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    Posted on 23 juil. 2016

    Ces femmes britanniques ont toutes survécu à l'excision

    Le projet photographique The Face of Defiance (Le visage du défi) présente quelques-unes des 100 millions de femmes ayant été victimes de mutilations génitales féminines.

    Au début de l'année 2015, Leyla Hussein, psychothérapeute et militante contre les mutilations génitales féminines (MGF), a contacté le photographe Jason Ashwood avec l'idée d'un projet photographique qui célébrerait les survivantes de MGF -des femmes belles, confiantes et fières de leurs accomplissements, et ce malgré leur souffrance.

    Le résultat est The Face of Defiance (Le visage du défi), une série de portraits et d'interviews de femmes britanniques qui ont survécu aux MGF.

    Une déclaration accompagnant The Face of Defiance décrit les MGF comme «la pratique de percer, couper et/ou coudre ensemble les organes génitaux d'une femme (souvent décrite comme "coupée")».

    La déclaration poursuit: «Les MGF sont ancrées dans de nombreuses communautés africaines et bien que les raisons de ces agissements soient très complexes, elles peuvent être résumées comme étant grandement fondées sur des systèmes sociaux de chasteté, de contrôle et de perception de la féminité. Dans l'ensemble, plus de 100 millions de femmes ont été victimes de MGF, un problème de plus en plus fréquent dans la société occidentale.»

    Voici les portraits réalisés par Jason Ashwood de ces femmes, qui racontent leur histoire avec leurs propres mots.


    Aissa Edon, sage-femme à Londres et fondatrice de la Hope Clinic, une association venant en aide aux victimes de MGF

    Jason Ashwood / DIIMEX

    «Je me souviendrai toute ma vie de cette douleur. Ce qui avait commencé comme un beau voyage de petite fille est devenu mon pire cauchemar. L'odeur, les cris, la vision et la sensation du sang sortant de moi perdurent encore aujourd'hui. Cependant, malgré l'adversité et le traumatisme, je souhaite partager un message d'espoir. L'espoir d'une vie qui peut continuer, avec la considération et les soins appropriés.»

    «J'ai été victime de MGF de type 1 (qui est considéré comme le moins intense), mais je souffre toujours de troubles urinaires. J'ai dû me faire opérer plusieurs fois lorsque j'étais enfant, et j'affronte encore certaines difficultés aujourd'hui.»

    «En plus, la MGF a eu des conséquences psycho-sexuelles sévères sur moi. Je faisais des cauchemars, flash-backs récurrents de mon enfance. Je me suis longtemps sentie coupable, non pas d'avoir été victime d'une MGF, mais parce que je n'ai pas pu protéger ma petite sœur de ce sort. Je me sentais incomplète en tant qu'être humain et en tant que femme, car j'avais l'impression que l'on avait retiré une part de moi. La MGF a marqué ma vie pour toujours. Mais elle a également fait de moi la personne que je suis aujourd'hui. Je reconnais que ces cicatrices mentales et émotionnelles font partie de mon trajet, mais qu'elles ne sont pas ma destination, ni ma fin.»

    «Mon histoire aurait pu s'arrêter ce jour-là, mais malgré ça, je pense être une femme chanceuse. Il y a onze ans, j'ai rencontré un homme qui m'a sauvé la vie. C'était un docteur qui proposait des opérations de reconstruction clitoridienne. Mais en réalité, il était bien plus que ça: il encourageait les femmes, il leur donnait le pouvoir de pouvoir vraiment vivre leur vie. Pour moi, ça a marqué un nouveau départ, mon nouveau voyage. J'étais responsable et j'étais libre de faire tout et n'importe quoi.»

    «Ça m'a donné la force de partager mon histoire. De donner de l'espoir aux femmes qui ont renoncé à la vie suite à une MGF.»


