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«Y En a marre Banania»: des manifestants dénoncent le «Bal Nègre» et le «racisme ambiant»

Une petite centaine de personnes s'est rendue devant l'établissement «le Bal Nègre» pour protester contre son nom et son héritage colonial. Samedi, le Cran a obtenu du propriétaire qu'il change le nom de l'établissement.

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Dimanche 5 février, une petite centaine de personnes s’est rassemblée rue Blomet, devant le «Bal Nègre», après un appel à la manifestation publié par le collectif Ferguson in Paris.

Jules Darmanin / BuzzFeed News

Le collectif appelait à la «disparition définitive» de l’établissement, qui n’a pas encore ouvert et dont le nom et l’héritage colonial qu’il évoque a récemment fait polémique. Georges Patient, sénateur socialiste de Guyane, a notamment interpellé Anne Hidalgo sur Twitter.

@Anne_Hidalgo #Balnègre en ma qualité de Senateur de Guyane je vous demande de ne pas cautionner cette ouverture.

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Samedi, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a annoncé avoir obtenu le changement du nom de l’établissement. Dans un mail à BuzzFeed News, Guillaume Cornut a confirmé qu’il changerait le nom, même s’il n’a pas dit quel serait le nouveau nom du bar-cabaret qui est censé ouvrir au mois de mars. Il n'a pas souhaité répondre à d'autres questions.

«Il avait déjà discuté de cela avec la mairie de Paris. Il avait compris l’utilité de ce changement», explique Louis-Georges Tin, président du Cran, interrogé par téléphone par BuzzFeed News.

«Il a été plutôt coopératif, et a accepté le principe de ce changement. Sur le nouveau nom, du moment qu’il n’est pas à connotation racialiste ou coloniale, tout me va.»

«Par ailleurs, il a souhaité qu’il y ait une affiche qui rappelle que l’établissement était autrefois le Bal nègre. Ça me paraît tout à fait légitime et il a été convenu qu’on travaille ensemble sur les informations à apporter pour que ce soit correct d’un point de vue historique comme éthique.»

«On veut des garanties et un communiqué [de la part de Guillaume Cornut]» demande Magatte, parmi les manifestants de ce dimanche. «On est aussi là pour dénoncer la négrophobie et la ville de Paris qui a financé le projet et qui essaie, maintenant, de se dédouaner.»

La ville de Paris a contribué à la reconstruction de l'établissement «via son fonds ‎d’aide aux salles de musiques actuelles», avait expliqué la mairie à BuzzFeed News, ajoutant qu'il «n'appartient pas à la Ville de porter un jugement sur le choix opéré par le propriétaire».

«Non au Bal Nègre», «Y en a marre Banania» ou «Nous ne sommes pas vos nègres chantants», ont scandé les manifestants.

Il y a une heure: «Nous ne sommes pas vos nègres chantants»

«Le changement de nom ne change rien à la problématique, parce que ça ne dérange pas les gens d'utiliser le passif colonial comme quelque chose pour vendre», explique Chloé, du collectif afro-féministe Mwasi.

Jules Darmanin / BuzzFeed News

«C'est un témoignage libéré du racisme ambiant. Les gens ont tendance à croire que la France n'est pas raciste, et c'est faux. L'imaginaire colonial est encore très important dans notre société française», poursuit Chloé.

Magatte rappelle également le «Bal nègre» organisé en 2013 dans la salle des fêtes de la mairie du 15e arrondissement, lors duquel le maire d'arrondissment Philippe Goujon posait aux côtés d'une femme en «blackface» (grimée en personne noire). «En se permettant de faire ça, ils valident la démarche de l'établissement», dit-elle à BuzzFeed News.

Jules Darmanin / BuzzFeed News

«Ce n'est pas possible de se servir ainsi de cette histoire nauséabonde», conclut-elle.

Jules Darmanin est journaliste chez BuzzFeed News France et travaille depuis Paris.

Contact Jules Darmanin at jules.darmanin@buzzfeed.com.

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