'une start-up à Fresnes, où vivent et travaillent plusieurs personnes spécialisées dans les nouvelles technologies.

Deux passages en particulier ont énervé Julien Dubebout.

Le blogueur commente dans son post:

«Un des fondateurs "assume" donc dans un journal national avoir "embauché" des stagiaires, qualifiés qui plus est, pour répondre aux commandes des clients, et peu importe que notre code-du-travail-étouffant-qui-prend-en-otage-les-gens-qui-veulent-bosser interdise à un stagiaire d'occuper le poste d'un salarié.»

Puis:

«Toujours en toute tranquillité, le patron "rappelle" (amicalement j'espère) à ses employés qu'ils doivent bosser tous les jours, samedi et dimanche compris, car le repos hebdomadaire obligatoire c'est pour les bande-mous de bureaucrates qui veulent étouffer l'innovation.»

«Le problème est général, ça vient bien au-delà de cette start-up», explique Julien Dubedout à BuzzFeed News.

«C'est dans les mœurs maintenant, on dirait que les start-up ont une sorte de régime dérogatoire, qu'elles peuvent violer une partie de la législation mais que c'est accepté.»

«Je ne vois pas trop en vertu de quoi certaines start-up pourraient s'affranchir de règles que toutes les autres doivent respecter», poursuit-il.

Le pire c'est que même en claironnant qu'ils violent le droit du travail il ne leur arrivera rien, le gouvernement se chie dessus…

…à l'idée de contraindre ces belles startups à quoique ce soit vu que ce sont des "pépites numérique" et qu'il faut "faire comme aux USA"

«Il y a toute une frange d'entrepreneurs qui jouent sur ces codes de la start-up et, à leurs yeux, ça excuse tout» dit-il. «Pourtant certaines start-up se donnent les moyens, lèvent des fonds, pour pouvoir faire bien les choses.»

Depuis dimanche, le post de blog a été très partagé sur les réseaux sociaux.

Ces Startups "révolutionnaires" qui n'ont jamais inventé que la machine à remonter le temps social. https://t.co/TY5jaSBIF4 par @mariejulien

Bon texte sur les délires néolibéraux (et illégaux) des startups et de leur «esprit» /v @ThePixelHunt https://t.co/SUwkKYFDeN

Pas faux, le mot start-up ne doit pas non plus tout faire pardonner https://t.co/F8UIsbjf4K

Julien Dubedout dit que son post a cumulé plus de 20.000 visiteurs uniques depuis dimanche.

Plutôt d'accord, ces pratiques paraissent "cool" mais ne vous faites pas avoir https://t.co/5JhONyZvGI

À lire ! Qu'on arrête de nous bassiner avec ce genre de projets "innovants" ! Merci @mariejulien https://t.co/153JyGUYtK

«J'ai eu plein de retours positifs», indique-t-il. «C'est assez unanime, ce qui est rare. D'habitude, j'ai plus d'opposition».

Très bonne critique de l'article de l'article du monde sur la startup "innovante" : https://t.co/ngcIGg38Hn

#FrenchTech, #Startups & co... Vous ne “hackez” rien, vous ne “révolutionnez” rien. Fermez bien vos gueules. https://t.co/d7xROVga1c

Contacté par BuzzFeed News, Paul Poupet, le patron de l'entreprise décrite dans l'article du Monde.fr, estime lui de son côté que le blogueur «n'a pas compris le concept».

Il dit que les employés et les salariés «travaillent 40% de leur temps pour des projets liés à Seed-Up, ce qui permet de financer la structure» et le reste du temps travailleraient sur leurs projets personnels. Selon lui, ces 40% correspondraient «à moins de 35 heures par semaine».

Il raconte avoir recruté des stagiaires plutôt que des salariés car «pour l'instant on ne peut pas embaucher plus». Il met également en avant que, selon lui, «les stagiaires ne se plaignent pas» et qu'un stage dans cette hacker house est «bien plus avantageux que dans n'importe quelle autre boîte», car les stagiaires sont également nourris et logés.

Marie Kirschen est journaliste chez BuzzFeed News, France, et travaille depuis Paris.

Contact Marie Kirschen at marie.kirschen@buzzfeed.com.

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