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    Que faire si vous êtes victime de cyberharcèlement?

    Vague d’insultes sur Twitter, menaces reçues en DM ou par SMS, photos intimes publiées sans votre accord… Le cyberharcèlement peut prendre de nombreuses formes. Voici des conseils pour vous aider à faire face à ces situations de crise.

    Rebecca Hendin / BuzzFeed

    Le cyberharcèlement est le fait d’harceler une personne en utilisant les nouvelles technologies. Cela peut donc se passer sur les réseaux sociaux, les forums, les tchats, les jeux en ligne, mais aussi via les mails, les SMS, ou encore les sites de partage de photos.

    Il peut être le fait d’une personne mais aussi d’un groupe de personnes et peut prendre des formes très diverses:

    • insultes
    • tentatives d’intimidation
    • menaces
    • propagation de rumeurs
    • piratage de compte
    • usurpation d’identité sur le web
    • publication d'une photo intime d’une personne sans son consentement
    • création sur les réseaux d'un groupe, d'une page ou d'un sujet de discussion contre une personne.

    Il touche particulièrement les jeunes. Selon une étude coordonnée par le Centre Hubertine Auclert dans plusieurs collèges et lycées d’Île-de-France, 20% des filles interrogées et 13% des garçons avaient déjà été insultés en ligne sur leur physique.

    Mal connu, le cyberharcèlement est parfois pris à la légère. Et pourtant, ses conséquences peuvent être dramatiques, allant jusqu’au suicide. Selon le site «Non au harcèlement» du ministère de l’Éducation qui a lancé une campagne sur le sujet en 2015:

    «Il existe un consensus général selon lequel ces conséquences seraient plus importantes que celles du harcèlement traditionnel en raison des caractéristiques particulières de ce type de violence (anonymat, pouvoir de dissémination et public élargi, etc.).»

    Un exemple: selon une étude anglaise de 2011, 68.9% des victimes interrogées ont rapporté avoir au moins un symptôme du syndrome de stress post-traumatique et 34,9% présentaient tous les symptômes.

    C'est la première chose à savoir (et à se répéter en boucle si vous n’êtes pas complètement convaincu-e): ce n’est pas de votre faute. Vraiment. Cela ne viendrait à l’idée de personne de blâmer quelqu'un qui vient de subir le vol de sa voiture. Et pourtant il arrive régulièrement que les personnes victimes de cyberharcèlement s’entendent dire: «Oui, mais pourquoi est-ce que tu as posté cette photo aussi?» ou «Il fallait s’y attendre avec ton commentaire».

    C’est ce que l’on appelle le victim-blaming, comme le rappelle les Féministes contre le cyberharcèlement, un collectif né au début de l’année dans le but de «sensibiliser l’opinion et les réseaux sociaux au cyberharcèlement» et d’aider les victimes. «Il est important de s’entourer de personnes compréhensives, qui ne sont pas culpabilisantes et ne vont pas nous faire des reproches», détaille à BuzzFeed News Ketsia, une des cofondatrices du collectif.

    Selon Aroua Biri, une experte en cybersécurité qui travaille sur une application pour lutter contre le cyberharcèlement des mineurs, il arrive régulièrement que ces derniers pensent que tout ça «c’est de leur faute». «Ils ne comprennent pas que la situation n’est pas normale. Ils croient mériter ce qui leur arrive», insiste-t-elle. C'est pour cela que son appli, Hello Victor, disponible en version bêta, s'installe sur le portable de l'enfant, afin d'analyser les messages et de le prévenir qu'il est en train d'être cyberharcelé.

    Répétons-le donc: la personne qui est responsable de la situation est le ou les harceleurs, pas la victime.

    Il est très important de ne pas rester seul-e face à ce genre de situations et d'en parler à des membres de sa famille, à des amis de confiance... Des personnes avec qui vous allez pouvoir discuter de la situation et de l'impact que cela a pour vous.

