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    Updated on 25 déc. 2018. Posted on 23 janv. 2018

    Toutes les choses que j'ai apprises en tenant un Bullet Journal sérieusement pendant un an

    Vous ne pourrez pas tout faire, MAIS CE N'EST PAS GRAVE.

    J'ai toujours été quelqu'un de relativement organisé. Ou plutôt, d’intéressé par l'organisation.

    NBC / Via giphy.com

    Enfant, j'étais un peu jaloux des gens qui géraient (ou avaient l'air de gérer) leurs vies d'une main de maître. Je gérais un peu, mais pas assez à mon goût. Pendant mes études et au tout début de ma vie professionnelle, j’arrivais tant bien que mal à respecter les deadlines que j’avais et les objectifs personnels que je me fixais en traînant avec moi des notes et des listes de trucs à faire sur des bouts de papier, des carnets ou des applications pour téléphone.

    Mais il y a un peu plus d’un an, je me suis rendu compte que je pouvais faire un peu mieux, et le Bullet Journal m’est apparu comme une solution à mon problème principal : le fait que tout était éparpillé en mille endroits.

    CBS / Via gfycat.com

    Maintenant que je suis plutôt rodé à l’exercice et que je maîtrise le Bullet Journal (ou «BuJo» pour les intimes) plus qu’il ne me maîtrise, je peux vous dire ce que j’en ai appris.

    1. Quand il est question de mon bien-être, je suis capable de discipline.

    Pierre d'Almeida / BuzzFeed France

    J’ai toujours aimé dormir, beaucoup et bien. Avant de m’endormir, je compte presque systématiquement le nombre d’heures qu’il me reste à dormir, de peur d’en manquer. En soirée, je suis celui qui se barre avec le dernier métro plutôt qu’avec le premier, dans la crainte de me réveiller à 15 heures le lendemain et de «perdre» ma journée. Pour autant, avant de me mettre à suivre la qualité de mon sommeil grâce aux trackers ci-dessus, je n’avais jamais réussi à me tenir à une vraie discipline de sommeil et les nuits où je dormais plus de huit heures n'étaient pas si nombreuses que ça.

    En me forçant à noter chaque jour le nombre d’heures dormies, j’ai réussi à m’habituer à me coucher tôt. Alors, certes, ce genre de défi personnel n'est pas forcément du goût de tout le monde, mais matérialiser les améliorations que je souhaitais voir dans ma vie m'aura au moins permis d'arrêter de me plaindre d'être fatigué. Si le sommeil ne vous passionne pas vraiment, mais que vous prenez des médicaments (ou avez besoin de suivre au quotidien toute autre chose), cet aspect du Bullet Journal pourrait vous intéresser. Et histoire d'être complètement honnête avec vous : pour l'instant, ça a dans mon cas marché avec le sommeil, mais je ne bois toujours pas assez d'eau.

    2. Être organisé est un cadeau que je me fais à moi-même...

    NBC / Via giphy.com

    Un des principes fondamentaux du Bullet Journal est de coucher sur le papier les choses qui encombrent votre esprit. Parce que quand on y réfléchit bien, ça n’a franchement pas beaucoup de sens de se forcer à mémoriser des rendez-vous qui n’arrivent pas avant des mois, des noms de séries à regarder un jour, quand vous trouverez le temps, où des listes de choses à faire en préparation d’un déménagement.

    Noter toutes ces choses dans mes carnets successifs, les écrire plutôt que de les laisser se promener dans mon esprit (et, du même coup, prendre le risque de les oublier une à une) a libéré un espace conséquent dans mon cerveau. Je suis stressé par les mêmes choses, indubitablement, mais ce stress a un espace bien à lui, que je peux refermer quand j'en ai besoin.

    3. ... mais aussi aux autres !

    TF1 / Réalité à la française / Via melty.fr

    Vous voyez cet-te ami-e qui oublie régulièrement que vous deviez vous voir et qui vous annonce ça 30 minutes avant le rendez-vous ? Celui ou celle qui confirme sa présence à trois événements différents qui ont lieu en même temps puis oublie de vous prévenir qu’en fait, il ou elle ne sera là à aucun ? Et bien cet-te ami-e, ce n’est pas moi. Ou plutôt, ce n’est plus moi.

    Consigner presque religieusement toutes les choses que je dois faire, tous les gens que je dois voir, avoir mois par mois et jour par jour une vue claire des engagements que j’ai pris m’aura permis, depuis que j’ai mon Bullet Journal, non seulement de respecter mes engagements mais aussi et surtout d’en prendre plus. Je n’étais pas dispo ce jeudi-là, mais voir telle ou telle personne le lendemain ou deux jours plus tard m’était devenu tout à fait possible. Parce qu'en sachant quand j'étais occupé, j'étais mieux à même de dire quand j'étais disponible.