    Fatoumata Jatta, elle travaille avec des enseignants et des écoles pour éviter les MGF dans les communautés affectées

    Jason Ashwood / DIIMEX

    «Si je suis forte, c'est grâce à mes parents et à ce qu'ils m'ont appris sur le fait d'être une femme. En tant qu'aînée de six enfants, dont cinq sont des filles, j'ai vraiment ressenti grâce à eux que la place des femmes dans ce monde est la même que celle des hommes, différentes mais égales.»

    «Je n'ai jamais douté de leur amour pour moi, ni de leur confiance en mes capacités à faire les bons choix pour moi, pour eux, et pour mes frère et sœurs, ce qui est une responsabilité dont je suis très fière et que je suis soucieuse de protéger. Ce sentiment de sécurité ne vient pas seulement de mes parents, mais aussi du reste de ma famille, une grande famille de Gambie où tous sont aimants, intelligents, beaux et passionnés.»

    «C'est la raison pour laquelle le fait d'avoir été coupée, d'avoir survécu à cette pratique, et de vivre avec les conséquences a souvent semblé si distant de ma compréhension de ma propre identité, et j'ai dû apprendre à intégrer cette partie de ma vie afin de m'accepter complètement. Intellectuellement, j'ai toujours compris que si ma grand-mère m'avait fait couper quand j'étais bébé, c'est parce qu'elle croyait vraiment que c'était la meilleure chose à faire pour moi, que pour elle c'était la bonne chose à faire. Mais émotionnellement, j'ai dû comprendre et donner un sens aux sentiments qui sont restés: la confusion, la colère, la honte, l'impuissance, la perte et le deuil.»

    «Pour moi, ça a été un processus d'acceptation de nombreuses choses; que le fait d'être coupée ne me rend pas plus femme, comme ma grand-mère le pensait, mais il ne me rend pas non plus moins femme, comme je l'ai pensé. Que les gens que vous aimez, en qui vous avez confiance et qui vous aiment en retour puissent vous causer de la douleur et du tort, et que c'est une bonne raison de craindre l'intimité, mais pas assez bonne pour la rejeter. Que je peux être en colère et contrariée contre les personnes que j'aime, et que c'est normal. Que je peux être à la fois forte et vulnérable en ce monde. Qu'il n'y a rien que je puisse faire pour changer ce qui s'est déjà produit, mais que le "maintenant" est entre mes mains et qu'il y a toujours un moyen de me rendre plus forte et d'obtenir le meilleur de ce que j'ai.»

    «Je suis fière d'avoir dépassé mes peurs pour pouvoir prendre position contre les MGF. Les filles et les femmes ne devraient pas se faire couper –c'est douloureux physiquement et émotionnellement, c'est dangereux, et c'est inutile.»


    Feyrus Hussein, militante contre les MGF

    Jason Ashwood / DIIMEX

    «C'est plus que des mots écrits ou des mots prononcés; c'est bien plus qu'une simple expérience. C'est un deuil et une trahison psychologiques qui se répètent en moi depuis que je suis enfant.»

    «Tout a commencé à l'âge de 5 ans, dans ma ville natale de Mogadiscio (Somalie), où tout n'était que paix et amour. Je me rappelle que ma maison était décorée et que les gens apportaient des cadeaux. C'était agréable d'être entourée de toutes ces personnes heureuses. Moi et Leyla, ma sœur aînée, étions en train de jouer et une voisine est venue et m'a emmenée dans une autre pièce. Dans la pièce où elle m'a emmenée se trouvait une table à manger. Tout le monde était rassemblé autour de cette table et un homme avec d'étranges outils était assis en face de la table. L'homme a parlé et ce sont les mots exacts qui sont sortis de sa bouche: "Mettez-la sur la table et attachez-la", et à partir de cet instant, j'ai commencé à pleurer et à crier en appelant ma sœur qui était restée dans l'autre pièce. Alors que je pleurais de terreur, j'ai cherché ma mère dans la pièce, mais je ne l'ai pas vue.»

