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Ce qui se cache derrière la peur des trous

La trypophobie, vous connaissez?

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Si vous n'aimez pas vraiment les images qui montrent plein de trous les uns à côté des autres, alors vous souffrez peut-être de trypophobie, et vous n'allez pas du tout aimer cet article.

La trypophobie, c'est la phobie des trous, mais surtout quand il y en a plusieurs comme dans le chocolat à bulles, dans les crêpes, les nids d'abeille, et les têtes de graines de lotus.

Mais il n'y a pas que les trous! Daniel J. Glass, un psychologue de l'université de Suffolk, explique à BuzzFeed News que des études ont montré que des motifs de bosses peuvent aussi causer des troubles chez les personnes souffrant de trypophobie.

«Donc il semble plus que ce soit le phénomène "motif" qui est le point important, plutôt que l'aspect "trou"», explique-t-il.

La trypophobie n'est pas encore une phobie reconnue, et c'est pour ça qu'elle ne figure pas dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM).

Arnold J. Wilkins, un professeur de l'université d'Essex, déclare à BuzzFeed News que c'était sans doute plus exact de dire que la «trypophobie se réfère à un dégoût plutôt qu'à une phobie de certaines configurations d'objets similaires, et de forme en générale ronde».

Selon Arnold J. Wilkins, les personnes qui disent avoir la phobie des petits trous souffrent en général de démangeaisons, de nausées, et d'autres symptômes habituellement associés à l'anxiété, comme des mains moites.

En fait, certains experts, comme Daniel Glass, pensent que la trypophobie est socialement contagieuse et se répand grâce aux réseaux sociaux et par pouvoir de suggestion.

«En regardant toutes ces photos que d'autres trouvent dégoûtantes, c'est facile de penser "effectivement,... c'est VRAIMENT dégoûtant!" Mais pourquoi autant de gens ressentent-ils du dégoût pour ces images au départ?» ajoute Daniel Glass.

«Ce serait bien plus difficile d'influencer des personnes pour qu'elles ressentent du dégoût en regardant des images de chatons», continue-t-il.

«Les phobies les plus communes comme la peur des araignées, des hauteurs, des chiens, des serpents, de l'obscurité, concernent des choses qui auraient pu représenter un danger pour nos ancêtres», explique Daniel Glass.

«Les individus qui avaient une vraie peur de ces choses avaient moins de risque de mourir avant de réussir à se reproduire, et ils nous ont donc transmis leurs gènes», a-t-il ajouté.

Certains spécialistes de l'évolution pensent que des motifs serrés d'objets déclenchent par erreur notre phobie des animaux à venin, qui peuvent avoir ce type de motifs.

Cependant, Daniel Glass n'est pas vraiment convaincu par cette explication. Il pense que ce serait plutôt lié à notre dégoût pour des lésions inhabituelles sur le corps.

«Pour moi, cela conforte l'hypothèse que la trypophobie est en fait un effet secondaire d'une tendance acquise au cours de notre évolution –et renforcée par un apprentissage tout au long de notre vie– de réagir avec dégoût à toute lésion inhabituelle sur le corps d'autrui», continue-t-il.

Éviter les fluides corporels, les blessures et la peau malade aurait épargné à nos ancêtres de se faire contaminer par des germes, a dit Daniel Glass. C'est pourquoi ces choses nous dégoûtent.

«Si nos ancêtres étaient face à quelqu'un qui avait des lésions comme des trous ou des bosses sur la peau, certainement causés par un parasite ou une autre infection, il est logique que ça les dégoûte», explique-t-il.

«Le fait que cette phobie soit souvent déclenchée dans notre société actuelle par des images de chocolat à bulles, de nids d'abeille, ou de têtes de graines de lotus est seulement une coïncidence», conclut Daniel Glass.

Ce post a été traduit de l'anglais.

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