Le classement définitif de toutes les Palmes d’or

Vous avez le droit de vous énerver dans les commentaires.

L’attribution de la Palme d’or est complètement arbitraire. Ce classement aussi.

74. Deux sous d’espoir (1952)

Réalisé par : Renato Castellani
Écrit par : Renato Castellani, Titina De Filippo
En compétition la même année : “Othello” d’Orson Welles (Palme d’or ex-aequo).

Parfaitement oubliable, surtout en comparaison avec “Othello”, avec qui il partage la Palme d’or 1952.

73. La parole donnée (1962)

© Films sans Frontières

Réalisé par : Anselmo Duarte
Écrit par : Anselmo Duarte et Dias Gomes
En compétition la même année : “L’Éclipse” de Michelangelo Antonioni, “Procès de Jeanne d’Arc” de Robert Bresson

Une énième Palme d’or sur le monde paysan.

72. La Classe ouvrière va au paradis (1972)

Réalisé par : Elio Petri
Écrit par : Elio Petri et Ugo Pirro
En compétition la même année : “L’Affaire Mattei” de Francesco Rosi (Palme d’or ex-aequo), “Nous ne vieillirons pas ensemble” de Maurice Pialat, “Solaris “d’Andreï Tarkovski

Une énième Palme d’or sur le monde ouvrier.

71. L’Homme de fer (1981)

Réalisé par : Andrzej Wajda
Écrit par : Aleksander Ścibor-Rylski
En compétition la même année : “Regards et sourires” de Ken Loach, “Le Solitaire” de Michael Mann, “Les Uns et les Autres” de Claude Lelouch.

Pareil.

70. Ces messieurs dames (1966)

© Carlotta Films

Réalisé par : Pietro Germi
Écrit par : Pietro Germi, Age-Scarpelli, Luciano Vincenzoni
En compétition la même année : “Le Docteur Jivago” de David Lean, “Un homme et une femme” de Claude Lelouch (Palme d’or ex-aequo).

La raison pour laquelle ce film, divertissant mais complètement anecdotique, a réussi à partager une Palme d’or avec “Un homme et une femme” reste pour moi un profond mystère.

69. La Porte de l’enfer (1954)

Réalisé par : Teinosuke Kinugasa
Écrit par : Teinosuke Kinugasa
En compétition la même année : “Avant le déluge” d’André Cayatte, “Le Désert vivant” de Walt Disney.

Même la page Wikipédia du film se demande pourquoi il a gagné la Palme d’or. Le film n’est pas totalement dépourvu d’intérêt : les costumes et les décors sont très beaux, et la dérive psychologique du héros est assez fascinante. Comparé aux autres Palmes d’or, malheureusement, “La Porte de l’enfer” ne fait pourtant pas le poids.

68. Le Messager (1970)

Réalisé par : Joseph Losey
Écrit par : Harold Pinter
En compétition la même année : “Johnny s’en va-t-en guerre” de Dalton Trumbo, “Mort à Venise” de Luchino Visconti

L’histoire est sympathique, mais le film beaucoup trop classique comparé au reste du palmarès. Au final, on retiendra surtout la bande-son, recyclée en générique pour “Faites entrer l’accusé”.

67. L’Affaire Mattei (1972)

Réalisé par : Francesco Rosi
Écrit par : Tito Di Stefano, Tonino Guerra, Nerio Minuzzo, Francesco Rosi
En compétition la même année : “Macbeth” de Roman Polanski, “Fellini Roma” de Federico Fellini.

Un thriller politique au style documentaire parfois lourd, qui souffre de certaines longueurs. Pas le meilleur du lot.

66. Les Meilleures intentions (1992)

Réalisé par : Bille August
Écrit par : Ingmar Bergman
En compétition la même année : “Basic Instinct” de Paul Verhoeven, “Twin Peaks” de David Lynch.

Écrit par Ingmar Bergman, et relatant l’histoire de ses parents, ce film était au départ une mini-série. Autrement dit, il est trop long.

65. La Loi du Seigneur (1957)

Réalisé par : William Wyler
Écrit par : Michael Wilson
En compétition la même année : “Le Septième sceau” d’Ingmar Bergman.

Si vous trouviez qu‘“Intouchables ” était bourré de bons sentiments, ne regardez pas ce drame sur une famille de Quakers qui se laisse séduire par la musique, la danse et l’amour pendant la guerre de Sécession.

64. Miracle à Milan (1951)

Réalisé par : Vittorio De Sica
Écrit par : Vittorio De Sica, Suso Cecchi d’Amico, Mario Chiari, Adolfo Franci, Cesare Zavattini
En compétition la même année : “All About Eve” de Joseph L. Mankiewicz, “Mademoiselle Julie” d’Alf Sjöberg (Palme d’or ex-aequo).

Si vous trouviez que “La Loi du Seigneur” était bourré de bons sentiments, ne regardez pas cette comédie dramatique dont la dernière scène (spoiler) représente de gentils clochards S’ENVOLANT LITTÉRALEMENT AU PARADIS.

63. Mademoiselle Julie (1951)

Réalisé par : Alf Sjöberg
Écrit par : Alf Sjöberg
En compétition la même année : “All About Eve” de Joseph L. Mankiewicz, “Miracle à Milan” de Vittorio De Sica (Palme d’or ex-aequo).

Tiré d’une pièce d’August Strindberg, “Mademoiselle Julie” conserve un aspect très théâtral. Ses costumes, sa courte durée (1h20) et son côté lubrique lui donnent plus l’aspect d’une comédie d’été que celui d’une Palme d’or, mais le film a le mérite d’être drôle, touchant, et de surprendre avec une mise en scène parfois audacieuse, ayant notamment recours à des flashbacks et flash-forwards mémorables.