    «Lorsque j'ai réalisé que je ne recevrais pas d'aide, j'ai fixé le plafond. Je me rappelle que j'avais froid, que je me sentais humiliée, confuse, et j'ai senti la pire douleur au monde. J'ai commencé à me renfermer, mais le bruit des outils a captivé mon attention tout au long de la procédure.»

    «Aujourd'hui, j'ai 33 ans et deux beaux garçons, et ils m'ont aidée à vaincre mes tourments et à devenir forte pour les protéger et les empêcher de souffrir. J'ai des garçons, mais lorsque j'étais enceinte, tout ce à quoi je pouvais penser était que je ne pourrais jamais faire de mal à mon enfant si c'était une fille, et que je ne voudrais jamais qu'elle subisse ce que j'ai subi. J'avais des infections urinaires et je me suis retrouvée à l'hôpital à cause de douleurs pendant mes règles et des cauchemars que j'avais. Je pense que si les femmes se serrent les coudes, nous pouvons protéger nos filles des MGF et éduquer les gens sur le mal que ces pratiques causent. Nous devons montrer aux gens que ça n'a rien à voir avec notre religion.»

    Hawa Daboh Sesay, militante pour les droits de l'homme

    Jason Ashwood/ DIIMEX

    «J'ai été victime de mutilation génitale féminine à l'âge de 13 ans, au Sierra Leone. Je me rappelle que ma vieille tante est venue me chercher pour m'emmener dans la province du Nord. Le matin, ils m'ont emmenée à la rivière, où j'ai vu de nombreuses femmes chanter et danser. Avant que je ne puisse réagir, on m'a jetée au sol. J'ai ensuite senti une vive douleur et j'ai commencé à saigner. Ce souvenir ne peut pas être effacé de ma mémoire.»

    «Ça n'est que lorsque j'ai eu mes propres enfants que j'ai réalisé que ce sont les MGF qui avaient rendu mes accouchements difficiles. J'ai aussi eu de sérieux problèmes de santé et psychologiques. La procédure se déroule généralement en secret, dans un buisson. Ça m'a laissée avec une douleur atroce. La pensée de l'opération, lors de laquelle j'ai presque saigné à mort à l'âge de 13 ans, me traumatise encore aujourd'hui et elle m'a laissée avec des problèmes physiques et des traumatismes psychologiques que j'aurai à vie.»

    «J'ai donc décidé de m'assurer que ma fille ne vive pas les mêmes traumatismes que j'ai vécus. Je lui ai expliqué les dangers de cette pratique, et que le fait de suivre nos traditions ne veut pas dire que nous devions suivre la pratique des MGF. Je suis allée de nombreuses fois au Sierra Leone avec ma fille, mais je m'assure qu'elle soit protégée et qu'elle ne s'approche pas des vieilles femmes. Elle a compris la souffrance que j'ai vécue et m'a rejoint dans mon combat contre les MGF.»

    «C'est une tradition de la préparation du passage à l'âge adulte pour les femmes qui existe depuis une éternité. Je demande aux pays dans lesquels les MGF sont pratiquées de travailler à un changement social. Nous ne devrions pas suivre ces traditions qui vont à l'encontre des droits de l'homme –nous sommes les personnes qui décident et nous sommes les personnes qui font les traditions. Les traditions ne viennent pas de Dieu -nous avons le droit de changer les cultures et nous devrions les changer. Je condamnerai toujours les MGF et je défie toutes les personnes qui utilisent la religion comme excuse pour mutiler des filles.»

    Hibo Wardere, militante contre les MGF et éducatrice en milieux scolaires

    Jason Ashwood / DIIMEX

    «Imaginez un instant avoir 6 ans, que l'on vous réveille à la première heure, que l'on vous lave, et que l'on vous habille de guenilles, avant de vous emmener vers une tente menaçante au fond de votre jardin. Et que vous y soyez victime de la coupure la plus cruelle qui soit. Vous n'oublierez jamais cette expérience de toute votre vie. Non seulement, vous souffrez de la coupure, mais il peut aussi y avoir de la dépression, un divorce, des violences domestiques. Chaque aspect du reste de votre vie est touché par cette coupure barbare.»