    4. Vos projets, qu'ils soient minimes ou de plus grande ampleur, sont loin d'être hors de portée.

    Quercus Books / Amazon / Via amazon.fr

    «Ah, c’est vrai que ce serait sympa de faire ça/d’aller là-bas, un jour...» Si vous prononcez cette phrase un peu trop souvent à votre goût, alors ouvrez bien vos oreilles. Ces trucs que vous rêvez de faire et ces endroits où vous voulez aller sont tout à fait accessibles, et le Bullet Journal vous permettra d'accomplir vos projets par la magie du fractionnement. C'est un truc que j'ai appris grâce à Get Your Shit Together, un livre de Sarah Knight que je recommanderais à toute la Terre si je le pouvais, et qui fonctionne très bien avec le Bullet Journal.

    Vous mourez d'envie de déménager mais ne savez pas par où commencer (c'était mon cas) : établissez dans votre carnet une liste des petites choses reloues à faire avant de pouvoir obtenir les clés d'un nouvel appartement. Nettoyage de l'appartement actuel, recherches d'un nouveau, constitution d'un dossier, rassemblement une à une des pièces nécessaires, visites, relances des agences, etc. Répartissez chacune de ces tâches à une fréquence raisonnable dans votre emploi du temps. Si ce que vous avez à faire à la taille d'une montagne, commencez par diviser cette montagne en toutes petites mottes de terre, et voyez où ça vous mène.

    Ce qui est chouette, c'est que ça marche aussi avec des trucs qui n'ont pas l'air d'être des projets si importants que ça, mais demandent quand même pas mal de travail (et coûtent moins cher qu'un déménagement, accessoirement). Après m'être rendu compte que je lisais beaucoup moins qu'avant, j'avais pris la résolution de lire plus. Mais au lieu de me fixer un objectif vague et probablement trop élevé qui m'aurait immédiatement découragé, j'ai simplement ajouté une case «lecture» à mon tracker mensuel. Résultat : je lis presque tous les jours.

    5. Et de manière générale, le Bullet Journal m'a forcé à prendre du temps pour moi, et rien que pour moi.

    BuzzFeed / Via giftrunk.com

    Et par prendre du temps pour moi je n'entends pas glander dans mon lit devant YouTube (même si, je l'avoue bien volontiers, c'est ce que je fais la plupart du temps, et c'est aussi très bien). Faire un Bullet Journal, c'est aussi un moyen d'analyser ses besoins, ses envies, d'oser se dire qu'on a des projets et se donner les moyens de les réaliser. En écrivant quelque part qu'on a envie, ce mois-ci, de faire tel ou tel truc, de se remettre à telle chose, on apprend à se connaître un petit peu mieux. Et si parfois c'est difficile, ou même pas toujours agréable (de voir, par exemple, qu'on ne mange jamais de légumes ou qu'on a abandonné le sport), c'est toujours utile.

    6. Comprendre le fonctionnement de l'administration française est loin d'être au-dessus de mes capacités.

    Warner Bros. / Via popkey.co

    Savoir comment marche une mutuelle, l'assurance maladie, la CAF, des AGIOS, une facture de téléphone ou d'internet n'est inné chez personne. Enfin j'espère, parce que sinon, ça veut dire que je me suis bien foiré à la grande loterie de la vie. Toujours est-il qu'avoir un Bullet Journal m'a permis de m'intéresser au fonctionnement de tous ces trucs qui paraissent souvent insurmontables.

    Pourquoi ? Parce qu'être organisé dans une partie de sa vie implique souvent que le reste doive aussi être organisé, sinon tout se casse la gueule. Parce que si j'ai comme objectif du mois de décembre de régler mon problème d'yeux (le problème étant que je suis méga myope et que je ne porte pas de lunettes), il va falloir que je mette à jour les informations de ma carte vitale. Et si je veux mettre ces informations à jour, il va falloir que je retrouve le courrier qu'on m'avait envoyé il y a six mois. Et si je veux retrouver ce courrier, il faudrait peut-être que je classe tous mes documents importants dans un endroit consacré.

    Alors, certes, il y a encore quelques trucs qui me dépassent, mais toujours est-il qu'au moins je sais quand et pourquoi des trucs sont prélevés sur mon compte. Que ce soit pour mon téléphone, mon Internet, ou mes yeux.