62. Le Troisième Homme (1949)

Réalisé par : Carol Reed
Écrit par : Graham Greene, Alexander Korda, Carol Reed, Orson Welles
En compétition la même année : “Au delà des grilles” de René Clément, “La Maison des étrangers” de Joseph L. Mankiewicz.

Ce film noir classique vaut surtout pour ses images, superbement filmées, des rues du Vienne d’après-guerre, et pour sa bande-son devenue culte.

61. Padre Padrone (1977)

Réalisé par : Paolo et Vittorio Taviani
Écrit par : Paolo et Vittorio Taviani
En compétition la même année : “Les Duellistes” de Ridley Scott, “Trois femmes” de Robert Altman

Un film austère et viscéral, où des pré-ados enculent des poules et des ânes dans les montagnes.

60. Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures (2010)

© Pyramide Distribution

(Mais dont personne ne se souvient.)

Réalisé par : Apichatpong Weerasethakul
Écrit par : Apichatpong Weerasethakul
En compétition la même année : “Tournée” de Mathieu Amalric, “Des Hommes et des Dieux” de Xavier Beauvois.

59. Conversation secrète (1974)

Réalisé par : Francis Ford Coppola
Écrit par : Francis Ford Coppola
En compétition la même année : “Les Mille et une nuits” de Pier Paolo Pasolini, “Stavisky” d’Alain Resnais.

Un thriller prenant, qui n’atteint pas pour autant le niveau des autres films de Coppola.

58. Le Guépard (1963)

© Pathé Distribution

Réalisé par : Luchino Visconti
Écrit par : Suso Cecchi D’Amico, Pasquale Festa Campanile, Enrico Medioli, Massimo Franciosa, Luchino Visconti
En compétition la même année : “Hara-kiri” de Masaki Kobayashi, “Un jour un chat” de Vojtěch Jasný.

“Le Guépard” de Visconti est considéré comme un classique, et c’est certes une belle œuvre, mais franchement, tout le mérite revient au livre, pas au film. Les meilleures répliques sont celles écrites par Lampedusa, et les images ne parviennent jamais à retranscrire l’immense mélancolie de l’œuvre originale. Ah, et c’est aussi beaucoup trop long.

57. La Ballade de Narayama (1983)

Réalisé par : Shōhei Imamura
Écrit par : Shōhei Imamura
En compétition la même année : “La Valse des pantins” de Martin Scorsese, “Monty Python : Le Sens de la vie” de Terry Jones.

Difficile à croire que ” Monty Python ” aurait pu avoir une Palme d’or. “La Ballade de Narayama”, quant à lui, est un film très étrange : à l’approche de ses 70 ans, une vieille femme japonaise décide de partir mourir dans la montagne, comme le veut la tradition. On ne comprend pas toujours ce qui se passe, mais le film, surtout l’ascension de la vieille femme et son fils, reste assez fascinant pour garder le spectateur éveillé.

56. Mission (1986)

Réalisé par : Roland Joffé
Écrit par : Robert Bolt
En compétition la même année :“After Hours” de Martin Scorsese, “Tenue de soirée” de Bertrand Blier.

Difficile de résister à la vue d’un jeune De Niro sanglotant dans les bras d’un jeune Jeremy Irons. Ahhhh, Jeremy Irons….

….

Pardon. “Mission”, sur l’implantation de missionnaires jésuites en Amérique du Sud au 18e siècle, s’ouvre sur une scène impressionnante, tournée aux chutes d’Iguazú. Malheureusement, le reste du film n’est pas toujours à la hauteur - notamment dans les scènes de morts, qui pourraient aisément rivaliser avec celle de Marion Cotillard dans “The Dark Knight Rises”.

55. Othello (1952)

© Carlotta Films

Réalisé par : Orson Welles
Écrit par : Orson Welles

Visuellement inoubliable, le film d’Orson Welles vaut le détour, ne serait-ce que pour son travail splendide sur le noir et blanc.

54. Marty (1955)

Réalisé par : Delbert Mann
Écrit par : Paddy Chayefsky
En compétition la même année : “À l’est d’Éden” d’Elia Kazan.

Adossé à des Palmes d’or de trois heures sur des guerres ou des génocides, “Marty” fait partie de ces films qui paraissent presque anecdotiques. Mais c’est une histoire surprenamment touchante sur la pression sociale, l’angoisse du célibat, et la peur d’être trop moche pour être heureux.

53. Papa est en voyage d’affaires (1985)

Réalisé par : Emir Kusturica
Écrit par : Emir Kusturica, Abdulah Sidran
En compétition la même année : “Rendez-vous” d’André Téchiné, “Mask” de Peter Bogdanovich.

Une première Palme d’or un peu trop sage pour Kusturica ; originale certes mais bien moins déjantée qu‘“Underground”.

52. Missing (1982)

Réalisé par : Costa-Gavras
Écrit par : Costa-Gavras et Donald E. Stewart
En compétition la même année : “Passion” de Jean-Luc Godard, “Yol, la permission” de Yilmaz Guney (Palme d’or ex-aequo).

Un film relativement classique mais efficace sur le coup d’état de Pinochet. Sissy Spacek y prouve qu’elle sait jouer autre chose qu’une ado paniquée recouverte de sang de porc.

51. Chronique des années de braise (1975)

Réalisé par : Mohammed Lakhdar-Hamina
Écrit par : Tewfik Farès, Mohammed Lakhdar-Hamina
En compétition la même année : “Profession : reporter” de Michelangelo Antonioni, “Section spéciale” de Costa Gavras.

