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    9 fois où l'Histoire de France a peut-être inspiré «Game of Thrones»

    Préparez votre sac à vomi.

    1. L’affaire de la tour de Nesle

    visualiseur.bnf.fr / Via commons.wikimedia.org

    Au XIVe siècle, les trois belles-filles du roi Philippe le Bel, Marguerite, Jeanne et Blanche, sont accusées de coucher avec de jeunes hommes dans la tristement célèbre ~tour de Nesle~. Isabelle de France, fille du roi, s’empresse de les dénoncer à son père et de livrer le nom de leurs amants: les frères d’Aunay. Les deux frères sont arrêtés et finissent par avouer leur «crime» sous la torture. Marguerite et Blanche, reconnues coupables d’adultère, sont tondues et envoyées en prison, tandis que les deux frères sont condamnés à mort. Par «condamnés à mort», il faut comprendre qu’ils ont été attachés à une roue et écorchés vifs (c’est-à-dire qu’un bourreau les a incisés de la tête aux pieds pour leur retirer toute la peau), puis émasculés. On leur a ensuite versé du plomb liquide sur le corps avant de les attacher à des chevaux qui les ont traînés jusqu’à l’endroit où ils ont finalement été décapités et pendus par les aisselles. Bref, ils sont morts.

    Selon la légende, la tour de Nesle aurait aussi été le lieu où une reine de France (peut-être Jeanne de Bourgogne) recevait ses amants avant de les enfermer dans des sacs pour les noyer dans la Seine. Sympa.

    2. Gilles de Rais

    BnF / Via commons.wikimedia.org

    Gilles de Rais était un chevalier et seigneur qui vécut au XVe siècle dans l’Ouest de la France, et le moins qu’on puisse dire est qu’il n’était pas très sympathique. Il est connu pour avoir enlevé, violé et tué au moins 140 enfants. Pour masquer leurs cris, il les suspendait par le cou, et après avoir accompli son forfait, les égorgeait et les regardait agoniser. On l’a aussi accusé de s’être adonné à des rituels sataniques et d’avoir tué les enfants pour les donner en offrande à Belzébuth, Satan et d’autres démons. Jugé pour ses crimes, Gilles de Rais fut condamné à être pendu ET brûlé.

    3. Isabelle de France

    expositions.bnf.fr / Via commons.wikimedia.org

    Isabelle de France (encore elle), était l’épouse du roi Édouard II d’Angleterre. Pour résumer, Isabelle de France a été du côté de son mari jusqu’à ce que celui-ci tombe sous l’influence du clan des Despenser, famille ennemie d’Isabelle.

    Alliée à son amant Roger Mortimer, la reine décide alors de déclarer la guerre à son propre mari et s’empare de son royaume dans une guerre éclair. Les Despenser sont condamnés à mort, l’un d’eux est dépecé et son corps jeté aux chiens. Le plus proche conseiller du roi, Hugues le Despenser le Jeune, est traîné nu à travers la cité de Hereford en mode Cersei, au milieu de la foule, puis châtré, écartelé, pendu, et son corps est dispersé à travers l’Angleterre. Édouard est accusé d’«incompétence» (lol) et fait prisonnier sous ce chef d'accusation. Isabelle place son fils sur le trône et devient donc régente du royaume. Mais comme les accusations contre son mari restent bancales et que la reine craint qu’Édouard complote depuis sa cellule en vue de reprendre le trône, celui-ci est mystérieusement victime d’un «fatal accident» (lol) et disparaît le 21 septembre 1327.

    4. Les suites de la bataille d’Azincourt

    D'Azincourt à Marignan. Chevaliers et bombardes, Gallimard / Musée de l'armée, 2015 / Via commons.wikimedia.org

    La bataille d’Azincourt, qui a eu lieu pendant la guerre de Cent Ans, est connue pour être l’une des pires défaites de l’Histoire de France. Elle se solde par la mort de plus de 6000 chevaliers français (contre, hem, 13 chevaliers anglais), parmi lesquels on compte de nombreux grands seigneurs.

    Mais comme si cela ne suffisait pas, le roi d’Angleterre décide de faire massacrer tous les prisonniers (ce qui, en principe, ne se fait pas), parce qu’ils sont si nombreux qu’il redoute une révolte. Les soldats anglais sont réticents, comprenant qu’ils ne pourront en tirer aucune rançon, mais le roi menace de pendre tous ceux qui refuseraient d’obéir. Chaque combattant se résout donc à tuer ses prisonniers en les égorgeant, en leur fracassant le crâne à la hache ou bien en les enfermant dans des granges auxquelles ils mettent le feu. Une bien mauvaise journée pour les Français.

    5. Le roi fou Charles VI

    BnF / Via commons.wikimedia.org

    Charles VI, dit «le Bien-Aimé» mais aussi «le Fou», fut roi de France de 1380 à 1422. Atteint de démence, il est notamment connu pour sa crise de folie dans la forêt du Mans à l’été 1392. Le roi, assoupi sur son cheval alors qu’il progresse avec sa suite dans la forêt, est surpris par le bruit d’une lance tombant sur le casque d’un page. Convaincu d’être la victime d’un complot, il se saisit de son épée, tue quatre de ses hommes, et s’attaque à son propre frère. Au cours de son règne, il est aussi persuadé d’être en verre, refuse de monter à cheval ou de marcher et demande à être transporté dans un char rempli de coussins. Voilà voilà.