    Si vous êtes mineur-e, «il ne faut pas avoir peur d'en parler aux parents», insiste Aroua Biri.

    «La majorité des jeunes cyberharcelés n'en parlent pas à leurs parents. Car ils ont peur de leur faire de la peine, ou ils ont l’impression que ça montre qu'ils ne sont pas autonomes, ou qu'ils vont les décevoir. Mais les parents sont heureux qu'on leur parle, car c'est comme ça qu'ils vont pouvoir aider leur enfant.»

    Certains élèves peuvent aussi craindre d'avoir l'étiquette de «balance», ou que la situation s'aggrave après en avoir parlé. Mais, selon l'experte en cybersécurité, «ils doivent dépasser cette appréhension, même si ça peut faire mal au début, que ça coupe des liens avec le groupe. Car sinon le harcèlement ne s’arrête pas.» Elle détaille:

    «Généralement, les harceleurs ont le sentiment que ça ne leur coûte rien. Ils s'attaquent aux personnes dont ils pensent qu'elles ne pourront rien faire contre eux et essaient de les isoler. Dès qu'ils voient que la victime a le soutien d'adultes et qu'ils risquent d'avoir des problèmes, généralement ils arrêtent.»

    Vous pouvez également en parler à d'autres adultes de votre famille, à des professeurs, des assistants scolaires, le ou la CPE, un-e psychologue, un-e assistante social-e, un-e infirmier-ère... Signalons également qu'il existe un programme d'«ambassadeurs lycéens» contre le harcèlement, soit des élèves qui ont reçu une rapide formation sur ces questions, vers qui il est possible de se tourner.

    La tentation, lorsque l'on est confronté à des gens qui nous insultent ou nous menacent, est de leur répondre. Pourtant, «c'est la dernière chose à faire», estime Max Chouzier, le juriste de l'entreprise de communication numérique Reputation Squad, qui a déjà travaillé sur des cas de cyberharcèlement.

    «Répondre, argumenter, essayer de les raisonner, ça n’a aucun intérêt car ça ne marche pas, détaille-t-il. Par contre, le fait de bloquer les personnes malveillantes marche très bien. L’intérêt principal est de ne pas recevoir une quantité de messages qu’on n'arrive pas à s’empêcher de lire. Or on sait qu’un message peut être aussi violent qu’un coup...»

    Plutôt que de tenter de répondre, il est préférable, après avoir conservé des preuves (voir un peu plus loin ci-dessous) de:

    -Bloquer le ou les auteurs de cyberharcèlement et signaler au réseau social les contenus problématiques, ainsi que leurs auteurs. Dans le cadre de sa campagne #stopcybersexisme, le Centre Hubertine Auclert a publié des tutoriels vidéo qui expliquent clairement comment signaler des contenus selon les différentes plateformes, ou demander le retrait de contenu intime ou personnel.
    Malheureusement, on sait que les signalements aux plateformes ne sont trop souvent pas pris en compte. Ainsi, 90% des personnes qui ont répondu au sondage lancé par BuzzFeed disent que Twitter n’a pas réagi quand ils ou elles ont été harcelé-e-s. Il ne faut pas hésiter à signaler plusieurs fois un contenu ou à demander à des proches de le signaler également. «Mais il faut s'organiser en groupe privé pour demander à des proches de le faire», précise Ketsia, afin que les harceleurs ne s'en prennent pas aux personnes qui veulent nous aider.

    -Signaler les contenus problématiques et leurs auteurs sur la plateforme de la police Pharos. Les signalements, qui peuvent être anonymes, vont alors être traités par des policiers et gendarmes spécialisés. Si le contenu est considéré comme illicite, une enquête pourra être ouverte.