Ce film-fleuve débute à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, et se termine le 1er novembre 1954, date officielle du début de la guerre d’Algérie. Mohammed Lakhdar-Hamina s’attache à décrire de manière exhaustive et convaincante les événements qui ont mené à la révolte du peuple algérien. Le seul problème, quand on veut être exhaustif, c’est qu’on prend parfois un peu trop son temps (trois heures, en l’occurrence).

50. La Méprise (1973)

Réalisé par : Alan Bridges
Écrit par : Wolf Mankowitz
En compétition la même année : “La Grande Bouffe” de Marco Ferreri, “La Maman et la Putain” de Jean Eustache, “L’Épouvantail” de Jerry Schatzberg (Palme d’or ex-aequo).

Vous l’aurez compris, certaines Palmes d’or sont juste de bons films : tandis que “La Grande Bouffe” et “La Maman et la Putain” ont acquis une réputation de films cultes, “La Méprise”, rétrospectivement, peut paraître anecdotique. Le film observe la relation d’un chauffeur et de sa riche cliente, tout juste remise de la mort de son mari. Le chauffeur tombe rapidement amoureux, mais son obsession prend une tournure de plus en plus inquiétante. Le film ne crie peut-être pas “Palme d’or”, mais les performances sont convaincantes, et l’atmosphère progressivement angoissante tient le spectateur captivé de bout en bout.

49. L’Anguille (1997)

Réalisé par : Shōhei Imamura
Écrit par : Shōhei Imamura, Daisuke Tengan, Motofumi Tomikawa
En compétition la même année : “Funny Games” de Michael Haneke, “L.A. Confidential” de Curtis Hanson, “Le Goût de la cerise” d’Abbas Kiarostami (Palme d’or ex-aequo).

Tout comme “Le Goût de la cerise”, l’autre Palme de 1997, “L’Anguille” raconte une histoire singulière : celle d’un ancien meurtrier qui, à sa sortie de prison, ouvre un salon de coiffure et prend l’habitude de se confier à une anguille. Si ça, c’est pas du pitch solide.

48. L’Épouvantail (1973)

© Warner Bros.

Réalisé par : Jerry Schatzberg
Écrit par : Garry Michael White
En compétition la même année : “La Grande bouffe” de Marco Ferreri, “La Maman et la putain” de Jean Eustache, “La Méprise” d’Alan Bridges (Palme d’or ex-aequo).

Comment critiquer un buddy movie entre Al Pacino et Gene Hackman ? La scène d’ouverture est captivante, et les deux acteurs, très attachants, incarnent leur rôle avec brio. Cependant, la critique reste la même que pour “La Méprise” : mémorable, mais pas tout à fait un chef d’œuvre.

47. Quand passent les cigognes (1958)

Réalisé par : Mikhaïl Kalatozov
Écrit par : Viktor Rozov
En compétition la même année : “Mon Oncle” de Jacques Tati.

Superbement filmé, “Quand passent les cigognes” est une œuvre importante du cinéma russe, notamment pour son innovation visuelle. C’est aussi un film au romantisme débordant, qui vous fera pleurer à coup sûr.

46. L’Arbre aux sabots (1978)

Réalisé par : Ermanno Olmi
Écrit par : Ermanno Olmi
En compétition la même année : “Midnight Express” d’Alan Parker, “Les Yeux bandés” de Carlos Saura.

Un des rares films à avoir fait l’unanimité auprès du jury, “L’Arbre aux sabots” relève un défi de taille : rendre un film de trois heures sur une ferme italienne du 19e siècle intéressant. De la lessive à la saignée d’un cochon, tout y passe, et l’on se laisse sans problème bercer par le rythme de la ferme. La dernière partie, qui se concentre sur le fameux arbre aux sabots (un employé de la ferme abat un arbre du propriétaire pour fabriquer des sabots à son fils) est de loin la plus touchante. Mais quand même. Trois heures, pour un film sur la ferme, c’est beaucoup trop long.

45. Le Goût de la cerise (1997)

Réalisé par : Abbas Kiarostami
Écrit par : Abbas Kiarostami
En compétition la même année : “Funny Games” de Michael Haneke, “L.A. Confidential” de Curtis Hanson, “L’Anguille” de Shohei Imamura (Palme d’or ex-aequo).

J’ai personnellement préféré “Funny Games” aux deux vainqueurs de cette année-là, mais “Le Goût de la cerise” n’en reste pas moins un film puissant. On y suit un homme conduisant sur les routes de campagne iraniennes dans l’espoir de trouver quelqu’un qui acceptera de l’enterrer après qu’il se soit suicidé. Une tâche d’autant plus délicate qu’en Iran, le suicide est illégal - sans parler du tabou religieux. Passionnant.

44. Kagemusha, l’ombre du guerrier (1980)

© Alive

Réalisé par : Akira Kurosawa
Écrit par : Masato Ide, Akira Kurosawa
En compétition la même année : “Sauve qui peut (la vie)” de Jean-Luc Godard, “Que le spectacle commence” de Bob Fosse (Palme d’or ex-aequo).

“Kagemusha” est le mot employé au Japon pour désigner un leurre. Ici, il s’agit d’un voleur, forcé à cause de sa ressemblance physique de se faire passer pour un seigneur de guerre japonais lorsque ce dernier se fait assassiner. Le kagemusha doit ainsi apprendre tous les codes d’un monde auquel il n’appartient pas, et dont il sera finalement rejeté. Les couleurs sont sublimes, et les dernières minutes déchirantes. Seul problème (surprise !) : le film est trop long.

