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24 témoignages qui retracent la prise d'otages au Bataclan

Les rescapés de l'attentat du Bataclan, qui a fait au moins 89 morts, racontent ce qu'ils ont vécu la nuit du 13 novembre.

posté le

1. Gregory

«Bordel oui, y'avait que de l'amour et du bon rock dans cette salle, on était heureux, on dansait, on chantait…»

2. Eva

«J'ai entendu le mot Syrie. A ce moment-là, j'ai compris l'horreur dans laquelle nous étions.»

3. Benoit

«Mes yeux se lèvent un peu plus et voient un assaillant, le fusil en bandoulière.

Au-dessus et dans le dos de mon frère.

Face à moi.

Mon frère entre nous.

J'ai le souffle coupé. Nous allons mourir ici et maintenant.

L'assaillant dit: "Ça va bien se passer, ne vous inquiétez pas."»

4. Julien

dailymotion.com

«On était tous les uns sur les autres»

5. Christophe

«Je crois que ce n'est que quand je vois des taches rouges se former sur des dos que je réalise vraiment.»

6. Benjamin et Célia

«Mon portable était allumé car je venais de filmer des bouts de concerts mais je ne l'ai pas sorti. Heureusement, ceux qui le sortaient étaient tués immédiatement.»

7. ThrowAwayFuck2015

«Pas le droit de bouger car un seul geste augmente encore plus les douleurs -les siennes comme celles des autres (nous étions réellement entremêlés). Pas le droit de parler, de chuchoter, rien. Quelqu'un commence à pleurer? Cette personne est accueillie par des "chuts" collectifs.»

8. Nadir

«On ne s'est pas parlé avec nos amis, enfin je ne m'en souviens pas. Ou on devait peut-être le faire de manière inconsciente. Je me suis peut-être murmuré quelques phrases à moi-même, ou c'était dans ma tête, je ne sais plus.»

9. Jérôme

«Mes voisins répétaient qu'ils voulaient revoir leurs enfants, leur femme. Moi, je ne suis pas marié, je n'ai pas d'enfants. J'ai pensé à mon père, et qu'il ne fallait pas être en stress»

10. Maxime

«Y en a un qui s'est relevé pour demander "pourquoi vous faites ça?", tout le monde lui a dit reste allongé et il s'est fait tirer dessus....»

11. Alice

«On entendait hurler, puis plus rien.»

12. Marielle

«On envoyait des SMS aux personnes qu'on aime pour dire qu'on les aime. Qu'on va mourir et qu'on les aime.»

13. John et Oscar

«L'un d'eux surveillait la foule et l'autre tirait.»

14. Anonyme

«Ils nous ont demandé de nous mettre face contre les vitres pour surveiller s'il y avait des snipers. Ils nous menaçaient de nous tirer une balle dans la tête ou de nous jeter par la fenêtre si on ne les prévenait pas des mouvements éventuels des policiers dans l'impasse.»

15. Sébastien

«Ils nous ont expliqué que ce n'était que le début et que la guerre commençait maintenant, qu'ils étaient là au nom de l'État islamique. Ensuite, il nous ont demandé si on était d'accord avec eux.»

16. Maxime

«J'avais accepté ma mort. J'étais silencieux. J'étais prêt à tout pour survivre, mais je savais que là, il y avait très peu de probabilité que je survive.»

17. Jérémy

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«Je ne sais pas combien de balles ont été tirées mais ça ne s'est jamais arrêté»

18. Anonyme

«Je passe à droite par une porte battante, puis par une autre. Dehors. J'enlève mes boules quiès. On est sortis. Non, je suis sorti. Où est ma copine ? Je lève les yeux. Putain, il y a des gens accrochés à la corniche des fenêtres.»

19. Lynda

«Les policiers nous disaient de ne surtout pas regarder le sol. Même un autre spectateur à côté de moi me disait "ne regarde pas le sol"… Mais avec le sang sur le sol, ça glissait, donc on n'avait pas vraiment le choix.»

20. Gauthier

«Un mec m'a pris par les bras et m'a tiré dehors de toutes ses forces»

21. David, gardien de la paix

«Je les rassure, leur dis que des pompiers arrivent. Je leur mens. Je suis obligé de leur mentir, il faut qu'ils tiennent le coup.»

22. Armance

«Nous sommes sortis. Dans un camion rouge, un pompier pleurait silencieusement. Là où j'ai fait ma déposition, les policiers étaient attentionnés et adorables.»

23. Isobel

«[...] avoir survécu à cette horreur me permet de rendre hommage à des héros. L'homme qui était à côté de moi, qui m'a rassurée et a risqué sa vie pour essayer de me cacher la tête pendant que je pleurais, le couple dont les derniers mots d'amour font que je crois encore à la bonté dans le monde, aux policiers qui sont parvenus à sauver des centaines de personnes, aux inconnus qui m'ont récupérée dans la rue et m'ont réconfortée pendant les 45 minutes où j'étais persuadée que le garçon que j'aime était mort, à l'homme blessé que j'ai pris pour lui et qui, quand j'ai vu que ce n'était pas Amaury, m'a pris dans ses bras et m'a dit que tout allait s'arranger, même s'il était aussi seul et effrayé que moi»

Traduction intégrale disponible sur Slate.fr.

24. Florian

«J'ai grandi en banlieue, et j'ai l'impression que les assaillants auraient pu fréquenter la même école que moi.»