    -Il existe également la plateforme de signalement pointdecontact.net, mise en place par l'Association française des prestataires de l'internet (AFPI), qui fera remonter aux autorités en cas de contenus contraires à la loi. Elle vous permet de signaler, entre autres, des incitations à la violence, des «provocation aux crimes et délits contre les personnes» et des «provocations au suicide».

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    Faites le tour des paramètres de sécurité et de confidentialité sur vos différents comptes pour voir tout ce que vous pouvez modifier pour vous protéger. Il peut être intéressant de changer son nom sur le ou les réseaux, de protéger ses tweets ou de changer son nom d'utilisateur sur Twitter (qui est précédé d'une arobase) si l'on a des mentions en masse, de limiter les personnes qui peuvent commenter vos statuts sur Facebook...

    On peut également supprimer l’appli de son portable pour ne plus recevoir les notifications, voire carrément désactiver son compte le temps que la tempête se calme.

    Si on est attaqué-e sur un réseau social, il faut enlever tous les liens qu'il peut y avoir vers ses comptes sur d’autres plateformes (comme Snapchat), mais aussi son adresse mail si elle est visible, son téléphone, son adresse... Faites une recherche internet à votre nom et effacez toutes les informations personnelles que l'on peut trouver sur vous et qui pourraient être utilisées par les harceleurs.

    «Ça peut être difficile, car certains pensent qu'il est important de répondre, mais le mieux est souvent de s'en éloigner un temps», analyse Aroua Biri.

    «Le mieux est de prendre du temps pour soi. Prendre un bain, passer du temps avec des proches, regarder un film, se faire un thé...», abonde Ketsia. «Si on a été pris-e pour cible car on était en train de se battre pour ses convictions féministes ou antiracistes, il peut être revigorant de se replonger dans la lectures d'ouvrages qui parlent de ces sujets», ajoute-t-elle.

    En effet, il ne faut pas sous-estimer l'impact que le harcèlement peut avoir sur nous. Le temps de la pause, on peut demander à des proches en qui on a confiance de donner de nos nouvelles sur les réseaux, et de nous prévenir quand la vague retombe. Si c'est nécessaire, «ils peuvent aussi poster des messages qui invitent à plus de compassion envers la victime et montrer que cette situation n’est pas normale», ajoute Ketsia.

    Il est important de garder des preuves de ce qu'il s'est passé. Pour cet article, nous avons interrogé une des personnes en charge de la sécurité à BuzzFeed. Ce dernier conseille de demander à des proches de faire ce travail à notre place car il est particulièrement douloureux de lire les insultes ou menaces que l'on a pu recevoir. Il est très important de s'en protéger. Les personnes en qui on a confiance vont pouvoir, à notre place, constituer un dossier avec toutes les traces du harcèlement.

    Elles vont devoir faire des captures d'écran des messages problématiques. «Mais il vaut mieux aussi avoir l'URL avec», indique Ketsia, qui conseille d'utiliser TweetSave, qui permet de «sauvegarder les tweets même s'ils sont ensuite supprimés». Si le commentaire a été effacé, on peut essayer de le retrouver sur le site Internet Archive Wayback Machine, qui archive les pages web.

    Si on en a les moyens, le mieux est encore de faire un constat d'huissier, dont le coût peut aller de 250 à 400 euros selon les personnes que nous avons interrogées.

    «Devant la justice, on peut toujours soupçonner que les captures d'écran aient été trafiquées, alors qu'avec un constat d'huissier la preuve est beaucoup plus difficilement contestable», explique Floriane Volt, avocate et membre de la force juridique de la Fondation des femmes.

    Dans certains cas, les harceleurs postent des informations privées sur la victime (son adresse, son numéro de téléphone...), voire des photos intimes (notamment dans les cas de revenge porn). Vous pouvez alors contacter l'administrateur du site où ces éléments ont été publiés pour lui demander de les retirer.