    «Nous pouvons éradiquer les MGF. Je suis restée silencieuse pendant quatre décennies et c'est la pire façon de souffrir. Mais je ne me tairai plus, plus de silence. Une fois que j'ai brisé mon silence, je me suis sentie comme le vent, libéré après avoir été coincé dans une grotte. Je veux être la voix des millions de femmes comme moi et je veux que ma voix soit la plus forte pour les éduquer, car je sais que ça marche. Et je sais que la plupart des femmes ayant survécu à cela n'ont pas encore fait le lien entre leurs problèmes quotidiens et les MGF. Nous devons leur montrer ce lien. C'est de la maltraitance sur enfants, et nous devons faire comprendre ça aux survivantes en les éduquant.»

    Hoda Alo, infirmière, militante et spécialiste en MGF

    Jason Ashwood / DIIMEX

    «J'ai été coupée en Somalie lorsque j'avais 7 ans. À l'âge de 12 ans, j'ai vécu ma première hospitalisation grave à la suite de complications dues à la MGF. Des règles stagnantes se sont infectées et ont causé une inflammation du pelvis car je ne pouvais pas avoir mes règles à cause du petit trou laissé par la MGF.»

    «Après de nombreuses opérations chirurgicales en Somalie, à Djibouti et en Italie, j'ai commencé à avoir mes règles à 17 ans. Des complications médicales ont continué à perturber ma vie avec des infections, des adhérences, des problèmes de fertilité, une fécondation in-vitro, et une fausse couche. En raison de mes difficultés à procréer à cause des dégâts causés par la MGF, j'ai eu recours à une fécondation in-vitro. Cependant, des médecins m'ont dit que cela était trop risqué pour mes organes internes et que la procédure devait être interrompue.»

    «J'ai vraiment souffert de tellement de façons différentes à cause des MGF, et il y a bien d'autres personnes comme moi. Ma souffrance m'a inspirée à aider les autres à gérer ce qu'elles ont subi, j'ai décidé de dédier ma vie professionnelle à sensibiliser sur les MGF et à m'assurer que les filles soient traitées avec dignité et compassion lorsqu'elles rencontrent des professionnels de santé.»

    «Ma mère était une victime et ma grand-mère avant elle. Mais il n'y a maintenant plus de MGF au sein de ma famille, et bien que je ne puisse pas avoir d'enfants, j'ai aidé à protéger mes nièces. Elles font partie de la première génération sans MGF. Je rends mes nièces plus fortes en leur disant: "Aimez-vous de la façon dont vous aimeriez que les autres vous aiment, et dites-vous toutes les choses que vous aimeriez que quelqu'un vous murmure à l'oreille. Battez-vous pour vous et pour les gens qui vous entourent, et soyez la voix des personnes qui ne peuvent pas s'exprimer."»

    Jay Kamara-Frederick, professionnelle dans le marketing et militante contre les MGF

    Jason Ashwood / DIIMEX

    «Pourquoi et comment je suis devenue une femme si forte? Je crois vraiment que nos vies sont la somme des choix que nous avons faits et j'ai d'abord choisi de vivre.»

    «La journée après avoir été coupée ne m'a semblé durer que quelques secondes pendant lesquelles j'ai fermé les yeux et coupé mon esprit du bruit et de la douleur. En réalité, ce fut une journée d'incertitude pour les gens qui me surveillaient. Mes yeux se sont lentement ouverts et se sont connectés aux yeux de ma mère, elle avait l'air inquiète, les traits tirés. Mais lorsque nos yeux se sont trouvés, elle m'a demandé: "Est-ce que tu veux vivre?" Avant d'ajouter: "Si c'est le cas, tu ferais bien de te battre." Alors que je fermais les yeux, l'esprit errant sans vraiment comprendre ce qui se passait, j'ai choisi de vivre, puis j'ai prié pour que Dieu préserve mon âme. Par la suite, je me suis réveillée toujours comme une fille de 15 ans, mais avec une nouvelle normalité.»

