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18 choses que vous ignoriez peut-être sur les pertes blanches

Elles ne sont pas sales. Et ce n’est pas la seule raison pour que vous arrêtiez d’utiliser des protège-slips.

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C’est un sujet qui souvent génère «une expression de dégoût sur les visages des adolescents», raconte Dr Kpote, qui anime auprès de jeunes des ateliers de prévention autour de la sexualité.

The Grinder (Fox) / Via giphy.com

Résultat, par gêne, vous vous empêchez de poser les questions que vous avez le droit d'avoir sur cet écoulement vulvo-vaginal. «C’est dans le grand tout du tabou autour du sexe féminin: on a récemment un peu sorti le clitoris de l’ombre mais il reste encore le grand voyage à l’intérieur du vagin», souligne Dr Kpote. Alors, attachez vos ceintures (pas forcément de chasteté), parlons peu, parlons pertes blanches.

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1. Elles sont là pour (presque) toute la vie.

Bates Motel (A&E) / Via giphy.com

Les pertes blanches sont plutôt vécues comme quelque chose de négatif. La preuve: «des élèves demandent s’il y a des femmes qui ont la chance de ne pas en avoir», ajoute Mélanie Tonerie, infirmière scolaire exerçant au lycée Marie-Curie et au collège Emile-Maupas de Vire (Calvados). Spoiler: la réponse est non. Oubliez le ridicule panty challenge. Il arrive la même chose à toutes vos copines.

Les pertes blanches apparaissent à la puberté, avant les règles. Et, non, le nombre de mois séparant leur irruption dans votre culotte de celle des premières règles étant variable, on ne peut pas savoir à l’avance quand arriveront exactement vos premières règles.

Les pertes blanches ne disparaîtront qu’à la ménopause. En gros, elles sont là pendant «toute la vie génitale, dès que les ovaires sont fonctionnels», détaille la gynécologue Béatrice Guigues, ancienne vice-présidente du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

2. Elles n’ont rien à voir avec la «mouille».

Golden Globes / Via giphy.com

Mais attention, ce n’est pas parce qu’elles sont en lien étroit avec les organes reproducteurs féminins qu’elles servent un dessein reproductif. En clair, les pertes blanches sont des sécrétions vaginales différentes des sécrétions des glandes lubrifiantes (plus communément appelées «mouille» et qui servent à lubrifier le vagin lors d’un rapport sexuel).

3. Mais les rapports sexuels jouent quand même un rôle.

The Big Bang Theory (CBS) / Via giphy.com

Reste que c’est un peu plus compliqué que ça, car la pénétration sexuelle n’est pas sans influence sur les pertes blanches. L’explication est simple: les pertes blanches sont en partie constituées de la desquamation (la chute de la partie superficielle de l’épiderme, comme lorsque vous pelez après un coup de soleil) cellulaire des parois vaginales (le vagin, c’est ce qu’il y a à l’intérieur, l’extérieur étant la vulve).

«Le fait d’avoir une vie sexuelle active va modifier les sécrétions. Quand il y a un rapport sexuel, ça augmente les pertes, parce que la desquamation vaginale va s’accentuer, précise la docteure Béatrice Guigues. C’est mécanique, simplement dû au va-et-vient sur la muqueuse.»

4. Elles sont en fait sous influence hormonale.

En cloque, mode d’emploi (Universal Pictures) / Via giphy.com

Enfin, les pertes blanches ne sont pas toujours un signe d’activité sexuelle. Elles sont aussi là si vous êtes abstinent-e ou pratiquez plein d’autres choses que la pénétration vaginale. Parce qu’elles sont hormonodépendantes. Elles dépendent du taux d’œstrogène, cette hormone sexuelle produite par les ovaires (d’où le fait que les pertes blanches sont un signe du bon fonctionnement des ovaires).

5. C’est pour ça que leur consistance peut varier.

Giphy originals / Via giphy.com

Or les œstrogènes ne sont pas émis de manière constante tout du long du cycle menstruel. Par exemple, au moment de l’ovulation, les ovaires vont produire de manière croissante de l’œstradiol (un œstrogène). Et cette hormone va stimuler la production de glaire cervicale (rien à voir avec le cerveau, il est question ici de col de l’utérus).

«Quand, pendant deux-trois jours, les pertes blanches sont filantes et glaireuses, ce sont les sécrétions du col de l’utérus, développe la docteure Guigues. Autrement, c’est comme une petite pâte blanche plus ou moins épaisse, comme une petite crème.» Rien d’étonnant donc à ce que vos pertes soient un moment épaisses et visqueuses et plus liquides à un autre.

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6. Elles peuvent d’ailleurs vous indiquer quand a lieu votre ovulation.

