back to top
Community

Une aristocratie à tout prix

Après la défaite de l’Olympique Lyonnais face au Paris Saint Germain dimanche dernier (2-0 pour le PSG), Jean Michel Aulas, président du club Rhodanien, s’est une nouvelle fois distingué dans son combat contre le PSG sur Twitter. Un arbitrage différent selon les équipes, voilà l’accusation que JMA, pour les intimes, portent contre l’arbitrage et la Ligue de Football Professionnel. Un ressentiment qui vient donc s’ajouter aux reproches déjà formulés à l’encontre du PSG suite à leur mercato. Mais pourquoi Jean Michel Aulas est-il autant en colère ? Qu'a fait le PSG pour s'attirer le courroux du président de l'OL ?

Posted on

Un contentieux avec l’UEFA

Le PSG à cette année, lors du mercato d’été, tenté le pari fou de passer à travers le Flair Play Financier en recrutant Neymar et Kylian Mbappe, le tout pour une somme de plus de 400 millions d’euros. Un pari ? En 2014, le PSG avait enfreint les lois du Flair Play Financier mit en place par Michel Platini, alors à la tête de l’instance européenne du football, l’UEFA, celles qui empêchent les clubs de football de se financer par la dette. Sanctionné notamment d’une amende de 60 millions d’euros, dont 20 millions ferme le PSG s’était alors attiré le mauvais œil des dirigeants du football européen. Toujours sous le coup de ce sursis mais voulant se rattraper après un mercato 2016 raté mais surtout suite à la débâcle légendaire infligé par le FC Barcelone en ligue des Champions, la direction parisienne a décidé de frapper fort. En payant la clause de départ d’un des meilleurs joueurs du monde et en arrachant en prêt l’un des futurs cracks de la planète football, le coup fut retentissant. D’un point de vue sportif mais aussi financier et merchandising, le mercato du club de la capitale a « hérissé les poils » de certains présidents parmi les meilleurs clubs européens. Un montant record, un salaire mirobolant, une loi tacite non respectée, le transfert du brésilien Neymar de Barcelone à Paris n’a pas fait que des émules.

Un peuple, des aristocrates et le PSG

Le foot est un peu comme une société médiévale, un monde qui fonctionne par castes. Certains jouent sur des pelouses ressemblant plus à un champ de patate et essayent de bricoler un effectif avec ce qu’ils peuvent pendant que d’autres héritent du privilèges de pouvoir dépenser sans compter car leurs aïeux ont construit un pouvoir symbolique basé sur l’histoire et le palmarès. Et entre ces deux là, il y a des petits nouveaux, ceux qui essayent de se faire une place à la cours, sans y être réellement invité, sans avoir forcément le capital symbolique qui va avec. Le PSG est de la trempe de ces derniers ; un club nouveau, un nouveau riche. Alors forcément à côté des lustres que sont le Real Madrid, la Juventus Turin ou alors le Bayern Munich, ça fait tâche. Là où la comparaison n’est plus de l’ordre de l’histoire elle se fait actuel ; grandir rapidement et bien grandir ça a un prix et il faut savoir le mettre. Le PSG l’a fait cet été et ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout du goût des plus anciens. Il n’est pas question de savoir s’il est bien ou non de mettre ce prix, s’il est décent ou non de parler d’autant d’argent mais bien de s’entendre s’il est accepté de le faire. Et bien non. À l’initiative d’une vendetta anti-PSG le président du FC Barcelone a réussi à rallier à sa cause des puissants et certains qui aspirent à le devenir. Et c’est là que Jean Michel Aulas intervient.

Du capital social comme arme

Après sept ans d’hégémonie sur la scène nationale l’Olympique Lyonnais s’est vu rétrograder au rang d’outsider et ça ce n’est bon ni pour l’image ni pour l’économie d’un club. Le club Rhodanien a réussi sur la scène européenne, là où le PSG n’a pas encore brillé, mais n’a pour autant remporté aucun trophée lui permettant de s’asseoir à la table des puissants. Pas de trophées donc, pas de longues histoire non plus mais que faire alors pour s’incruster au diner du siècle ? Là où le PSG mise sur l’argent, le président lyonnais fait dans le capital social, dans les relations. Entant que très bon entrepreneur, excellent, quoique contesté, président d’un club de football, Jean Michel Aulas sait qu’il n’a pas la même marge financière que son compère Nasser Al Khelaifi, président du PSG. Ne pas l’avoir signifie-t-il pour autant qu’il n’aurait pas agit de la même sorte s’il en avait les moyens ? Histoire de convoitise vous direz vous ; mais pas que. En critiquant de manière si virulente le PSG, Jean Michel Aulas espère combler le manque financier en renforçant ce qu’il sait faire de mieux : de la politique. Ses relations avec les autres présidents sont bonnes, preuve en est de sa place dans la hiérarchie de l’ECA (l’Association européenne des clubs). Pas toujours de bonnes fois, le président rhodanien craint pour l’avenir économique et sportif de son club. À raison, il sait qu’il est impossible de concurrencer le PSG sur le plan économique, et comme le football est un produit de société, l’argent facilite grandement la réussite. C’est pourquoi Jean Michel Aulas y met le prix, pas le même que le PSG certes, mais il le met. Et oui appartenir à l’aristocratie a un prix.

This post was created by a member of BuzzFeed Community, where anyone can post awesome lists and creations. Learn more or post your buzz!

Every. Tasty. Video. EVER. The new Tasty app is here!

Dismiss