    «Mais, pour faire retirer une photo de nu, l'efficacité de cette demande dépendra du pays où le site est hébergé», note Max Chouzier de Reputation Squad. «Il est plus facile d’obtenir le retrait si le site est en France que s’il est aux États-Unis. Dans ce dernier cas, le fait d’invoquer le droit à la vie privée ne marche pas vraiment. Par contre, la demande a plus de chance d'aboutir si on leur dit qu'on est la personne qui a pris la photo car la propriété intellectuelle est quelque chose de très important aux États-Unis.»

    Sont punis par la loi: l'injure, le harcèlement moral (l’utilisation d’outils numériques étant un élément aggravant), le harcèlement sexuel, les provocations aux crimes et délits, l'usurpation d'identité, l'incitation au suicide, les menaces de mort, de viol, de commettre un crime ou un délit contre une personne, ainsi que les provocations aux crimes et délits.

    Vous trouverez ici les différents textes juridiques qui peuvent être utilisés pour se défendre, compilés par les Féministes contre le cyberharcèlement. Par ailleurs, le 28 septembre dernier, le projet de loi numérique, qui comprend des mesures contre le revenge porn, a été définitivement adopté par l'assemblée.

    Il existe deux manières de porter plainte au pénal. Tout d'abord, vous pouvez vous rendre dans un commissariat.

    «Il faut prendre son courage à deux mains: ça peut être très compliqué», prévient Delphine Meillet, avocate en droit de la presse et en droit à l’image, qui a traité plusieurs cas de cyberharcèlement. «Les officiers de police ne sont pas formés pour ça, donc il arrive régulièrement que les victimes ne soient pas bien reçues. Certains ne savent pas ce qu'est le cyberharcèlement, ou ne voient pas en quoi ça pose problème, ne savent pas que c'est une infraction...»

    L'avocate évoque des cas où les officiers de police ont refusé de prendre la plainte. «Si on est mal reçu, il faut faire comprendre qu’on connaît ses droits et qu’on est capable de revenir plusieurs fois», raconte de son côté Ketsia. Autre possibilité: se rendre dans un autre commissariat, y compris dans une autre ville, pour trouver quelqu'un plus à l'écoute.

    «Le policier peut aussi proposer une main courante, car c’est plus rapide à faire. Mais il faut insister pour porter plainte car la main courante n’aura aucun effet juridique», précise Delphine Meillet. L'avocate conseille de venir au commissariat avec son smartphone ou son ordinateur, ou sinon avec des captures d'écran, pour montrer le contenu en ligne. L'officier de police va alors pouvoir consigner sur le PV ce qu'il a vu.

    Pour porter plainte, il est également possible d'écrire directement au procureur de la République, avec un courrier avec accusé de réception (et en conservant bien le retour de l’accusé de réception). «Mais dans ce cas-là, il vaut mieux qu'un avocat le fasse pour vous, estime Delphine Meillet. Le procureur a tellement de dossiers que si on ne le relance pas, il y a de fortes chances qu’il classe sans suite.»

    Pour engager des poursuites, dans le cas où vous connaissez l'identité de l'auteur, vous pouvez également choisir la voie civile, plutôt que la voie pénale. Dans ce cas, il faut prendre un-e avocat-e, qui engagera une procédure en référé devant le juge civil, pour demander la suppression des contenus problématiques ainsi que des dommages et intérêts.

    «Le référé est une voie d'urgence, décrypte Delphine Meillet, qui sera donc plus rapide. Mais il est obligatoire de prendre tout de suite un avocat, ce qui n'est financièrement pas négligeable. Au pénal, on peut porter plainte sans prendre d'avocat. Voire on n'est pas obligé d'être accompagné-e par un avocat tout au long de la procédure -même si je conseille fortement d'en prendre un.»

    Un-e avocat-e peut également faire pour vous une mise en demeure: il s'agit de demander à la personne qui vous harcèle, si elle est identifiable, de retirer le contenu illicite avant une période donnée et de l'informer que, si cela n'est pas fait, vous l'assignerez en référé. Cela peut avoir un effet dissuasif efficace.