    «Bien des années plus tard, lorsque les flash-backs ont commencé, j'ai décidé que je devais survivre. Aujourd'hui que j'ai accepté mon histoire et son but, j'ai décidé de prospérer pour le reste de ma vie. Puisqu'il est de mon devoir et de ma responsabilité en tant que capitaine de mon navire de naviguer à travers chaque tempête, chaque haute vague, et chaque mer calme du mieux que je le peux et de ne pas abandonner mon navire jusqu'à ce qu'il trouve une fin naturelle.»

    «La douleur fait partie de ma vie. Ma foi m'a appris à ne pas me demander pourquoi, mais à comprendre que c'est une partie d'un morceau plus grand de ma vie. C'est un moment qui est passé, bien que son souvenir soit gravé à jamais. Comme la naissance d'une perle, je crois que quelque chose de bon résultera de cette douleur. J'ai développé cette force car je ne veux pas que ma douleur soit vaine. Si ça venait à se produire, tout ceci se serait produit pour rien.»

    Sarian Karim Kamara, agent de développement communautaire, animatrice communautaire, activiste, et militante contre les MGF

    Jason Ashwood / DIIMEX

    «J'ai été coupée, avec ma sœur, par la société Bondo, à Freetown en Sierra Leone, à l'âge de 11 ans. Certaines personnes pensent que les MGF ne sont que des pratiques culturelles, que c'est normal ou acceptable dans certaines communautés. Mais ça n'est pas acceptable, car ça cause tellement de peine physique et psychologique et ça n'apporte aucun bénéfice. Ça altère également les relations, mais les gens ne parlent pas de ça.»

    «Je n'avais que 11 ans, j'en ai aujourd'hui 36. J'ai eu cinq enfants, et la douleur que j'ai vécue ce jour-là ne peut être comparée à aucun de mes accouchements. C'est indescriptible. Aucun de mes enfants ne subira de MGF –j'ai mis un terme à ce cycle au sein de ma famille et pour les générations à venir, aucune de mes filles ne sera coupée.»

    Leyla Hussein, psychothérapeute et militante contre les MGF

    Jason Ashwood / DIIMEX

    «Je n'ai réalisé à quel point les MGF avaient affecté ma vie que lorsque je suis tombée enceinte. Ma grossesse a été extrêmement traumatisante et j'ai été extrêmement dépressive. À chaque fois que j'avais un rendez-vous médical, je me sentais malade au point de m'évanouir. Je me sentais anxieuse à chaque fois que quelqu'un me touchait, et j'avais des crises de panique à chaque fois que le personnel médical m'auscultait. C'est pourquoi je suis devenue thérapeute, pour aider les femmes ayant subi des MGF en parlant des effets psychologiques. Je ne pouvais pas échapper au sentiment de honte qui me suivait comme un nuage au-dessus de la tête. Ça n'est qu'à ce moment-là que j'ai réalisé que j'avais vécu des flash-backs durant ma grossesse.»

    «C'est ce jour-là que j'ai décidé que ma fille ne subirait jamais ça. De nombreuses personnes n'arrivent pas à comprendre qu'à partir du moment où une enfant est attrapée et attachée à une table, elle a été violée et traumatisée par quelqu'un en qui elle avait confiance, et elle gardera ces cicatrices émotionnelles pour le reste de sa vie.

    «La thérapie m'a sauvé la vie et m'a donné la chance de trouver ma voix et mon pouvoir; ma mission est désormais de créer des endroits plus sûrs pour que les femmes et les filles puissent enfin comprendre que les MGF sont de la maltraitance, point barre.»

    BuzzFeed Daily

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