    6. L’affaire des poisons

    Via commons.wikimedia.org

    L’affaire des poisons désigne une série d’empoisonnements survenus entre 1679 et 1682 dans l’entourage de Louis XIV. Tout commence en 1672, quand on découvre que la marquise de Brinvilliers a empoisonné son père et ses deux frères pour récupérer leur héritage. La marquise est condamnée à mort; quant au valet de son amant, lui aussi empoisonné, il est également exécuté pour avoir tenté d’empoisonner le roi sur ordre de son maître.

    Sept ans plus tard, une femme, Marie Brosse, révèle avoir aidé certaines épouses de parlementaires à empoisonner leur mari. Elle dénonce aussi une autre femme, appelée «la Voisin», qui aurait organisé des messes noires, notamment pour aider Mme de Montespan à revenir dans les bonnes grâces du roi. À cette occasion, un abbé aurait dit une messe sur le corps nu de la Voisin, puis celle-ci aurait tranché la gorge d’un nouveau-né et récolté son sang tout en récitant une prière. Lorsqu’elle est jugée avec 36 autres empoisonneuses, la Voisin avoue le meurtre de 2500 enfants nés avant terme, «brûlés dans le four, ou enterrés dans son jardin».

    La Voisin est condamnée à être brûlée vive, et après sa mort, sa fille accuse Mme de Montespan d’avoir également organisé l’empoisonnement de plusieurs de ses rivales, dont Marie-Angélique de Fontanges. Bref, en gros, tout le monde accuse tout le monde d’empoisonnements et les tribunaux fonctionnent à plein régime. Une bien belle époque.

    7. L’assassinat d’Henri IV

    digital.ub.uni-duesseldorf.de / Via commons.wikimedia.org

    François Ravaillac est connu pour être l’assassin du roi Henri IV. Le 14 mai 1610, alors que le convoi du roi est bloqué momentanément dans une rue à cause d’une charrette de foin, le meurtrier se précipite sur le carrosse royal et frappe de trois coups de couteau Henri IV, qui meurt quelques heures plus tard.

    Certains pensent que cet assassinat est le fruit d’un complot, une vingtaine d’autres ayant été déjoués tout au long de son règne. Ce qui est sûr, c’est que le sort réservé à Ravaillac fut terrible. Il fut condamné à être «tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes». Sa main droite fut «brûlée de feu de soufre», et sur les endroits tenaillés, il fut jeté du «plomb fondu, de l'huile bouillante, de la poix, de la résine brûlante, de la cire et soufre fondus ensemble». Par la suite, son corps fut écartelé par quatre chevaux, les membres séparés furent brûlés et ses cendres jetées au vent. Le supplice dura une journée entière et pendant l’écartèlement, il fallut même remplacer l’un des chevaux qui était trop fatigué. Ses parents furent condamnés à l’exil, ses frères et sœurs obligés de changer de nom, sa maison rasée et ses biens saisis. La justice à l’époque, ça rigolait pas.

    8. Henri III

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Anjou_1570louvre.jpg?uselang=fr
    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Jacques_Cl%C3%A9ment.jpg

    Henri III fut roi de France de 1574 à 1589, en pleine guerre de religion, et ce n’était pas un rigolo. Par exemple, il fit assassiner son rival politique le prince de Condé d’un coup de pistolet, puis fit promener son corps sur une ânesse avant de l’exposer à la vue de tous dans un château pendant deux jours. Plus tard, il fit assassiner le duc de Guise, un autre rival, puis son frère le cardinal de Guise. Hélas, le vent tourne toujours, et Henri III fut assassiné le 1er août 1589, alors qu’il recevait, assis sur sa chaise percée, un moine du nom de Jacques Clément. Celui-ci en profita pour poignarder le roi au bas ventre, façon Tywin Lannister. Henri III parvint à arracher le couteau et poignarda son agresseur à son tour en criant: «Méchant moine, tu m'as tué!» Le moine fut achevé par les gardes du roi, qui le jetèrent par la fenêtre, mais Henri III finit par mourir après une lente agonie.

    9. Le siège de Nesle

    Schweizergeschichte von der Bundesgründung bis Marignano / Via commons.wikimedia.org

    En 1472, la guerre fait rage entre Français et Bourguignons. Un jour d’été, le duc de Bourgogne arrive devant la charmante cité de Nesle, en Picardie. Il envoie l’un de ses hommes exiger qu’on ouvre les portes de la ville, mais pour exprimer leur désaccord, les archers de Nesle le tuent. Par la suite, prenant conscience qu’ils sont trop peu nombreux pour affronter un siège, les défenseurs de Nesle se ravisent et demandent à parlementer avec les Bourguignons.

    La suite n’est que confusion: les Bourguignons acceptent la reddition des archers de Nesle, mais alors qu’on ouvre les portes de la ville, certains archers tirent des flèches sur l’armée ennemie. Finalement, le duc de Bourgogne entre dans la ville et décide de massacrer tout le monde. Il ordonne de couper les poings des archers (pour qu’ils ne puissent plus tirer), de massacrer tous les habitants, de brûler les maisons et d’égorger tous ceux qui s’étaient réfugiés dans l’église. Une fois la «bataille» terminée, le duc aurait admiré les monceaux de cadavres avant de déclarer: «Voilà une belle vue! J'ai de bons bouchers.»

    BuzzFeed Daily

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