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Mariage pour tous: comment ont évolué les politiques de droite et d'extrême droite

En moins de deux ans, Nicolas Sarkozy, par exemple, a voulu abroger la loi Taubira puis la maintenir finalement.

Publié le

Nicolas Sarkozy

SAJJAD HUSSAIN/AFP / Getty Images

Avant le vote: En 2012, alors qu'il était en campagne pour un deuxième mandat à la tête du pays, Nicolas Sarkozy déclarait au Figaro qu'il n'était pas favorable au mariage pour tous. «En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu'il faille brouiller l'image de cette institution sociale essentielle qu'est le mariage.»

Un an après le vote: Il veut l'abroger. En novembre 2014, alors qu'il était en campagne pour devenir président de l'UMP, il a dit devant les militants de Sens Commun, un courant de son parti apparu dans le sillage de la Manif pour tous, qu'il était favorable à la réécriture «de fond en comble» de la loi Taubira et qu'elle devrait être «abrogée pour en faire une autre».


Aujourd'hui:
Il ne veut plus l'abroger. Dans son nouveau livre La France pour la vie publié en janvier 2016, Nicolas Sarkozy écrit qu'il n'abrogera pas la loi Taubira du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe.

Alain Juppé

MARTIN BUREAU/AFP / Getty Images

Avant le vote: En 2012, il disait être d'accord pour le «légaliser» dans un billet de blog. «J’aurais préféré qu’on utilise l’expression "union civile" à la fois pour les hétéros et les homos, et qu’on réserve le mot "mariage" à la sphère privée et religieuse; mais je n’en fais pas un point essentiel», précisait-il.

Juste après le vote: En mai 2013, le maire de Bordeaux a expliqué qu'il comptait appliquer la loi Taubira.

Aujourd'hui: En 2014, il confirme qu'il ne reviendra pas sur la loi Taubira dans une interview accordée aux Inrocks. «Je suis convaincu qu’on ne reviendra pas en arrière : on ne démariera pas les couples homosexuels».

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Jean-François Copé

THOMAS SAMSON/AFP / Getty Images

Avant le vote: Avant le vote, Jean-François Copé était contre. En 2012 par exemple, il avait appelé à manifester contre le projet de loi Taubira.

Une position qu'il n'assumera pas puisqu'en octobre 2013, sur le plateau de l'émission Des paroles et des actes, il dit: «Je n'ai jamais eu d'opposition d'aucune sorte à l'idée du mariage homosexuel.»

Juste après le vote: Il change d'avis. Au lendemain de l'adoption du texte par l'Assemblée nationale, Jean-François Copé explique que si la droite revient au pouvoir en 2017, elle n'abrogera pas la loi, mais ajoute qu'il «faudra certainement réécrire une partie du texte», sur les questions de filiation.

Aujourd'hui: Dans un portait que lui a consacré Libération en janvier 2016, on lit qu'il a regretté ses positions passées sur le mariage pour tous. «Contre le mariage homo, il regrette aussi d'avoir défendu une position qui n'était pas la sienne. En tant que chef de parti, il avait conclu que l'opposition radicale à la loi Taubira était nécessaire pour contrer le FN et rassembler l'UMP. Si c'était à refaire, il ne le referait pas.»

Bruno Le Maire

DAMIEN MEYER/AFP / Getty Images

Avant le vote: Il s'est abstenu lors du vote à l'Assemblée nationale. «Je m'abstiendrai pour rappeler qu'avec la précédente majorité nous avions proposé le contrat de l'union civile et le statut de beau-parent et que nous aurions dû le faire», a-t-il déclaré en avril 2013.

Un an après le vote: En 2014, Bruno Le Maire a clairement expliqué qu'il ne comptait pas abroger la loi Taubira.

Aujourd'hui: Il campe sur ses positions et dit que qu'il ne reviendra pas sur l'abrogation de la loi Taubira comme il l'a expliqué sur le plateau de l'émission On n'est pas couché en mars 2016.

Valérie Pécresse

THOMAS SAMSON/AFP / Getty Images

Avant le vote: Contre la loi. En novembre 2012, Valérie Pécresse disait: «En cas d'alternance, nous l'abrogerons».