43. 4 mois, 3 semaines, 2 jours (2007)

© Bac Films

Réalisé par : Cristian Mungiu
Écrit par : Cristian Mungiu
En compétition la même année : “Zodiac” de David Fincher, “No Country for Old Men” des frères Coen, “Boulevard de la mort” de Quentin Tarantino, “Le Scaphandre et le Papillon” de Julian Schnabel.

2007 était une bonne année : tous les autres compétiteurs auraient parfaitement pu recevoir la Palme. Au final, c’est cette histoire d’avortement en Roumanie qui l’a emporté - forcément. Le scénario est bien ficelé, l’actrice principale crève l’écran, et le film nous offre une de ces images que l’on aurait aimé ne jamais voir : un fœtus abandonné sur le sol des toilettes.

42. Yol, la permission

Réalisé par : Yılmaz Güney et Şerif Gören
Écrit par : Yılmaz Güney
En compétition la même année : “Missing” de Costa-Gavras (Palme d’or ex-aequo), “Passion” de Jean-Luc Godard

“Yol”, un film turc suivant trois détenus pendant leur semaine de permission, se démarque par sa provenance - c’est la seule Palme d’or turque - et ses conditions de tournage : incarcéré à l’époque, Yılmaz Güney a écrit le scénario en prison, et l’a réalisé en envoyant des instructions à son assistant-réalisateur. Au final, c’est un témoignage fascinant sur la société turque et le poids des traditions.

41. Le rubanc blanc (2009)

© Les Films du Paradoxe

Réalisé par : Michael Haneke
Écrit par : Michael Haneke
En compétition la même année : “Un Prophète” de Jacques Audiard, “Inglorious Basterds” de Quentin Tarantino, “Looking for Éric” de Ken Loach.

L’angoisse sourde et le sadisme si chers à Haneke sont bien présents, mais il manque tout de même au “Ruban Blanc” la terreur pure de “Funny Games” et l’émotion d‘“Amour”.

Et “Un Prophète” aurait dû gagner.

40. Viridiana (1961)

© Tamasa Distribution

Réalisé par : Luis Buñuel
Écrit par : Luis Buñuel, Julio Alejandro
En compétition la même année : “Une Aussi longue absence” d’Henri Colpi (Palme d’or ex-aequo).

Tournée près de trente ans après “Un Chien andalou”, et dix ans avant “Le Charme discret de la bourgeoisie”, “Viridiana” est une œuvre drôle, dérangeante et insolente. On a notamment droit à une agression sexuelle, un suicide, et une re-création de la Cène, cette fois-ci avec des pauvres bourrés qui se comportent comme des sauvages. Une scène qui a d’ailleurs valu au film d’être qualifié de “blasphématoire” par le Vatican. La classe.

39. Rosetta (1999)

Réalisé par : Luc et Jean-Pierre Dardenne
Écrit par : Luc et Jean-Pierre Dardenne
En compétition la même année : “Pola X” de Leos Carax, “Tout sur ma mère” de Pedro Almodovar.

Les frères Dardenne font partie des abonnés cannois, à juste titre. Beaucoup de films axés sur la misère sociale peuvent se laisser aller à un certain didactisme, mais jamais ceux des Dardenne, qui laissent entièrement au spectateur la responsabilité de juger leurs personnages. Malheureusement, le style radical du film, tourné à l’épaule, en plans-séquences et en plans serrés, peut rebuter. Émilie Dequenne est bouleversante, mais là où “L’Enfant”, autre film palmé des Dardenne, offre un semblant d’évolution dans les relations et l’attitude des personnages, “Rosetta” semble parfois faire du surplace.

38. Orfeu Negro (1959)

© Cinéma Public Films

Réalisé par : Marcel Camus
Écrit par : Jacques Viot, Marcel Camus
En compétition la même année : “Hiroshima mon amour” d’Alain Resnais, “Les Quatre Cent Coups” de François Truffaut

Cette réinterprétation carioca du mythe d’Orphée, filmée avec brio, est un réel enchantement. L’action se déroule en plein carnaval de Rio : forcément, les costumes sont extraordinaires, les décors pittoresques et la lumière sublime. On retiendra surtout du film son puissant romantisme, et ses longues scènes de danse, qu’on pourrait regarder pendant des heures. La scène de fin est également magique.

37. Le Tambour (1979)

© Tamasa Distribution

Réalisé par : Volker Schlöndorff
Écrit par : Volker Schlöndorff, Jean-Claude Carrière, Franz Seitz
En compétition la même année : “Apocalypse Now” de Francis Ford Coppola (Palme d’or ex-aequo).

Tiré du roman éponyme de Günter Grass, “Le Tambour” est un des films les plus bizarres et les plus dérangeants de ce classement, pourtant composé entièrement de films bizarres et dérangeants. Au menu : un accouchement en caméra subjective, quelques scènes de sexe impliquant un petit garçon, et beaucoup, beaucoup de poisson cru. Un conte unique sur la montée du nazisme et la Seconde Guerre mondiale, à ne pas voir l’estomac vide.

36. Sous le soleil de Satan (1987)

Réalisé par : Maurice Pialat
Écrit par : Sylvie Pialat
En compétition la même année : “Les Ailes du désir” de Wim Wenders.

