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Posted on 1 juin 2018

16 remarques sexistes entendues par des femmes bossant dans l'informatique

«Vous savez sérieusement programmer ?»

1. «On embauche des femmes parce que leur rivalité est utile à la boîte.»

Camilla Martins

«Dans l'entreprise où je travaillais, ils disaient qu'ils n'engageaient que des femmes car "elles se font concurrence, ce qui augmente leur productivité et celle de l'entreprise." C'est horrible. J'ai aussi été harcelée par mon ex-patron, qui a tenté de se justifier en disant que c'était de ma faute car j'avais "passé une demi-heure à parler d'hommes".»

– Camilla Martins, programmeuse et leadeuse du projet Women Techmakers, Google

2. «Je vais dans un autre magasin ! Là-bas, je trouverais un homme qui comprendra mon problème.»

«Un jour, un homme est venu au magasin. Il avait une question qui concernait le son, et non les ordinateurs. Je lui ai dit que ce n'était pas mon domaine et que je ne pouvais pas le renseigner. Il a dit : "Je vais dans une autre magasin ! Là-bas, je trouverai un homme qui comprendra mon problème, puisque, les femmes et la technologie, ça fait deux." Je lui ai indiqué un autre magasin à proximité, et je lui ai dit : "Allez-y, je ne vous retiens pas !»

– Lila Bastos, diplômée en technologie de l'information

3. «En fait, ils embauchent des femmes pour embellir le secteur.»

Reprodução

«Alors que j'essayais d'aider l'un des huit gars qui travaillaient avec moi, j'ai entendu : "Je ne vais quand même pas donner du crédit aux propos de quelqu'un qui a 4 milliards de neurones de moins qu'un homme". Pendant des jours, j'ai fait comme si de rien n'était et je n'ai rien dit. Mais je ne trouvais pas le sommeil, j'avais des crises d'anxiété qui me coupaient littéralement le souffle. J'ai fini par démissionner. Pourtant, dans toutes les entreprises dans lesquelles j'ai travaillé, mon travail été salué.

En fait, j'ai toujours été embauchée parce que je suis une femme et que "c'est plus simple pour organiser les choses". J'ai entendu beaucoup de choses, comme "Tu es mignonne" ou "Ouah, une femme qui étudie les technologies de l'information ? Tu es sûre que c'est vraiment ce que tu veux faire ?".»

– Anonyme, analyste infrastructure

4. «Tu as réussi uniquement parce que tu es allée à l'UFRJ [Université de Rio de Janeiro].»

Thais Luca

«Je parlais avec des amis d'un stage que j'avais fait et dans lequel j'étais la seule fille au milieu de sept garçons. Je leur ai dit que j'avais étudié à l'UFRJ et l'un d'eux a dit : "Ah mais s'ils t'ont acceptée à ce stage, c'est uniquement parce que tu venais de l'UFRJ." Ok super, donc, pour eux, ce qui compte, c'est le simple nom prestigieux de ma fac et pas du tout le fait que j'ai cartonné à l'examen d'entrée qui permettait d'intégrer ce stage !

Une autre fois, j'ai envoyé à ma classe un lien qui pouvait être utile pour un examen. Mes camarades m'ont dit qu'ils ne l'avaient pas reçu/lu. Et un jour, après l'examen, j'ai entendu un élève dire à un autre, en chuchotant, "le lien qu'on nous a envoyé m'a été très utile". L'autre a demandé : "Quel lien ?" Et le premier lui a répondu : "Tu sais, celui que Thais nous a envoyé." Ce jour-là, j'ai compris que recevoir mon aide était pour eux une humiliation et qu'ils ne voulaient pas reconnaître que c'était grâce à moi qu'ils avaient réussi. J'ai laissé tomber et depuis je reste dans mon coin à étudier seule.»

Thais Luca, étudiante en sciences de l'informatique

5. «C'est votre secrétaire ?»

Catarina Ferreira Strufaldi

«Quand j'allais à des rendez-vous, j'entendais très souvent des phrases comme "C'est votre secrétaire" ou "C'est vraiment elle qui va nous expliquer comment les choses fonctionnent ?".»

– Catarina Ferreira Strufaldi, analyste en sécurité informatique

6. «Ils m'ont demandé si je voulais approfondir mes connaissances sur un outil alors que je bosse dessus depuis cinq ans.»

«Je suis allée travailler dans une petite ville polonaise sur un outil peu connu qui s'appelle SharePoint. Pendant ma première semaine, on m'a demandé si je voulais suivre une formation pour approfondir mes connaissances sur cet outil. Or, je bossais dessus depuis cinq ans, je connaissais bien le domaine. Ils m'ont traitée comme si j'étais une novice.

Je ne suis restée que six mois dans cette entreprise car l'environnement était vraiment toxique. Ça me désespère mais, même si j'aime ce que je fais, j'ai l'impression que les choses ne changeront jamais.»

Tatiane Domingues, analyste système

7. «Elle ne réussira pas son semestre.»

Milla Beatriz Lima

«À l'université, beaucoup de gens pensaient que je n'allais pas obtenir mon diplôme ou que, comme je suis une femme, mon seul projet était d'avoir des enfants. Émotionnellement, j'ai beaucoup souffert, mais je ne le regrette pas une seconde.

Aujourd'hui, je vois toutes ces femmes qui réussissent et qui sont reconnues. Et, quand je vois où j'en suis moi aussi, je me dis que j'ai bien fait d'ignorer toutes les choses qui ont été dites dans mon dos pendant mes années d'études.»

