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Test anti-drogue au lycée: la promesse en l'air de Valérie Pécresse

La présidente de la région Île-de-France veut mettre en place des dépistages après la rentrée 2016.

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Proposition sur laquelle elle est revenue sur France Info ce jeudi.

Elle souhaite notamment implanter un «référent drogue» dans chaque lycée de la région à la rentrée 2016 qui aura des outils comme «un test de dépistage qui permettrait de faire un état des lieux.»

«Ce que j'ai proposé (...) c'est la création d'un référent drogue et addiction dans chaque lycée dès la rentrée 2016», a dit Valérie Pécresse.

«Ce référent drogue et addiction, il aura (...) un premier outil qui peut-être un test de dépistage qui permettrait de faire un état des lieux. C'est légal, c'est déjà possible, lisez SOS Drogues Info Service, les proviseurs pourraient déjà le faire.

(...) Si vous avez lu mon programme attentivement, vous verrez que c'est marqué, que c'est à la demande des conseils d'administration des lycées, c'est un des outils que je mets à leur disposition. Ce test serait fait par des équipes médicales dans le cadre du secret médical, les résultats ne seraient donnés qu'à l'élève, s'il est mineur, à ses parents.»

Problème: ces tests sont illégaux, dit à BuzzFeed Me Etienne Lesage, avocat spécialiste en droit des mineurs et membre de l'antenne des mineurs du barreau de Paris.

«La loi prévoit de réaliser des tests quand quelqu'un est supposé avoir commis une infraction, par exemple au volant de son véhicule et que l'on veut vérifier si elle a utilisé des produits stupéfiants ou pas.

Je ne vois pas qui contrôlerait ces tests dans les lycées, je trouve ça légalement tout à fait aléatoire.»

«Ces tests voulus par Valérie Pécresse sont juridiquement inapplicables si le gouvernement ne l'a pas inscrit dans les textes de loi», dit aussi Jocelyne Grousset, secrétaire générale adjointe du syndicat des médecins scolaires SNSMU-UNSA Éducation:

«Les médecins scolaires ne sont pas sous l'autorité de la région mais de l'Éducation nationale. Ils doivent respecter le code de santé pénale. Et quand on effectue un examen sur un mineur il faut son accord et celui des parents bien évidemment.»

«Aucun texte de loi autorise ce type de dépistage individuel ou collectif en dehors d’une procédure judiciaire», confirme le ministère de l'Éducation nationale à BuzzFeed France:

«Le projet de Valérie Pécresse est difficilement réalisable, il butera sur la loi.»

Par ailleurs, le ministère ne souhaite pas commenter l'idée de considérer comme positif tout élève qui refuserait le test car la mesure ne sera de toute façon pas applicable.

.@vpecresse : "Ce test serait fait par des équipes médicales. Si l'élève refuse de se soumettre, il sera considéré comme positif"

De manière plus générale, dans le monde du travail, les salariés soumis au dépistage salivaire réalisé par leur employeur doivent être informés et donner leur consentement au préalable, selon la Direction générale du travail.

Assma Maad est journaliste chez BuzzFeed News France et travaille depuis Paris.

Contact Assma Maad at assma.maad@buzzfeed.com.

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