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Voici à quoi ressemblent les forces de police dans le monde entier

Et les règles d'engagement qu'elles doivent respecter.

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Les morts récentes de Michael Brown, Tamir Rice et John Crawford III sous les balles d'agents de police aux États-Unis ont relancé le débat sur la façon dont la police appréhende les suspects et sur les conditions qui justifient l'emploi de la force.

Photographe pour Reuters, Marko Djurica a rassemblé une série de photos de forces de police et d'unités tactiques provenant de différents pays qui détaillent leur matériel et leurs règles d'engagement.

Ferguson, Missouri

Scott Olson / Getty Images

Les forces de police tentent de maîtriser les manifestants exprimant leur colère suite à la mort de Michael Brown le 18 août 2014.

À gauche : un agent de police dirige son arme sur une voiture accélérant et se dirigeant vaguement en sa direction. À droite : La police a recours à la fumée et au gaz lacrymogène pour disperser des manifestants, le 18 août 2014.

Aux États-Unis, un membre de la police est autorisé à avoir recours à la force létale si sa vie ou celle d'une tierce personne innocente est mise en danger et lorsqu'il peut empêcher quelqu'un suspecté d'avoir commis un crime grave et violent de s'échapper.

En Serbie, les policiers peuvent avoir recours à des mesures impliquant l'utilisation de matraques, de véhicules spéciaux, de canons à eau ou encore de grenades lacrymogènes, lorsqu'ils sont confrontés à des individus qui se sont regroupés sans autorisation et qui agissent de façon violente ou potentiellement violente. Ils ne sont autorisés à se servir d'une arme à feu que si leur vie est en danger.

Au Mexique, « lorsqu'une action violente perpétrée par un groupe d'individus ne peut être endiguée par la dissuasion, on a recours à un éventail de mesures progressives : 1. la persuasion verbale ou la dissuasion 2. des mouvements physiques limités 3. l'utilisation d'armes incapacitantes non létales et 4. l'utilisation d'armes à feu ou de mesures létales. »

Malaisie

Olivia Harris / Reuters

Des membres de la Federal Reserve Unit (FRU), les forces de police chargées de maintenir l'ordre public en Malaisie, portant leur tenue anti-émeute dans leur quartier général de Kuala Lumpur.

En Malaisie, les membres de la FRU ne sont autorisés à utiliser leur arme à feu que si les manifestants y ont recours. Aucune arme à feu n'a servi au cours de ces 59 dernières années, soit depuis la création de la FRU.

En Belgique, les membres de la police sont autorisés à avoir recours à toute mesure coercitive proportionnée après un avertissement, à partir du moment où leur fin est légitime et qu'il n'y a pas d'autre moyen de l'atteindre. Ils sont autorisés à utiliser leur arme en cas de légitime défense, lorsqu'ils font face à des contrevenants armés ou pour défendre des citoyens ou des lieux stratégiques, mais jamais pour maîtriser une foule.

La police de l'O.N.U. à Genève respecte le règlement qui s'applique à la police locale et cantonale. Il stipule que « le recours aux armes à feu est autorisé en dernier ressort s'il est proportionné aux circonstances » mais qu'il faut « éviter toute blessure grave lorsque cela est possible », de même, « toute utilisation d'arme à feu doit être précédée d'une sommation si les circonstances le permettent ».

L'Office des Nations Unies à Genève ne relève pas de la juridiction de la Suisse, le pays hôte.

À gauche : des membres de l'équipe de déminage de la police nationale philippine avec un détecteur de bombe et en tenue de déminage devant un commissariat à Manille.

À droite : un membre de la police nationale philippine sur un segway de patrouille devant un commissariat à Manille.

Aux Philippines, un agent de police est autorisé à avoir recours à des mesures extrêmes à l'encontre d'un suspect, mais uniquement si sa vie ou celle de la victime est en danger immédiat.

Venezuela

Carlos Garcia Rawlins / Reuters

Les agents Bello et Bogado de la police nationale vénézuélienne posant dans leur tenue anti-émeute près d'un mannequin en uniforme, lors d'une foire de Noël organisée par le gouvernement à Caracas.

Au Venezuela, les forces de l'ordre ne sont pas autorisées à porter et utiliser une arme à feu lors de manifestations pacifiques. Quand l'ordre est menacé et que les autres mesures de résolution des conflits ont échoué, les policiers ont la consigne d'avertir la foule ou les manifestants qu'ils vont avoir « recours à des mesures coercitives différentiées ».