– Milla Beatriz Lima, technicienne informatique

8. «Un collègue a écrit : "Je chie sur les féminazies".»

«J'ai connu plusieurs cas de machisme dans mon entreprise, mais celui-ci était le pire : nous étions trois filles dans un petit cabinet de conseil et nous avions un groupe WhatsApp auquel tous les membres de l'équipe participaient. Avec mes collègues, nous avons demandé à être davantage respectées. L'un des hommes a répondu en nous traitant de féminazies et il a quitté le groupe, persuadé qu'il avait tout à fait raison.

L'atmosphère dans l'entreprise, qui n'était plus si bonne de toute façon, s'est vraiment dégradée. Deux semaines plus tard, mes collègues problématiques ont été licenciés même si le patron n'a pas voulu admettre qu'il les avait virés en raison de leur sexisme. Ça m'a agacée et j'ai décidé de démissionner, parce que, je me suis dit que rester là-bas, c'était cautionner ce type de comportements. Malheureusement, beaucoup de femmes ne peuvent pas se permettre de faire ce que j'ai fait.»

– M.B., développeuse

9. «Je sais que cette femme ne comprend pas ce que je lui dis.»

Nathalia Calassa Carvalho

«Ça m'est déjà arrivé qu'un client ne veuille pas me parler et demande si quelqu'un d'autre est disponible. J'avais beau lui dire que j'étais en mesure de l'aider, il soutenait qu'il voulait être pris en charge par un homme car, selon lui, les femmes ne comprennent pas ce genre de choses. Mon patron m'a soutenue et a dit au client que j'étais tout aussi capable que n'importe quel homme de l'aider.»

– Nathalia Calassa Carvalho, support technique

10. «Elle devrait s'occuper du design, les femmes aiment embellir les choses.»

«Un analyste m'a dit que je ferais mieux de m'occuper de la partie design de l'application sur laquelle nous étions en train de travailler, car je suis une femme et, selon lui, les femmes aiment embellir les choses. Je lui ai répondu que je n'étais pas là pour m'occuper de la décoration.»

– Joyce Aquino

11. «Vous savez sérieusement programmer ?»

Isadora Gallerani

«Dans mes stories Instagram, je partage souvent des trucs sur la programmation. Et il y a toujours des mecs qui sont dans l'informatique qui se sentent obligés de m'envoyer des messages du type "Vous savez sérieusement programmer ?" ou encore "Vous programmez vraiment ou bien vous faites ça seulement pour vous amuser ?".»

Isadora Gallerani, étudiante en informatique

12. «Les hommes refusent mon aide mais acceptent sans problème celle d'un autre homme.»

«Dans la première boîte où j'ai travaillé en tant que programmeuse, il y avait plein d'hommes. Chaque fois que j'avais besoin d'aide, ils n'avaient aucun problème pour venir me donner des explications. Par contre, quand c'est moi qui leur proposais mon aide, ils m'ignoraient complètement. En fait, ils n'acceptaient que l'aide d'un autre homme. Alors que très clairement j'aurais pu leur dire exactement la même chose. Pour eux, l'ensemble de mes connaissances n'avait aucune utilité.

Et puis, nombreux sont ceux qui sont venus me proposer un verre en fin de journée...»

Lusier Costa, journaliste et programmeuse

13. «Même ELLE, elle a réussi. Vous n'allez pas échouer face à ELLE ?»

Paula Daiane

«J'ai eu mon diplôme en informatique en 2017. J'étais la seule fille dans une classe qui comptait 25 élèves. Et j'ai très souvent entendu des professeurs encourager d'autres élèves en leur disant "Même ELLE, elle a réussi. Vous n'allez quand même pas échouer face à ELLE ?".

– Paula Daiane

14. «J'ai été virée après avoir dénoncé un comportement macho.»

«Je travaillais dans une entreprise où l'un de mes collègues avait un comportement misogyne. J'étais mal à l'aise et j'en ai parlé à mon patron, mais je ne pouvais pas faire grand-chose de plus car je voyais qu'ils étaient assez proches tous les deux. "C'est un sujet très délicat", m'a-t-il dit. Une semaine plus tard, j'ai été licenciée, soi-disant pour des raisons économiques.»

Aline Bezzoco, développeuse

15. «Mon supérieur ne me croit pas quand c'est moi qui lui donne la solution à un problème.»

«Ça m'arrive très souvent d'être celle qui trouve la solution à un problème. Mais mon supérieur ne m'accorde aucune crédibilité, car je suis la seule femme parmi mes collègues. J'en suis rendue à devoir expliquer le problème à un de mes collègues hommes, pour que lui le transmette ensuite à notre supérieur.»

– Izadora Santos, programmeuse

16. «Ils ont essayé de m'expliquer quelque chose que j'avais moi-même créé.»

Reprodução

«Même après un an dans l'entreprise, on continuait de m'infantiliser en m'expliquant encore et encore des bases que je maîtrisais pourtant très bien. Une fois, ils m'ont même expliqué un truc que j'avais moi-même créé. Pire que tout, j'ai découvert qu'ils avaient parié sur lequel d'entre eux finirait par me "manger" en premier. Ce fut la cerise sur le gâteau de mon dégoût.»

– Anonyme, programmeuse

Ce post a été traduit de portugais.

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