    7. Je n'ai PAS BESOIN d'acheter une bouteille de jus de fruits de luxe chaque jour en allant au bureau.

    ABC / Via giphy.com

    On pourrait croire que ça tombe sous le sens... et pourtant. J'ai commencé à consigner mes dépenses quotidiennes dans mon carnet après avoir fait un calcul très simple : celui de l'argent que je dépensais par mois en jus de fruits délicieux, du genre de ceux qui sont rangés dans les rayons frais des supermarchés. (Depuis tout petit, j'ai toujours été un peu accro au jus de fruits.) Je ne vous divulguerai pas le montant parce que j'en ai honte, mais clairement, c'était beaucoup trop.

    En écrivant presque chaque jour à côté de la date le montant du jus de la honte, pendant des jours et des jours et des jours, je me suis rendu compte que c'était le genre de pratique financière douteuse à laquelle je pouvais aisément mettre fin. C'était aussi simple que ça. Et ça a marché.

    8. Vous ne finirez probablement jamais vos to-do lists, et ce n'est pas grave !

    Nickelodeon / Via gfycat.com

    Comme je l'écrivais dans un précédent article, une de mes «fonctionnalités» préférées du BuJo est celle du report au lendemain d'une tâche qu'on n'a pas pu accomplir le jour même. Ou au mois suivant d'un objectif qu'on n'a pas pu atteindre ce mois-ci. Je sais bien que c'est pas idéal, et certains iront jusqu'à dire que ça va à l'encontre du principe même du Bullet Journal, mais c'est un fait : parfois, j'ai la flemme. Eh bien je suis là pour vous le dire : ce n'est pas grave.

    De la même façon, la liste des livres que je veux lire, des films que je veux voir et des séries que je veux regarder s'allonge dangereusement chaque semaine. Je suis bien conscient du fait qu'il me faudrait environ neuf vies pour abattre la quantité de contenu culturel que j'ai envie de consommer. Et dans les moments où je me sens submergé par tout cela, j'aime me rappeler qu'à la base, la seule fonction de ces listes est une fonction pratique : me libérer le cerveau. Rien ne m'oblige à tout cocher. Ou au moins, pas dans l'immédiat.

    9. Et, du même coup, désolé de vous annoncer que le Bullet Journal ne règlera probablement pas l'intégralité de vos problèmes.

    20th Century Fox / Paramount Pictures / Lightstorm Entertainment / Via giphy.com

    J'ai fait plein de trucs grâce à mon Bullet Journal. J'ai déménagé ; j'ai enfin refait faire une paire de lunettes ; j'ai réussi à boucler mes cadeaux de Noël un 30 novembre. Il n'en reste pas moins que ce petit carnet que je trimballe partout n'est pas la solution à tout. Pire, il a été lui-même la source de quelques petits soucis.

    Je m'explique. Beaucoup de tâches que j'ai à accomplir dépendent du travail collectif d'un tas d'autres personnes qui n'ont pas forcément les mêmes priorités que moi. J'ai beau noter dans mon petit carnet que je dois aller essayer une paire de lunettes tel jour, il est bien possible que les lunettes en question ne soient pas disponibles en magasin ce jour-là, et que toute mon organisation s'en trouve chamboulée.

    Alors, d'accord, c'est agaçant, et l'imprévu ne convient pas forcément à tout le monde, mais c'est quelque chose qu'il ne faut pas perdre de vue. Le Bullet Journal n'est pas un outil magique qui fera arriver plus vite le courrier que vous attendez désespérément pour pouvoir faire telle ou telle chose.

    10. Soyons honnêtes : le Bullet Journal peut malgré tout être un outil plutôt culpabilisant.

    HBO / Via tenor.com

    Je suis bien d'accord avec vous : les gens d'Instagram sont parfois un peu intenses avec leurs BuJos. Personnellement, je n'ai ni le temps ni l'envie de dessiner des belles rosaces sur mon carnet à chaque début de mois, d'acheter du washi tape pour faire des marque-pages ou de le transformer en carnet de croquis en supplément de sa fonction d'agenda. Mon Bullet Journal est simple, voire simpliste, et ça me convient.

    Pour autant, il m'est quand même parfois difficile de m'y tenir. Je saute fréquemment des jours dans mon tracker, j'oublie régulièrement de noter si j'ai bien dormi ou non, et j'ai encore aujourd'hui tendance à m'en vouloir quand je suis incapable de le maintenir pendant quelques jours de suite. (À titre d'exemple, bujoter en vacances est pour moi quelque chose d'impossible.) En cela, le Bullet Journal peut bel et bien être un outil culpabilisant plutôt que libérateur. Alors d'accord, c'est plus facile à dire qu'à faire, mais essayez tout de même de garder à l'esprit qu'il est là pour vous servir, et pas l'inverse !

    Si vous voulez démarrer un bullet journal mais ne savez pas par où commencer, jetez un coup d'œil à cette vidéo :

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