Des mesures doivent être prises pour éviter de faire du mal aux enfants, aux personnes âgées et autres catégories vulnérables de la population. De même, aucun mal ne doit être fait à ceux qui n'ont pas recours à la violence ou se retirent du lieu de la manifestation.

Autriche

Leonhard Foeger / Reuters

Des agents de police autrichiens dans leur QG à Vienne. À gauche : un agent en tenue de combat. À droite : un agent de police anti-émeute. En Autriche, les armes à feu sont proscrites en cas d'émeute.

En Autriche, il est permis d'avoir recours à des armes létales pour contenir une émeute ou détenir un suspect dangereux, mais uniquement lorsque des mesures moins périlleuses « se sont révélées inappropriées ou se sont avérées inefficaces » et avec l'objectif d'éviter toute blessure grave lorsque cela est possible. Leur utilisation doit être proportionnée et précédée d'une sommation.

En Bosnie, les policiers sont autorisés à avoir recours à un éventail de mesures allant de l'utilisation de la matraque aux gaz chimiques irritants, en passant par les canons à eau, « les agents liants, les armes à feu et les explosifs », à partir du moment où elle est précédée d'un avertissement, où les autres méthodes d'intervention se sont révélées inefficaces et où elle ne s'applique pas aux enfants et aux personnes âgées, à moins que celles-ci fassent usage d'une arme à feu.

La mesure doit être « proportionnelle à la résistance et la violence opposée par l'individu contre lequel elle est exercée ».

En Inde, la RAF est sollicitée en cas de désordre violent qui ne peut être maîtrisé par la police. Son intervention requiert l'autorisation expresse d'un magistrat et ses membres doivent avertir les manifestants avant escalade dans le recours à la force. Les mesures vont d'abord de l'avertissement verbal à l'utilisation de canons à eau puis de gaz lacrymogènes, avant de passer aux balles en caoutchouc, aux armes anti-émeute et enfin aux armes à feu.

Afghanistan

Omar Sobhani / Reuters

Des policiers anti-émeute afghans dans leur base à Kaboul. (De g. à d.) Habib, 21 ans, Sayed Rahman, 22 ans, Mohammad Nabi, 22 ans, Momin Khan, 22 ans et Abdul Ali, 25 ans.

À gauche : des policiers afghans à Kaboul (de g. à d.) Shir Agha, 24 ans, Shkib, 24 ans, Qayam, 22 ans, Farid Ahmad, 26 ans et Sobhan Ullah, 22 ans. À droite : un policier afghan, Zabiullah, 24 ans.

En Afghanistan, « la police est autorisée à avoir recours à des armes ou des explosifs contre un groupe d'individus, mais seulement si celui-ci a (...) mis en péril la sécurité en utilisant une arme et si le recours à d'autres mesures coercitives (...) s'est avérée inefficace ». Les policiers afghans doivent lancer pas moins de six avertissements, trois avertissements verbaux et trois sommations, avant d'avoir recours à la force dans cette situation.

En Italie, les Carabiniers appartenant aux forces policières et paramilitaires suivent des instructions similaires, selon lesquelles l'usage d'armes n'est autorisé dans le cadre de leur service qu'en cas « d'absolue nécessité pour venir à bout d'une résistance, mettre fin à un acte de violence ou empêcher un délit [grave] ». La réaction doit être proportionnée à la situation.

En Grande-Bretagne, le recours à « des mesures létales ou potentiellement létales n'est autorisé qu'en cas de nécessité absolue, pour se protéger ou protéger autrui contre un danger de mort ou de grave blessure. »

Dans What is Policing?, P.A.J. Waddington et Martin Wright, les auteurs, expliquent que le choix qui a été fait de ne pas armer la Police Métropolitaine et de leur fournir un uniforme non militaire (il est bleu alors que celui de l'armée est rouge) était « une décision politique mûrement réfléchie qui avait pour but de distinguer la police du militaire. »

En dépit d'une croyance populaire indiquant le contraire, la police britannique a toujours eu accès aux armes et depuis 1984, des agents spécialement entraînés sont armés de fusils mitrailleurs MP5 (voir première photo ci-dessus).

Si l'on en croit Shooting to Kill: Policing, Firearms and Armed Response, l'ouvrage écrit par Peter Squire et Peter Kennison, « du point de vue du gouvernement et d'une grande partie de la presse tabloid, l'usage de fusils mitrailleurs était "regrettable mais nécessaire". »

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