    En cas de diffusion d'une de vos photos intimes sans votre accord, vous pouvez également saisir la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés).

    Il existe plusieurs structures que vous pouvez contacter.

    -la ligne «Net écoute» de l'association e-Enfance: 0800 200 000 (numéro anonyme et gratuit), qui s'adresse en priorité aux mineurs et à leur famille.
    -le numéro «Non au harcèlement» du ministère de l’Éducation nationale: 3020 (anonyme et gratuit).
    -le numéro «Jeunes violences écoute» mis en place par la région Île-de-France: 0808 807 700 (anonyme et gratuit).
    -Le numéro vert national «Stop harcèlement»: 0808 807 010 (anonyme et gratuit)
    -le numéro national 08Victimes: 08 842 846 37 (non surtaxé), géré par l'INAVEM, la Fédération nationale d'aide aux victimes et de médiation.

    Si vous ne vous sentez pas bien, que vous avez des problèmes d'insomnie ou d'anxiété, parlez-en à votre médecin ou à un-e psy.

    Si la ou les personnes qui vous ont harcelé-e ont posté des photos intimes ou des informations sensibles vous concernant, vous pouvez contacter une entreprise de e-réputation pour qu'elle vous aide à faire disparaître ces éléments. «Ça peut rassurer d’avoir des professionnels qui vont pouvoir vous dire qu'il n'y a désormais plus rien de problématique en ligne», témoigne Max Chouzier.

    Comme dit plus haut, ce ne sont pas les victimes de cyberharcèlement qui sont responsables de la situation mais bien les harceleurs. Il faut au contraire soutenir la victime, en faisant preuve d'empathie. Demandez-lui si elle souhaite de l'aide, donnez-lui les numéros d'associations pouvant l'aider ou envoyez-lui cet article ou un autre lui donnant des conseils.

    #CyberHarcèlement: le comportement des victimes n'est pas en cause ! Stop au #VictimBlaming !!! #InternetSansRelou

    Faites-le sur le réseau social où les messages ont été postés, mais également sur la plateforme gouvernementale Pharos et la plateforme Point de contact.

    «Quand vous voulez intervenir sur les réseaux sociaux pour défendre une victime, il ne faut pas mentionner le nom exact de la personne, cela peut permettre à d'autres de l'identifier et ne fera que rendre le travail des agresseurs plus facile», prévient Ketsia.

    De la même manière, il est contreproductif de mentionner un hashtag pour le dénoncer, car ça lui donne plus de visibilité. Assez régulièrement, des hashtags apparaissent dans les «tendances» de Twitter à cause des personnes mentionnant le hashtag pour le critiquer.

    Les Féministes contre le cyberharcèlement proposent à ceux qui le souhaitent de se signaler comme #CyberAngel sur Twitter. En le faisant, ils et elles s'engagent à respecter la charte et à être toujours bienveillant-e-s.

    Je m'efforce d'être safe, si tu es cible/témoin de cyberharcèlement je serai une présence bienveillante #cyberangel

    Qui peut voir vos photos? Vos contacts? Le numéro de portable associé à votre compte? Faites le tour des paramètres de confidentialité sur les différents réseaux sociaux pour vérifier que vos informations sont protégées comme vous le souhaitez. Par exemple, sur Facebook, il est possible d'empêcher que son nom apparaisse dans les recherches. Si vous ne souhaitez pas que l'on vous retrouve via votre numéro de portable ou votre adresse mail, ne les associez pas à un compte sur un réseau social.

    Si jamais vous étiez pris-e pour cible par des harceleurs demain, quelles informations pourraient-ils trouver sur vous d'un simple clic? Faites une recherche sur votre nom ou votre pseudo, voyez ce qui ressort. Et faites en sorte de faire disparaître les informations que vous ne souhaitez plus voir en ligne (votre adresse sur les Pages blanches par exemple).