On se souvient (pas moi, j’étais pas née) de la polémique cette année-là, et de la déclaration de Maurice Pialat : “si vous ne m’aimez pas, sachez que je ne vous aime pas non plus.” Mais si on t’aime, Maurice. “Sous le soleil de Satan” est une œuvre sombre et fascinante, entrecoupée de scènes quasi-surnaturelles comme la rencontre entre Depardieu et un vagabond qui se révèle être une apparition démoniaque. Sandrine Bonnaire est magnifique. Un vrai classique, pour le coup.

35. Barton Fink (1991)

Réalisé par : Joel Coen
Écrit par : Joel et Ethan Coen
En compétition la même année : “Van Gogh” de Maurice Pialat, “Jungle Fever” de Spike Lee.

Deux autres frères, abonnés au festival eux aussi. “Barton Fink” contient l’humour absurde, la violence et le cynisme chers aux Coen, mais ce n’est certainement pas leur film le mieux ficelé, ni le plus jouissif.

34. La chambre du fils (2001)

Réalisé par : Nanni Moretti
Écrit par : Nanni Moretti, Linda Ferri, Heidrun Schleef
En compétition la même année : “Mulholland Drive ” de David Lynch, “La Pianiste” de Michael Haneke, “The Barber” des frères Coen.

Pourquoi “Mulholland Drive” n’a-t-il pas gagné ? Il le méritait sans doute plus que “Sailor et Lula”, le seul long métrage palmé de David Lynch.

À côté, c’est sûr, “La Chambre du fils” frappe par sa simplicité. Mais c’est justement sa sobriété qui fait du film de Nanni Moretti une œuvre bouleversante, qui résiste admirablement à toute forme de pathos malgré un sujet difficile.

33. Adieu ma concubine (1993)

Réalisé par : Chen Kaige
Écrit par : Lilian Lee, Lei Bik-Wa, Lu Wei
En compétition la même année : “La Leçon de piano” de Jane Campion (Palme d’or ex-aequo).

Une histoire unique d’amitié et d’amour impossible : celle de deux artistes chinois, chanteurs d’opéra. L’un des deux est gay, l’autre pas. Englobant plus de trente ans d’Histoire, le film parvient à mêler à la fois culture (chinoise) et subculture (LGBT) avec beaucoup d’émotion. Inoubliable.

32. The Tree of Life (2011)

© EuropaCorp Distribution

Réalisé par : Terrence Malick
Écrit par : Terrence Malick
En compétition la même année : “The Artist” de Michel Hazanavicius, “Drive” de Nicolas Winding Refn, “Polisse” de Maïwenn.

Un demi-chef d’œuvre : toutes les scènes focalisées sur Brad Pitt et sa famille sont sublimes, mais on aurait pu se passer des 45 minutes de planètes, de dinosaures et de voyages introspectifs de Sean Penn dans le désert, aussi subtils qu’un pet de Jean-Marie Bigard.

31. Pelle le conquérant (1988)

Réalisé par : Bille August
Écrit par : Bille August, Per Olov Enquist, Bjarne Reuter
En compétition la même année : “Chocolat” de Claire Denis, “Tu ne tueras point” de Krzysztof Kieslowski.

“Pelle le conquérant” aurait pu être une énième Palme sur la misère et le monde paysan (et puis, franchement, qui a envie de voir un film sur un mec qui s’appelle Pelle ?). Heureusement, la relation entre le petit garçon et son père est une des plus belles jamais décrites à l’écran, et les dernières images de Pelle s’éloignant dans la neige sont inoubliables. À visionner avec une boîte de mouchoirs.

30. Fahrenheit 9/11 (2004)

© Mars Distribution

Réalisé par : Michael Moore
Écrit par : Michael Moore
En compétition la même année : “Old Boy” de Park Chan-wook, “Shrek 2” d’Andrew Adamson, Kelly Asbury et Conrad Vernon.

Le seul documentaire à avoir obtenu la récompense suprême, avec “Le Monde du silence”. Tout le monde n’est pas fan du style très provocateur de Michael Moore. Mais qu’on le veuille ou non, “Fahrenheit 9/11” (et le documentaire qui l’a précédé, “Bowling for Columbine”) resteront pour longtemps associés à notre image négative des années Bush.

29. L’Éternité et un jour (1998)

Réalisé par : Theo Angelopoulos
Écrit par : Theo Angelopoulos et Tonino Guerra, Pétros Márkaris, Giorgio Silvagni
En compétition la même année : “La Vie est belle” de Roberto Benigni, “Las Vegas Parano” de Terry Gilliam, “Ceux qui m’aiment prendront le train” de Patrice Chéreau

Mi-road trip, mi-fable mélancolique, passant du présent au passé et de rues grecques délabrées à une plage ensoleillée sans prévenir, “L’Éternité et un jour” n’est clairement pas la Palme la plus accessible. Malgré tout, c’est une œuvre pleine de poésie et assez universelle sur les regrets et le temps qui passe. Le petit garçon albanais est adorable, et plus on se laisse prendre par l’atmosphère rêveuse du film, plus on a envie de pleurer, sans trop savoir pourquoi.

28. L’Enfant (2005)

Réalisé par : Jean-Pierre et Luc Dardenne
Écrit par : Jean-Pierre et Luc Dardenne
En compétition la même année : “A History of Violence” de David Cronenberg, “Broken Flowers” de Jim Jarmusch, “Last Days” de Gus Van Sant.

“Il est où Jimmy ?” “J’l’ai vendu.” C’EST TOUT.

27. M*A*S*H (1970)

Réalisé par : Robert Altman
Écrit par : Ring Lardner, Jr.
En compétition la même année : “Les choses de la vie” de Claude Sautet, “Elise ou la vraie vie” de Michel Drach.

