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    Posted on 28 sept. 2015

    «Polyglot», la websérie qui suit le parcours d'enfants d'immigrés à Berlin

    Primée dans plusieurs festivals, «Polyglot» gagne en succès de jour en jour.

    «Polyglot» est une websérie de fiction créée par Amelia Umuhire, une jeune cinéaste allemande de 24 ans, originaire du Rwanda.

    A. Umuhire / Via youtube.com

    La série à mi chemin entre fiction et réalité, suit la vie de jeunes polyglottes à Berlin. Et à son centre, celle de la poète, rappeuse, actrice Babiche Papaya, qu'on voit en quête d'un logement abordable.

    Contactée par BuzzFeed France, Amelia Umuhire nous a expliqué comment lui était venue l'idée de «Polyglot»:

    A. Umuhire / Via BuzzFeed France

    «Je souhaitais avant tout capturer ma vie actuelle et l'environnement mixte dans lequel moi et mes amis vivons. Le nom du titre fait référence aux personnes qui parlent plusieurs langues mais qui ont aussi l'habitude de naviguer entre différentes cultures.»

    La série évoque surtout la difficulté de venir d'ailleurs dans un pays comme l'Allemagne: «Même s'il existe des villes comme Berlin où l'on peut se sentir chez soi, on nous rappelle souvent que nous ne venons pas d'ici.»

    A. Umuhire / Via youtube.com

    Elle poursuit en évoquant un racisme «structurel», beaucoup moins flagrant que celui qui existe dans des pays comme l'Autriche ou la Hongrie.

    Un sujet qui la touche particulièrement, notamment avec la crise des réfugiés qui «aurait pu être évitée» selon elle, «si les pays occidentaux avaient pris les choses en main au moment voulu». Elle continue: «Ça me fait beaucoup de peine de voir des gens laisser leurs maisons, leurs racines, et les voir ensuite traités comme des criminels quand ils arrivent en Europe.»

    L'épisode 2 de la série, entièrement en français, s'appelle «Le mal du pays». Il souligne ce mal qu'on peut ressentir quand on est loin de son pays d'origine et de ses proches restés là-bas: «l'expression en français exprime parfaitement ce sentiment.»

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    youtube.com

    Amelia parle français grâce à une partie de sa famille qui habite en Belgique et parce qu'elle l'a appris à l'école. «J'ai grandi dans différents pays et parler plusieurs langues va aussi avec le fait de devoir s'adapter à un nouvel environnement à chaque fois.» Elle nous a expliqué que sa mère les a poussées, elle et ses sœurs, à continuer à parler le Kinyarwanda (une langue du Rwanda) pour rester connectées à leur famille.

    Les gens qui sont nés ici sont toujours considérés comme des étrangers même s'ils sont chez eux. Les enfants d'immigrés ont beaucoup moins de chance d'aller dans de bonnes écoles comparés aux autres, ils ont également beaucoup moins d'opportunités dans la vie en général. Quand on parle la langue et qu'on possède la nationalité allemande, les gens sont moins racistes, mais on aura toujours cette impression de devoir se justifier sur nos origines.

    À travers sa série, Amelia souhaite également mettre en avant un personnage noir qui ne soit pas «serveur, racaille, infirmière ou juste décoratif».

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    Elle estime que la manière dont les noirs sont montrés dans les médias et particulièrement au cinéma n'est pas la bonne: «Je pense que c'est en train de changer avec des femmes comme Lupita Nyong'o, Viola Davis, Ava Duvernay, Kerry Washington... mais le racisme persiste toujours et les stéréotypes demeurent avec.»

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