Juste après le vote: A changé d'avis. En mai 2013, un mois après le vote à l'Assemblée, Valérie Pécresse disait qu'en 2017, il serait impossible de revenir sur la loi. «C'est la loi de la République, et dans la République, on respecte la loi.»

Aujourd'hui: Elle campe sur ses positions, et ne compte pas abroger la loi. En février 2016, elle expliquait sur France Inter: «Je suis une républicaine, dès que la loi a été votée, j'ai dit qu'on l'appliquerait et que, humainement, il n'était pas possible de l'abroger. Je sais bien qu'il y a à gauche comme à droite des gens qui veulent refaire le match, ce match il est pour moi derrière nous.»

François Fillon

LIONEL BONAVENTURE/AFP / Getty Images

Avant le vote: François Fillon est un opposant du mariage pour tous et toutes qui déclarait en 2012: «L'institution du mariage a un objectif, qui est celui de la sécurisation des enfants. C'est un objectif qui ne me paraît pas compatible avec les couples homosexuels.» Il a voté contre l'ouverture du mariage civil aux couples de même sexe.

Un an après le vote: En mars 2014, il disait dans La Croix que «l'idéal serait de réintroduire une distinction entre le mariage hétérosexuel et l'union homosexuelle avec une égalité des droits, exceptés les droits sur la filiation.» Concernant l'abrogation, il a ajouté que cela provoquerait «une nouvelle fracture de la société française qui n'est pas souhaitable.»


Aujourd'hui:
«Il plaide dans son livre Faire pour une "nouvelle écriture de la loi Taubira" mais prend bien soin de préciser: "Aucune majorité ne reviendra sur le mariage pour les couples homosexuels"», notait Marianne en février 2016.

Laurent Wauquiez

LIONEL BONAVENTURE/AFP / Getty Images

Avant le vote: Fermement opposé à la loi Taubira, Laurent Wauquiez disait en 2012 qu'il faudra «évidemment» que la droite supprime cette réforme une fois revenue au pouvoir.


Juste après le vote:
Il a voté contre et a souhaité l'abrogation de la loi Taubira.


Aujourd'hui:
Laurent Wauquiez souhaite toujours qu'elle soit abrogée. «Je me suis opposé à la loi Taubira et je suis toujours pour la suppression de cette loi. Je n’ai pas changé mon cap sur cette question et pour une raison qui est toute simple: cette loi amènera nécessairement à un détricotage de la filiation», déclarait-il en février 2016.

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Nathalie Kosciusko-Morizet

FRANCOIS NASCIMBENI/AFP / Getty Images

Avant le vote: En février 2013, Nathalie Kosciusko-Morizet disait être pour le mariage mais contre la PMA et la GPA. Elle s'était abstenue lors du vote à l'Assemblée.

Un an après le vote: En novembre 2014, Nathalie Kosciusko-Morizet disait qu'elle ne souhaitait pas abroger la loi Taubira. «Je crois que l'abrogation de la loi Taubira n'est ni souhaitable, ni possible.»

Aujourd'hui: Elle n'abrogera pas la loi Taubira.

Hervé Mariton

DOMINIQUE FAGET/AFP / Getty Images

Avant le vote: Fermement opposé au mariage pour tous, il a mené la bataille à l'Assemblée nationale au nom de l'UMP.


Un an après le vote:
Toujours pour l'abrogation. En 2014, il déclarait: «Je propose de remplacer un mariage qui n'est toujours pas approuvé par les Français par l'union civile».

Aujourd'hui: Il est encore et toujours pour l'abrogation de la loi. Il s'est montré particulièrement «choqué» d'apprendre l'évolution de Nicolas Sarkozy sur cette question. «Ce qui me choque, ce sont les revirements, par exemple, sur cette question du mariage pour tous. Nicolas Sarkozy, il y a à peine un an, s'est engagé à l'abrogation de la loi. Il nous dit aujourd'hui qu'il a dit le contraire de ce qu'il pensait. Ce qui n'est pas acceptable en politique, ce sont de tels tête-à-queue. Ce que j'appelle un parjure, véritablement», déclarait-il en janvier 2016.

