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7 fois où les socialistes étaient contre la déchéance de la nationalité

Si François Hollande, Manuel Valls et les ministres actuels défendent la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux et son inscription dans la constitution, ce qui n'a pas toujours été le cas. La preuve.

Publié le

1. La gauche saisit le Conseil constitutionnel en 1996

Via conseil-constitutionnel.fr

Sous le mandat du Premier ministre Alain Juppé et du Président Jacques Chirac, une loi sur le terrorisme étend la possibilité de déchéance en cas d'actes terroristes. De nombreux socialistes vont ainsi saisir le Conseil constitutionnel (qui ne retoquera toutefois pas cette loi). Parmi eux: Robert Badinter, Bertrand Delanoë, Jean-Luc Mélenchon, Laurent Fabius, Jean-Marc Ayrault, Claude Bartolone et Ségolène Royal.

Ils dénoncent une loi qui «viole le principe d'égalité devant la loi pénale» et qui serait «contraire au principe de nécessité des peines».

En 2010, Nicolas Sarkozy proposait de retirer la nationalité aux personnes d'origine étrangère qui «auraient volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique». L'indignation socialiste était alors générale.

2. François Hollande contre «l'extension des possibilités de déchéance de la nationalité»

Via liberation.fr

En 2010, Libération, SOS Racisme et La Règle du jeu lancent un appel contre l'extension des possibilités de déchéance de la nationalité française. Il s'agissait de contrer une proposition faite par Nicolas Sarkozy la même année lors du discours de Grenoble. «Pour la première fois au plus haut de niveau de l’Etat, il aura été publiquement affirmé qu’il existe des "Français de souche" et des "Français de papier", comme le clame le Front National depuis sa création et au risque de crédibiliser ce dernier», s'indignent les signataires.

Parmi eux on trouve Martine Aubry, Julien Dray, les ministres actuels Harlem Desir, Laurent Fabius, Christiane Taubira et Myriam El Khomri, Manuel Valls et un certain François Hollande.

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3. Indignation de François Hollande (bis)

Le HuffingtonPost / Via huffingtonpost.fr

Rebelote la même année sur Europe1: «Aujourd'hui, je dis qu'il y a danger. La distinction entre les citoyens français selon qu'ils sont d'origines étrangères ou qu'ils sont "Français de souche". C'est par rapport à ces deux principes floués que moi je suis favorable à ce que tous les Républicains disent "voilà ce qui est acceptable et voilà ce qui est inacceptable"», affirmait-t-il.

4. Valls dénonce un «débat nauséabond et absurde»

dailymotion.com

Invité sur BFMTV en septembre 2010, le Premier ministre actuel estimait qu'il ne fallait pas étendre cette loi:

«Des personnes qui sont françaises depuis moins de dix ans et qui tuent un policier doivent-elles perdre leur nationalité? Posé comme ça, la question est caricaturale, est-ce que c'est ça qui empêchera les meurtres? Non. Vous avez dans la loi la possibilité de déchoir ceux qui s'attaquent à l'autorité de la nation? Je crois qu'il faut en rester là. On rentre dans un débat nauséabond et absurde… où on essaye de faire croire qu'immigration et insécurité seraient liées».

Il avait également développé ses propos au micro de RTL.

5. Ségolène Royal dénonce «une étape dangereuse et indigne»

Le HuffingtonPost / Via huffingtonpost.fr

Le 30 juillet 2010, la présidente de la région Poitou-Charentes avait aussi vivement réagi.

«L'intervention (...) du président Sarkozy marque une nouvelle étape dangereuse et indigne, dans une surenchère populiste et xénophobe. (...) Notre république est en train de pourrir par le sommet», s'était-elle indignée.

6. Le secrétaire national du PS David Assouline vote contre au Sénat

dailymotion.com

Le 3 février 2010, le Sénat approuvait par 182 voix contre 156 une série d'amendements supprimant l'article relatif à l'extension des motifs de déchéance de la nationalité. Tous les sénateurs PS avaient voté contre. «Vous voulez installer l'idée qu'il y a deux catégories de Français. (...) Une fois que vous aurez légitimé cette idée dans le droit, d'autres pourront plus facilement aller plus loin», avait déclaré le sénateur David Assouline, actuel secrétaire national du Parti socialiste. Il s'était également exprimé plus longuement dans une vidéo publiée sur le site du PS en septembre de la même année.

7. «Les heures les plus sombres de notre Histoire» pour Pierre Moscovici

Pool / Reuters

«Affirmer un lien de causalité entre immigration et délinquance est ignoble. Menacer de déchoir de leur nationalité les Français d'origine étrangère auteurs de certains crimes renvoie aux heures les plus sombres de notre Histoire. Il est désormais clair que, dans l'esprit du chef de l'Etat (...) il y a une sous-catégorie de Français, qui ne mérite pas les mêmes droits que les "Français de souche"», dénonçait le député PS Pierre Moscovici en 2010. Il avait appelé «solennellement tous les républicains de ce pays à dénoncer avec la plus grande énergie ces propos, et à s'unir pour combattre ensemble (...) les mesures que ces propos pourraient inspirer».

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David Perrotin est journaliste société chez BuzzFeed News France et travaille depuis Paris. Il écrit notamment sur les sujets liés aux discriminations.

Contact David Perrotin at david.perrotin@buzzfeed.com.

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