Une satire comme on n’en fait plus, hilarante et insolente, menée avec charisme par un jeune Donald Sutherland. Un classique du cinéma américain.

26. Que le spectacle commence (1980)

Réalisé par : Bob Fosse
Écrit par : Robert Alan Aurthur, Bob Fosse
En compétition la même année : “Sauve qui peut (la vie)” de Jean-Luc Godard, “Kagemusha” d’Akira Kurosawa (Palme d’or ex-aequo).

Même ceux qui sont allergiques aux comédies musicales se laisseront convaincre par ce film en partie autobiographique de Bob Fosse, qui met en scène la fin de vie d’un chorégraphe mourant. La dernière scène, hommage musical de dix minutes au héros, est un vrai bijou de grâce et d’absurdité.

25. Le Vent se lève (2006)

© Diaphana Films

Réalisé par : Ken Loach
Écrit par : Paul Laverty
En compétition la même année : “Volver” de Pedro Almodovar, “Indigènes” de Rachid Bouchareb, “Marie-Antoinette” de Sofia Coppola.

Un film brutal et bouleversant, bien que relativement classique, qui illustre avec emphase toute la complexité du conflit nord-irlandais. D’ailleurs, sa plus grande originalité est sans doute d’avoir été réalisé par un Anglais - ce qui n’a pas plu à tout le monde lors de la sortie du film.

24. Le Knack… et comment l’avoir (1965)

© Woodfall film Productions

Réalisé par : Richard Lester
Écrit par : Charles Wood, Ann Jellicoe
En compétition la même année : “La 317e section” de Pierre Schoendoerffer, “L’obsédé” de William Wyler.

Certaines blagues de cette comédie britannique ont mal vieilli, mais le film vaut le détour. Un ovni complètement dingue, doté d’une réalisation astucieuse et de dialogues… pour le moins déroutants. Les réflexions des personnages sur le viol, notamment, sont assez savoureuses.

23. Secrets et Mensonges (1996)

Via © Ciby Distribution

Réalisé par : Mike Leigh
Écrit par : Mike Leigh
En compétition la même année : “Fargo” des frères Coen, “Crash” de David Cronenberg, “Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle)” d’Arnaud Desplechin.

Dommage qu’il ait été présenté la même année, car “Fargo” méritait clairement une Palme d’or. “Secrets et Mensonges”, quant à lui, est certainement plus classique - jusque dans son titre, d’ailleurs - mais n’en est pas moins mémorable. Reposant en grande partie sur les échanges (improvisés) de ses acteurs, le film est d’une fluidité remarquable. Sans doute un des meilleurs films sur la famille et les différences de classe.

22. Underground (1995)

Réalisé par : Emir Kusturica
Écrit par : Dušan Kovačević, Emir Kusturica
En compétition la même année : “Ed Wood” de Tim Burton, “Kids” de Larry Clark, “La Haine” de Mathieu Kassovitz, “La Cité des Enfants Perdus” de Jean-Pierre Jeunet.

Une très bonne cuvée que l’année 1995 : “La Haine” ou “Kids” auraient parfaitement pu recevoir la Palme, mais “Underground”, comédie outrancière sur fond de guerre froide, le mérite tout autant. Avec sa bande-son devenue culte, son trio d’acteurs survoltés (pour ne pas dire hystériques) et son scénario farfelu, ce film est certainement l’un des plus pétés du palmarès. C’est aussi, accessoirement, la Palme d’or la plus alcoolique.

21. Taxi Driver (1976)

Réalisé par : Martin Scorsese
Écrit par : Paul Schrader
En compétition la même année : “Le Locataire” de Roman Polanski.

Un des plus grands rôles de De Niro, même si personnellement, ce n’est pas mon film préféré. Vous pouvez m’engueuler dans les commentaires pour mon évident manque de goût.

20. Une aussi longue absence (1961)

Réalisé par : Henri Colpi
Écrit par : Henri Colpi, Marguerite Duras, Gérard Jarlot
En compétition la même année : “La Paysanne aux pieds nus” de Vittorio De Sica, “Viridiana” de Luis Buñuel (Palme d’or ex-aequo).

Un des plus beaux films d’amour de tous les temps, sublimement interprété par Georges Wilson et Alida Valli.

19. Entre les murs (2008)

© Haut et Court

Réalisé par : Laurent Cantet
Écrit par : Laurent Cantet, François Bégaudeau, Robin Campillo
En compétition la même année : “Un Conte de Noël” d’Arnaud Desplechin, “Valse avec Bachir” d’Ari Folman, “Two Lovers” de James Gray.

Un portrait honnête et incroyablement réaliste de la société française actuelle.

18. Le Salaire de la peur (1953)

Réalisé par : Henri-Georges Clouzot
Écrit par : Henri-Georges Clouzot, René Wheeler

Une des plus jeunes Palmes d’or, “Le Salaire de la peur” est un thriller haletant qui soixante ans plus tard, n’a pas pris une ride.

17. Blow Up (1967)

Réalisé par : Michelangelo Antonioni
Écrit par : Michelangelo Antonioni, Tonino Guerra, Edward Bond
En compétition la même année : “Mouchette” de Robert Bresson.

C’est le film du “Swinging London”, le Londres bouillant de la contre-culture et de la révolution sexuelle. Le personnage de David Hemmings, jeune photographe de mode sulfureux, incarne parfaitement cette période, et le film passe même par un concert des Yardbirds, avec un cameo de Jimmy Page et Jeff Beck. Au delà de son ambiance très sixties, “Blow Up” est aussi et surtout un thriller énigmatique, qui se garde d’offrir des réponses toutes faites. La scène finale, devenue culte, est une des plus fascinantes de toute l’histoire du cinéma.