Xavier Bertrand

DENIS CHARLET/AFP / Getty Images

Avant le vote: En 2012, sur France Info, il se disait contre le mariage pour tous. «Pour moi, le mariage ne peut pas être ouvert pour les homosexuels. Ça n'est pas ma conception». France Info - 2012.

Un an après le vote: Il souhaite une abrogation de la loi Taubira. «Je n'ai plus peur des mots: réécriture, abrogation, c'est la même chose. S'il faut dire abrogation, ce sera abrogation. Personnellement, je regrette que nous n'ayons pas tenu nos engagements de 2007 quand nous avions dit que nous ferions évoluer le Pacs», déclarait-il en octobre 2014.

Aujourd'hui: Xavier Bertrand souhaite toujours l'abrogation de la loi Taubira comme il le disait en mars 2016 sur France 3.

Nicolas Dupont-Aignan

DOMINIQUE FAGET/AFP / Getty Images

Avant le vote: En 2012, il dit préférer une «alliance conclue en mairie et ouvrant à certains avantages supplémentaires par rapport au Pacs (notamment fiscaux)», mais rejette le mot «mariage» qui est «dans notre société l'union de deux personnes de sexe différent en vue de procréer. C'est pourquoi on ne peut parler de mariage pour un couple homosexuel», expliquait-il.

Aujourd'hui: En janvier 2016, il ne parle pas d'abrogation mais de réécrire la loi. «J'ai toujours été favorable à une réécriture de la loi Taubira dans le sens d'une union civile en mairie pour les couples homosexuels avec droits égaux aux couples hétérosexuels sans adoption plénière, pour rétablir la seule filiation père- mère biologique».

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Christine Boutin

JEAN-SEBASTIEN EVRARD/AFP / Getty Images

Avant le vote: Fermement anti mariage pour tous, Christine Boutin déclarait en 2012 que «les homosexuels peuvent se marier naturellement mais avec une personne de l'autre sexe.»

Juste après le vote: Elle a voté contre en disant que «cette loi n'est pas légitime car elle viole les consciences» et a poursuivi les manifestations aux côtés de la Manif pour tous.

Aujourd'hui: Elle souhaite l'abrogation de la loi Taubira.

Marine Le Pen

DOMINIQUE FAGET/AFP / Getty Images)

Avant le vote: En janvier 2013, Marine Le Pen a rappelé son opposition à la loi Taubira, tout en refusant de participer aux manifestations contre le mariage pour tous.


Juste après le vote:
En mai 2013, Marine Le Pen a dit qu'elle «abolirait le mariage pour tous» si elle arrivait au pouvoir et a ajouté qu'elle était «pour l'amélioration du Pacs», notamment dans les cas de succession.

Aujourd'hui: Elle n'a pas changé d'avis et continue à vouloir l'abrogation de la loi Taubira pour mettre en place un «Pacs amélioré».

Marion Maréchal-Le Pen

GIUSEPPE CACACE/AFP / Getty Images

Avant le vote: Fermement hostile à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, Marion Maréchal-Le Pen déclarait notamment qu'élargir l'institution du mariage sera la «détruire».

Juste après le vote: En avril 2013, elle a déploré dans un communiqué de presse le vote de la loi.

Aujourd'hui. Elle a rappelé en avril 2016 lors d'un déplacement à Vesoul qu'elle continuait à vouloir abroger la loi Taubira: «La ligne officielle n’a pas varié, c’est l’abrogation de la loi Taubira!»

Florian Philippot

PATRICK KOVARIK/AFP / Getty Images)

Avant le vote: Florian Philippot n'a pas manifesté contre le mariage pour tous mais a rappelé en janvier 2013: «Notre position est très bien connue, nous sommes contre le mariage homosexuel.»

Deux ans après le vote: Il affirmait en 2015 que si le FN prenait le pouvoir en France, il reviendrait sur la loi sur le mariage pour tous «pour mettre en place un Pacs amélioré».

Aujourd'hui: Invité à l'émission Le Supplément en avril 2016, il explique qu'il souhaite l'abrogation de la loi Taubira: «Le mariage pour tous sera remplacé par un Pacs amélioré, sans démariage, comme on le disait il y a 3 ans.»

Assma Maad est journaliste chez BuzzFeed News France et travaille depuis Paris.

Contact Assma Maad at assma.maad@buzzfeed.com.

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