La Belle au bois dormant (Buena Vista Pictures Distribution) / Via tumblr.com

«On peut donc savoir en regardant le fond de sa culotte plus ou moins le moment où on ovule, signale la docteure Guigues. Mais ce n’est pas pour autant une méthode de contraception efficace.» Ne serait-ce que parce que le vagin n’est pas un tube lisse et que le sperme éjaculé à l’intérieur ne redescend pas immédiatement et peut donc réussir à se frayer un chemin jusqu’à l’ovule bien après le rapport.

7. Et votre pilule ou votre DIU peut aussi en modifier l’apparence.

Les Simpson (Fox) / Via giphy.com

Puisque les pertes varient en fonction du taux d’hormones, elles sont forcément susceptibles d’être modifiées par une contraception hormonale, qu’elle soit prise par voie orale (pilule) ou non (implant, «stérilet» hormonal). Comme l’explique le soignant Martin Winckler sur son blog, «les contraceptions hormonales (pilules, implant, progestatifs injectables, DIU hormonal) empêchent l’ovulation en faisant croire au corps de la femme qu’elle est déjà enceinte». Donc sans ovulation il n’y aura pas de glaire cervicale.

8. Elles ne sont pas toujours blanches comme du dentifrice.

Monstres et Cie (Buena Vista Pictures) / Via giphy.com

En ce qui concerne la couleur tendant parfois vers le jaune de vos pertes blanches, rassurez-vous. Leur nom est un peu trompeur. Même leur nom savant, leucorrhée, qui vient du grec leukos, qui veut dire blanc (comme dans leucocyte, l’autre nom des globules blancs), et rhéô, qui signifie couler (comme dans gonorrhée, à la différence près que pour les pertes blanches il ne s’agit pas d’une IST). Leur éventail normal de couleur est en fait un peu plus varié. «Les pertes blanches, en extra-vaginal, sont toujours blanches ou transparentes, mais elles peuvent être plus ou moins jaunâtres au niveau du sous-vêtement», indique la gynécologue.

9. Et ce n’est pas un signe de maladie.

Mary Poppins (Buena Vista Pictures) / Via giphy.com

Malgré ces variations de consistance et une couleur plus ou moins crème, les pertes blanches n’ont pas à vous inquiéter. Elles sont physiologiques. C’est-à-dire qu’elles sont normales et pas du tout le signe d’une pathologie. Donc qui dit pertes blanches ne dit pas mycose ni parasite.

Elles contribuent même à votre confort intime. «C’est comme un petit lubrifiant. Elles évitent la sécheresse vaginale. Or les personnes qui ont des muqueuses vaginales trop sèches s’en plaignent», informe la docteure Guigues.

10. Tant qu’elles ne s’accompagnent pas de démangeaisons.

youtube.com / Via giphy.com

En revanche, vous devez vous alerter, insiste le Collège national des gynécologues et obstétriciens français sur son site, si les pertes deviennent «jaunâtres comme du pus» (signe de gonorrhée ou de chlamydia), verdâtres et mousseuses (ce que donne le parasite trichomonas). Idem si elles se mettent à ressembler à «du lait caillé», complète Béatrice Guigues. Dans ce cas, c’est signe qu’un champignon a envahi votre flore vaginale et que vous avez une mycose.

Et pas besoin de rester le nez fixé sur votre culotte pour détecter le moindre changement de couleur, car s’il est signe d’une infection il va s’accompagner d’autres symptômes: des irritations, des démangeaisons… «En cas de mycose par exemple, la muqueuse est rouge, inflammatoire. C’est très différent des pertes classiques. On ne peut pas confondre!»

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11. Ce qui ne les empêche pas de fourmiller de bactéries.

Hôtel Transylvanie 2 (Columbia Pictures) / Via giphy.com

Dites-vous aussi que dans vos pertes blanches prolifèrent en temps normal des tas de bactéries. Et que ça n’a rien d’alarmant. Parce que «ces bactéries constituent une flore vaginale en équilibre, qui protège des infections des "mauvaises" bactéries pathogènes», expose l’ancienne vice-présidente du CNGOF.

12. Mais elles ne sont pas sales pour autant: elles sont même un signe de propreté.

Baby Mama (Universal Pictures) / Via giphy.com

Continuons de mettre à plat les clichés: les pertes blanches ne sont pas cracra. «Elles sont souvent vécues comme quelque chose de sale, comme tout ce qui sort du sexe», appuie Patricia François, infirmière au collège Guillaume-de-Normandie, à Caen. Sauf que c’est l’inverse. «La nature est bien faite. Les pertes blanches ont un intérêt de nettoyage des parties internes. Tout est fait pour éviter la montée des bactéries de l’extérieur vers les parties plus intimes», poursuit sa consœur Mélanie Tonerie.