    Même chose pour les réseaux sociaux. «Il faut faire attention à ce que l’on publie et à qui peut y accéder, conseille Aroua Biri. Quand on poste une photo, on doit se demander "que pourrait faire mon pire ennemi avec ce contenu-là?". S’il peut en faire quelque chose, alors il faut peut-être mieux s’abstenir de poster cette photo.»

    L'idée n'est pas de s'empêcher d'avoir une vie sur les réseaux, mais d'être consient-e des informations que l'on peut donner à son insu. Par exemple, si vous postez la photo de votre habitation, ou de la vue de votre fenêtre, l'image peut potentiellement permettre à des personnes mal intentionnées de retrouver votre adresse –et c'est quelque chose dont il vaut mieux être au courant.

    Autre information à savoir: les métadonnées d'une photo donnent l'emplacement où elle a été prise.

    «Les personnes qui postent des selfies pris chez elles, dans leur chambre par exemple, ne se rendent pas compte que les données de la photo peuvent fournir leur adresse», détaille Aroua Biri.

    Certains réseaux sociaux effacent ces données quand vous la postez, comme Facebook, mais pas tous. De la même manière, si vous envoyez une photo par mail, elle aura toujours ses métadonnées. Si vous souhaitez effacer ces données, vous pouvez utiliser entre autres EZ UnEXIF, pour Android, ou Photo Investigator sur iPhone.

    Il existe des services, comme les alertes Google ou Mention.com, qui peuvent être paramétrés sur votre nom afin de recevoir un mail à chaque fois que celui-ci est mentionné sur un site. «Ça permet de repérer très vite un contenu, de voir si on n'est pas victime d’usurpation d’identité», avance Max Chouzier. Malheureusement, ces services ne pourront pas tout repérer, notamment ce qui est posté sur des groupes fermés.

    Si ce compte vous paraît mal intentionné, vous pouvez très bien le bloquer même s'il ne vous a pas encore parlé.

    «Souvent, sur les réseaux, il y a une certaine injonction au dialogue, décrit Ketsia. Si on voit que certains sont agressifs, il faut savoir qu'on n'est pas obligé de leur répondre.»

    Un conseil qui est particulièrement valable «pour les femmes ou les minorités», pour qui «parler de son vécu est souvent très risqué», décrit la militante. «Quand on parle de racisme ou de sexisme par exemple, on peut très vite être ciblé-e par des comptes malveillants.» Il est donc possible de les bloquer et de les ignorer. «Mais le choix de les affronter et de dénoncer leur attitude est tout autant valable et nécessaire», précise-t-elle.

    «On peut parcourir la timeline d’un compte avant de le suivre ou de l'ajouter comme contact», conseille Ketsia. Le but: s'entourer de personnes bienveillantes et éviter les comptes qui recherchent les interactions violentes.

    Sur Instagram, il est désormais possible d'activer la fonction «masquer les commentaires inappropriés»: les commentaires contenant des mots considérés comme offensant n'apparaîtront plus. Il est également possible d'ajouter des mots-clés personnalisés.

    Il est également possible de filtrer certains mots sur Tweetdeck.

    En août dernier, Twitter a mis en place deux nouvelles fonctionnalités, à activer dans ses paramètres. La première est un «filtre qualité» pour éviter les «tweets de piètre qualité». La seconde est la possibilité de limiter les notifications aux personnes que l'on suit.

    Two simple settings to give you better control over your Twitter experience. https://t.co/pEJuMUhCYs

    Enfin, Ketsia conseille, quand on évoque des comptes malveillants, de ne pas les mentionner directement. «Il est préférable de modifier leur nom d’une lettre ou deux, car ils peuvent faire des recherches de leur nom», énonce-t-elle.


    Mise à jour

    Ajout des vidéos du Centre Hubertine Auclert.


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