16. Le Monde du silence (1956)

Réalisé par : Jacques-Yves Cousteau & Louis Malle
Écrit par : Jacques-Yves Cousteau
En compétition la même année : “Le Mystère Picasso”, d’Henri-Georges Clouzot, “Sourires d’une nuit d’été” d’Ingmar Bergman.

C’était le premier documentaire à obtenir la Palme d’or - suivi depuis par “Fahrenheit 9/11” - et elle est amplement méritée. Les images de la vie sous-marine sont à couper le souffle, voire légèrement angoissantes si, comme moi, vous n’êtes pas rassurés par toutes les choses vivantes et visqueuses qui se baladent au fond des océans. Impossible d’en détourner les yeux. (Et si vous ne l’avez pas vu, il est disponible sur Youtube.)

15. Dancer in the dark (2000)

© Zentropa Entertainments

Réalisé par : Lars von Trier
Écrit par : Lars von Trier
En compétition la même année : “In the Mood for Love” de Wong Kar-wai, “Harry, un ami qui vous veut du bien” de Dominique Moll.

L’œuvre de Lars Von Trier a toujours suscité des réactions très divisées, ce qui est peu surprenant compte tenu de la nature souvent schizophrène et clivante de ses films. Ici, il livre sans doute la comédie musicale la moins drôle de l’histoire, sur une pauvre aveugle condamnée à mort… 1000 points pour l’originalité, Lars.

14. Amour (2012)

© Les Films du Losange

Réalisé par : Michael Haneke
Écrit par : Michael Haneke
En compétition la même année : “Holy Motors” de Leos Carax, “De rouille et d’os” de Jacques Audiard, “Mud” de Jeff Nichols

Le sujet de la fin de vie a été plusieurs fois abordé à Cannes, notamment avec “La Ballade de Narayama” ou “L’Éternité et un jour”. Mais jamais de manière aussi viscérale que dans le film d’Haneke. Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant sont immenses.

13. If… (1969)

Réalisé par : Lindsay Anderson
Écrit par : David Sherwin, John Howlett
En compétition la même année : “Easy Rider” de Dennis Hopper, “Ma Nuit chez Maud” d’Éric Rohmer, “Z” de Costa Gavras.

40 plus tard, ce film parfaitement emblématique de l’année 1968 est quasiment tombé dans l’oubli. Pourtant, la réalisation est absolument sublime, l’écriture incisive, et l’acteur principal extraordinaire - normal, c’est Malcolm McDowell, dans le rôle qui lui a permis d’être repéré par Kubrick, et dont il s’est beaucoup inspiré pour son personnage d‘“Orange Mécanique”.

12. Elephant (2003)

© MK2 Diffusion

Réalisé par : Gus Van Sant
Écrit par : Gus Van Sant
En compétition la même année : “Dogville” de Lars Von Trier, “Mystic River” de Clint Eastwood, “The Brown Bunny” de Vincent Gallo.

“Elephant”, lui aussi, est emblématique d’une époque : la nôtre, celle des tueries de Columbine, Virginia Tech et les autres. Tourné en vingt jours avec une bande d’acteurs non-professionnels, le film est une énorme claque visuelle et sensorielle, dont on met du temps à se remettre. Avec leurs longs plans-séquences élaborés, Gus Van Sant et son chef op’ Matias Mesa font preuve d’une maîtrise formelle impressionnante.

11. La Vie d’Adèle (2013)

© Wild Bunch Distribution

Réalisé par : Abdellatif Kechiche
Écrit par : Abdellatif Kechiche, Ghalya Lacroix
En compétition la même année : “Le Passé” d’Asghar Farhadi, “Inside Llewyn Davis” des frères Coen, “Only God Forgives” de Nicolas Winding Refn

Malgré les controverses qui ont suivi la sortie du film, “La Vie d’Adèle” est une œuvre terrassante, à la fois crue et sensible. Et puis, c’est surtout le film qui nous a donné la sublime Adèle Exarchopoulos. On pourrait la regarder manger des pâtes pendant des jours.

10. Sexe, Mensonges et Vidéo (1989)

Réalisé par : Steven Soderbergh
Écrit par : Steven Soderbergh
En compétition la même année : “Cinema Paradiso” de Giuseppe Tornatore, “Do The Right Thing” de Spike Lee, “Sweetie” de Jane Campion

Le premier film de Soderbergh est peut-être aussi son meilleur. Déjà, c’est un des seuls qu’il a à la fois écrit et réalisé. Surtout, loin des blockbusters pour lesquels le réalisateur est aujourd’hui connu, “Sexe, Mensonges et Vidéo” est une œuvre sensible, discrète et raffinée. La réalisation minimaliste permet aux acteurs de porter le film, surtout James Spader, qui a d’ailleurs reçu le Prix d’interprétation masculine pour son rôle. Un incontournable du cinéma indépendant américain.

9. Les Parapluies de Cherbourg (1964)

Réalisé par : Jacques Demy
Écrit par : Jacques Demy
En compétition la même année : “La Peau douce” de François Truffaut, “Le Mangeur de citrouilles” de Jack Clayton.

Le style de chant peut surprendre, et les comédies musicales de Jacques Demy ont pu hériter d’une réputation cucul avec le temps. Pourtant, malgré les chansons et les couleurs bonbon, “Les Parapluies de Cherbourg” est en fait un film relativement sombre, qui se déroule sur fond de guerre d’Algérie et s’achève sur une conclusion douce-amère digne des meilleurs drames. Si vous ne pleurez pas devant ce film, vous êtes un sociopathe.