13. Ce ne sont pas elles qui tachent votre culotte.

In the Cut (Bounce TV) / Via giphy.com

Si vous n’êtes pas encore convaincu-e du génie de ces pertes blanches et continuez de les trouver dégueu, sachez qu’en fait elles ne sont pas forcément responsables des traces dans votre culotte une fois lavée. «Il y a aussi pas mal de transpiration. Et c’est la transpiration, acide, qui va abîmer les sous-vêtements», nous apprend Béatrice Guigues. Un peu comme les taches de vos t-shirts sous les aisselles malgré les lavages répétés.

14. Précisons aussi qu’elles ne sentent pas mauvais.

Baby Mama (Universal Pictures) / Via giphy.com

Quant à l’odeur dégagée par les pertes, elle existe, évidemment, mais n’est pas nauséabonde ni même désagréable. «Les pertes blanches ne sont pas malodorantes», assène la gynécologue. Si elles entraînent une gêne olfactive, c’est peut-être dû à un déséquilibre de la flore vaginale et le signe d’une vaginose (reconnaissable à son fumet de poisson pourri!).

Si vous êtes concerné-e, «ce n’est pas parce que le problème concerne votre appareil génital qu’un médecin généraliste ne peut pas s’en saisir», glisse Isabelle Louis, coprésidente de la Fédération Île-de-France du Planning familial. D’autant que «les mauvaises odeurs ne sont pas rattachées à une mauvaise vie, ce n’est pas une question de "mauvaise" sexualité, ni de mauvaise hygiène».

15. Il n’y a pas besoin de les laver avec du savon (c’est même dangereux).

Menteur, menteur (Universal Pictures) / Via giphy.com

On a vu que les bactéries vaginales n’étaient en rien vos ennemies: elles sont essentielles pour protéger votre vagin d’intrusions indésirables. Puisque «le vagin est un endroit hyper propre et autonettoyant, développe Isabelle Louis, tout ce qui peut solliciter la flore vaginale alors qu’elle n’en a pas besoin peut être irritant». Donc pas de douche intravaginale. JAMAIS.

Ce n'est non seulement pas du tout nécessaire mais aussi risqué. Un coup à avoir un déséquilibre de la flore vaginale. «Un savon n’est jamais vaginal, juste vulvaire. Il est déconseillé de mettre quoi que ce soit dans le vagin, ponctue Béatrice Guigues. Donc, si vous tenez à éliminer les sécrétions accumulées sur la paroi vaginale pendant la nuit, vous pouvez éventuellement les retirer sous la douche à l’eau claire avec un doigt.» Mais c’est tout!

16. Laissez-les tranquillement cohabiter avec les poils.

Sex and the City (HBO) / Via giphy.com

Et si vous pensiez que vous raser ou épiler le sexe avait l’avantage d’éviter non seulement les éventuels paquets de pertes blanches dans les poils mais était aussi un moyen de lutter contre les mycoses en évitant que se développe un milieu trop humide, favorable à la prolifération des champignons, détrompez-vous. Un sexe imberbe ne va pas vous protéger. «Quand on enlève la pilosité, la vulve est moins protégée. Cela favorise les infections», dépeint Béatrice Guigues.

17. Pas besoin non plus de les absorber avec un protège-slip (c’est même déconseillé).

Hello Ladies (HBO) / Via giphy.com

Le protège-slip serait-il alors le moyen d’éviter cette humidité? Pas vraiment. Outre l’aspect financier (malgré la «taxe rose», ça coûte bonbon), on peut supposer que l’on retrouve dans les protège-slips comme dans les tampons et les serviettes hygiéniques des produits toxiques. Pourquoi alors prendre le risque d’étaler une protection dans le fond de sa culotte? «Les protège-slips, mieux vaut éviter d’en porter. Il peut y en avoir qui sont irritants et provoquent des allergies», expose Béatrice Guigues.

«Aux jeunes filles qui demandent comment elles peuvent faire pour que ça ne tache pas leur culotte, je leur suggère d’utiliser des protège-slips en coton qui ne contiennent pas de produits chimiques et qui passent à la machine et sont donc plus écologiques», complète l’infirmière scolaire Mélanie Tonerie.

18. Encore moins avec un tampon.

She’s the Man (DreamWorks) / Via giphy.com

Précisons d’ailleurs à celles qui pensaient utiliser des tampons mini en dehors de leurs règles pour absorber les pertes blanches et éviter la sensation d’humidité dans la culotte que ce n’est pas une bonne idée (même si on était sûr de leur composition). «Cela va assécher la muqueuse. Et le risque du syndrome du choc toxique est plus important quand il y a peu de sécrétions. On ne va donc pas s’amuser à mettre un tampon pour ces pertes physiologiques. C’est disproportionné!» s’exclame la gynécologue.

Conclusion: «il faut laisser respirer», clame Isabelle Louis, du Planning. Ceci n’est pas une injonction à dormir nue. Juste un rappel que les pertes blanches, en fait, ne méritent pas de retenir sa respiration (puisqu’on l’a dit, elles ne sentent pas mauvais) ni d’être absorbées coûte que coûte.

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