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Voici ce que ça fait de s'asseoir sur «swiss ball» au bureau

À tester chez vous si votre boss n'est pas aussi cool que la mienne!

Publié le

J'étais passée à côté du phénomène swiss ball, cette grosse boule pleine d'air qui était plébiscitée dans plusieurs magazines féminins il y a quelques années.

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À l'époque, on pouvait notamment lire des articles qui vantaient les mérites de cette balle dans le but d'«avoir un ventre plat», de se «raffermir les cuisses», ou encore (beaucoup plus important) de «se maintenir le dos comme il faut».

Je suis retombée sur le concept récemment alors que me voilà devenue une adulte ~responsable~, qui essaye de plus en plus d'avoir une vie saine.

En plus de manger bien (ou en tout cas de faire semblant), je fais aussi du sport, de la gym suédoise et du yoga que je commence à peine.

J'avais envie, en dehors de mes séances, de compléter mon activité de manière quotidienne. On m'a donc conseillé de faire du pilates chez moi avec une... swiss ball. Du coup, un mercredi soir, après le boulot, motivée comme jaja, me voilà à Décathlon en train d'écouter une vendeuse me valider mes choix de vie. À environ 12 euros, il ne m'en fallait pas plus pour me laisser convaincre.

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Après l'avoir un peu utilisée chez moi, je décide donc de ramener ma swiss ball (que j'ai pris l'habitude d'appeler affectueusement ma boule) au travail, parce que mon dos a aussi le droit au bonheur.

Mes premières impressions en l'installant à mon bureau:

- Quel est réellement mon projet?

- Elle prend vraiment beaucoup trop de place, parce que mon bureau a l'air minuscule (et pas rangé mais ça c'est de ma faute).

- Heureusement que je l'ai choisie d'une couleur neutre, parce que rose ou jaune fluo je pense que ça l'aurait pas trop fait.

- Je regrette déjà d'avoir proposé cette expérience.

Règles:

Les règles sont plus que simples: je dois m'asseoir tous les jours quelques heures sur la balle et me tenir la plus droite possible.

Ça c'est moi en train d'agacer mes collègues:

Twitter: @piekhe

Bon comme vous auriez pu vous en douter, j'ai beau travailler dans une entreprise méga cool, jeune et dynamique, il y a certaines choses qui ne peuvent pas passer inaperçues. Oui, comme s'asseoir sur une méga boule pendant trois heures sur son lieu de travail, TOUS LES JOURS, pendant une semaine.

Ça n'a pas raté, dès le début de mon expérience, j'ai eu le droit à des petites moqueries (gentilles) de la part de mes collègues qui étaient à la fois intéressés et disons-le, assez perplexes. Tout comme moi en fait.

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Vu que je l'avais déjà utilisée chez moi, je savais comment m'asseoir dessus, mais je dois avouer que la première fois ça fait bizarre, on se sent instable et donc on fait tout pour ne pas tomber.

Ce qui était une première pour moi en revanche, c'était d'être assisse sur une balle au travail, un peu comme si je bossais chez Google. Je me sentais partout, sauf au travail. Mais au bout d'une demi-heure, puis de quelques jours, tout me paraissait naturel, ma chère boule faisait partie du paysage et de mon quotidien.

J'ai remarqué que les jours où je portais un peu de talons, c'était plus facile de m'asseoir, alors que les jours où je n'en avais pas, j'avais l'impression d'être toute petite (alors que je fais quand même 1,68m). Bref, la position est assez importante car c'est ça qui fait qu'on se tient bien ou pas, et qui fait que c'est bénéfique ou non pour le corps. En gros, si vous vous tenez mal, autant s'asseoir par terre, ça reviendra au même.

L'autre chose importante est aussi ce côté sportif qui est à la fois stimulant et rassurant, quand on sait qu'on passe quasiment neuf heures de sa journée en étant sédentaire. Je me sentais tout de suite moins coupable d'être assise.

Comme je le disais plus haut, hormis la sensation bizarre de ne pas s'asseoir sur une chaise dans son lieu de travail, j'ai trouvé ça plutôt agréable. Enfin, jusqu'à ce que je commence à avoir chaud, que mes cuisses me tiraillent et que mes abdos soient en train de se développer. OK, j'exagère un poil, mais il y a toujours un moment où j'avais l'impression de faire du sport, tout en étant assise.

Au bout du troisième jour, je me suis dit que cette balle est magique et que c'est quand même très plaisant de se faire des muscles tout en ne faisant pratiquement rien. Bon, ça demande quand même un effort de devoir rester stable. Mes collègues en ont fait les frais, puisqu'ils pensaient tous que je ~m'amusais~ et ont bien vu que ce n'était pas si facile que ça.

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Par contre, j'ai attrapé un rhume en milieu de semaine. Et en étant malade et fiévreuse, je n'avais qu'une seule envie: m'avachir sur ma chaise de bureau et ne plus bouger. J'ai failli lâcher l'expérience, mais j'ai tenu bon.

Et parce que j'avais envie d'avoir une autre impression que la mienne, j'ai contacté Simon Dommel, un kinésithérapeute parisien qui a bien voulu répondre à mes questions.

Je lui ai raconté mon expérience de la semaine et il a commencé par me dire que c'était une bonne idée:

«La swiss ball est très bien, c'est un objet que j'utilise souvent dans mes séances et ça permet effectivement de bien travailler sa posture.»

Cependant, mon utilisation de plus de trois heures par jour n'était pas forcément la bonne. D'après lui, j'aurai dû l'utiliser une heure le matin et une heure l'après-midi:

«S'asseoir toute la journée n'est pas bien du tout pour le corps et certainement pas pour le dos. Donc s'asseoir sur une swiss ball pendant plus de trois heures n'est pas l'idéal, en revanche ce sera toujours mieux que de le faire sur une chaise de bureau.»

Oui, d'après lui le mieux serait de travailler debout et non s'asseoir, mais ça c'est encore un autre problème. En somme, Simon Dommel conseille formellement cette balle au travail, qui permet d'améliorer en profondeur sa posture, de diminuer mais surtout de prévenir les douleurs dorsales.

Pour une balle qui coûte seulement 12 euros et qui apporte autant de bénéfices, cette expérience valait vraiment le coup. Je suis très contente de l'avoir fait, parce que j'ai souvent tendance à me méfier de ce genre de prouesses qu'on nous vante dans certains magazines en me disant, «si c'est si bien que ça, pourquoi personne ne l'utilise?» Mais finalement, c'est sans doute le côté gadget de la balle qui la rend moins «sérieuse» dans l'idée.

J'ai conscience que tout le monde n'a pas la chance de travailler dans une entreprise qui permette ce genre d'utilisation, et je trouve ça dommage parce qu'être à l'aise sur son lieu de travail est essentiel. Alors si une simple boule peut éviter de rentrer chez soi le dos ratatiné, pourquoi pas? Surtout quand des professionnels de la santé la plébiscitent. Quitte à paraître un poil «original» au travail, si ça peut vous faire du bien, essayez-la.

En tout cas, dans mon bureau, (presque) tout le monde est convaincu. La big boss (coucou Cécile) a décidé d'en acheter une pour qu'on puisse tous en bénéficier. Mon dos et mes abdos la remercient.

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