8. La Leçon de piano (1993)

Réalisé par : Jane Campion
Écrit par : Jane Campion
En compétition la même année : “Adieu ma concubine” de Chen Kaige (Palme d’or ex-aequo), “Ma saison préférée” d’André Téchiné, “Beaucoup de bruit pour rien” de Kenneth Branagh

C’est le film phare de Jane Campion, celui qui lui a permis de devenir la première réalisatrice à recevoir la Palme d’or. On y retrouve tous les thèmes qu’elle affectionne : la sexualité et l’émancipation féminine, le poids du patriarcat. Le casting est exceptionnel - Holly Hunter, qui livre une performance entièrement muette, ainsi que Sookie Stackhouse/Anna Paquin ont toutes les deux reçu un Oscar pour leur rôle. Et la bande originale composée par Michael Nyman est absolument mythique. Bref, un grand classique.

7. Le Pianiste (2002)

Réalisé par : Roman Polanski
Écrit par : Ronald Harwood
En compétition la même année : “Punch Drunk Love” de Paul Thomas Anderson, “Irréversible” de Gaspard Noé, “Bowling for Columbine” de Michael Moore.

Le film sur la Shoah, presque aussi essentiel que “Nuit et Brouillard” pour saisir l’horreur de cette période de l’Histoire. La scène du piano, déchirante, est immédiatement devenue culte, et Adrien Brody, qui depuis n’a pas fait grand chose d’extraordinaire, livre une interprétation magistrale.

6. Sailor et Lula (1990)

Réalisé par : David Lynch
Écrit par : David Lynch
En compétition la même année : “Nouvelle Vague” de Jean-Luc Godard, “Cyrano de Bergerac” de Jean-Paul Rappeneau.

Ce n’est pas le meilleur film de Lynch, mais c’est certainement le plus taré (et c’est dire). Le couple improbable Laura Dern - Nicolas Cage, tout en peau de serpent et citations pseudo-philosophiques, repousse les limites de la vulgarité sur fond de speed metal - ce qui ne rend pas leur relation plus grotesque, mais au contraire étrangement romantique. Une palme d’or surprenante mais méritée.

5. Paris, Texas (1984)

Réalisé par : Wim Wenders
Écrit par : Sam Shepard, L.M. Kit Carson
En compétition la même année : “Element of crime” de Lars Von Trier, “Un dimanche à la campagne” de Bertrand Tavernier.

Il n’existe qu’une relation père-fils plus bouleversante que celle de “Pelle le conquérant” : celle de Travis et Hunter. Le regard perdu d’Harry Dean Stanton vous brisera le cœur dès les premières secondes du film.

4. La Dolce Vita (1960)

Réalisé par : Federico Fellini
Écrit par : Federico Fellini, Tullio Pinelli, Ennio Flaiano, Brunello Rondi, Pier Paolo Pasolini
En compétition la même année : “L’Avventura” de Michelangelo Antonioni.

Le film est un peu long - OK j’arrête. La structure en apparence décousue du chef d’œuvre de Fellini peut surprendre, voire rebuter. Mais “La Dolce Vita” est une œuvre incontournable du cinéma, un film singulier et, sous ses airs mondains, profondément mélancolique. Il fait certainement partie de ces films qui prennent un nouveau sens à chaque nouveau visionnage.

3. Apocalypse Now (1979)

Réalisé par : Francis Ford Coppola
Écrit par : John Milius, Francis Ford Coppola, Michael Herr
En compétition la même année : “Les Moissons du ciel” de Terrence Malick, , “Woyzeck” de Werner Herzog.

Difficile de faire mieux que le chef d’œuvre épique de Coppola, film fiévreux et démesuré, envoûtant et maudit. D’autant plus que son existence relève du miracle. On en ressort complètement sonné, avec l’impression d’avoir passé des mois dans la jungle vietnamienne. Martin Sheen, quant à lui, est tout simplement fascinant. Autres Palmes d’or, notez bien : c’est comme ÇA qu’on fait des films longs.

2. Un homme et une femme (1966)

Réalisé par : Claude Lelouch
Écrit par : Claude Lelouch, Pierre Uytterhoeven
En compétition la même année : ” Le Docteur Jivago ” de David Lean, ” Ces Messieurs Dames ” de Pietro Germi (Palme d’or ex-aequo)

C’est une histoire si simple - un homme, une femme - et pourtant, un chef d’œuvre absolu. Claude Lelouch mélange avec lyrisme couleur et noir et blanc, privilégie aux dialogues les chansons et monologues en voix off, conférant ainsi à son film une atmosphère rêveuse, presque irréelle. Sans oublier qu’Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant forment le couple le plus sexy de tous les temps. Une vraie merveille.

1. Pulp Fiction (1994)

Réalisé par : Quentin Tarantino
Écrit par : Quentin Tarantino
En compétition la même année : ” La Reine Margot ” de Patrice Chéreau.

De la réalisation au scénario en passant par la bande-son, c’est un chef d’œuvre sur tous les plans, qui fête d’ailleurs son vingtième anniversaire cette année. “Kill Bill” est épique, “Boulevard de la mort” est délicieusement barré, “Jackie Brown” et “Reservoir Dogs” aussi sont des classiques. Mais “Pulp Fiction” est et restera le meilleur film de Tarantino - et un des meilleurs films de tous les temps.

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Anaïs Bordages est en charge de la rubrique Buzz chez BuzzFeed France et travaille depuis Paris.
 
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