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10 fois où Catherine Deneuve a défendu la cause des femmes

«J'ai toujours trouvé que le mot de viol avait été excessif.»

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1. Quand elle a pensé que les féministes avaient des positions «extrémistes» :

Andreas Rentz / Getty Images

En réponse à une journaliste de M le Mag, en août 2012, qui lui demandait pourquoi elle se méfiait du terme «féministe», l'actrice a dit ceci :

«À cause de certaines positions extrémistes englobées autrefois dans ce mouvement trop vaste pour que j'y sois à l'aise. Des attitudes antihommes regrettables alors que le but est d'arriver à plus d'harmonie entre les sexes.»

2. Quand elle a pris la défense de Roman Polanski et a dit qu'elle n'était «pas fière d'être une femme».

Alberto Pizzoli / AFP / Getty Images

Après la décision de Roman Polanski de renoncer à présider les César, elle a dit à L'Obs en mars 2017 qu'elle était «ulcérée».

Le réalisateur Roman Polanski a été condamné pour détournement de mineure, après avoir drogué et violé une jeune fille de 13 ans, en 1977. Le réalisateur devait présider les Césars en 2017, mais suite à la polémique, il a fini par renoncer.

«J'ai trouvé cette affaire, née une fois encore des réseaux sociaux, tout à fait ignoble, a déclaré Catherine Deneuve à L'Obs. Je regrette de le dire aux milliers de femmes qui ont signé cette pétition, mais la plupart ne connaissent pas bien l'histoire de Polanski. Dans cette histoire, alors que je suis féministe, je ne suis pas fière des femmes. Je ne suis pas fière d'être une femme.»

3. Quand elle a dit qu'elle n'avait «jamais vraiment fait partie du mouvement» féministe.

Elle disait à Technikart en novembre 2017 : «C'est vrai que je n'ai pas été une figure du fémi­nisme, comme Delphine Seyrig l'a été. Je n'ai jamais vrai­ment fait partie du groupe, sans doute parce que j'étais beaucoup moins dispo­nible qu'on ne le croyait. J'ai eu très jeune un enfant, donc je voulais vrai­ment rentrer à la maison après les tour­nages, ne pas être partie trop long­temps… Et puis j'ai du mal à adhé­rer au groupe, quel qu'il soit. Je n'ai donc jamais fait partie vrai­ment du mouve­ment, à part signer le Mani­feste des 343.».

En 1971, l'actrice avait effectivement signé ce manifeste défendant le droit à l'avortement (alors illégal), publié dans Le Nouvel Observateur et rédigé par Simone de Beauvoir.

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4. Quand elle a trouvé que le mot «viol», dans l'affaire Polanski, était «excessif».

TMC

Invitée sur le plateau de l'émission «Quotidien» en mars 2017, l'actrice a également évoqué l'affaire Polanski. «J'aime beaucoup les femmes, mais je ne suis pas d'accord avec toutes ces féministes-là. C'est vraiment abusif. (...) Il y a toujours eu une image donnée à cette histoire assez incroyable. C’est une jeune fille qui avait été amenée chez Roman par sa mère, qui ne faisait pas son âge de toute façon. Et de toute façon, on peut imaginer qu’un femme de 13 ans puisse faire 15, 16 ans. Il ne lui a pas demandé sa carte de visite. Il a toujours aimé les jeunes femmes. Je pense pas vraiment qu'on puisse... J'ai toujours trouvé que le mot de viol avait été excessif.»

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a été saisi suite à cette intervention, et même s'il n'a pas sanctionné l'émission, il a estimé que ces propos «sont déplacés et véhiculent des préjugés rétrogrades concernant les auteurs de viol et leurs victimes».

5. Quand elle a jugé «ignoble» le «déferlement» lié au hashtag #BalanceTonPorc, qui a permis à des milliers de femmes de s'exprimer sur les violences qu'elles avaient subies.

Au Huffington Post, en octobre 2017, elle dit : «Le déferlement qu'il y a en ce moment avec #balancetonporc [est] ignoble pour les femmes qui n'ont que ça» pour témoigner. «Je trouve ça terrible. Est-ce que c'est intéressant d'en parler comme ça ? Est-ce que ça soulage ? Est-ce que ça apporte quelque chose ? Est-ce que ça va régler le problème d'une certaine façon ?»

6. Et quand elle a dit que ce mouvement, c'était «quand même presque de la délation».

TMC

«Je ne trouve pas que ce soit le moyen le plus juste pour essayer de faire bouger les choses parce qu'après ce sera quoi ? Balance ta pute ? C'est vraiment des termes qui sont très excessifs.» avait-elle dit sur le plateau de «Quotidien» en octobre 2017.

7. Quand elle a dit sur Europe 1, le 26 octobre 2017, que tout ça était un peu «excessif».

«Je trouve ça extrêmement choquant ce que c'est devenu aujourd'hui cette alerte au harcèlement, je trouve qu'aujourd'hui c'est vraiment un petit peu excessif tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux. [...] Y'a jamais la parole contraire, pour savoir dans quelles circonstances ça s'est passé.»

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8. Quand dans la même interview, elle a dit qu'Harvey Weinstein était «gênant, peut-être comme un homme qui aime trop les femmes».

Pascal Le Segretain / Getty Images

«C'est quelqu'un de vulgaire, si vous voulez, c'est quelqu'un qui avait une approche des gens, de tout, et donc des femmes aussi... Mais voilà ça s'arrête là.» Pour rappel, le producteur est accusé de viol par plusieurs femmes.

9. Lorsque, toujours dans la même interview, elle a déploré que le système judiciaire aux États-Unis aille «trop loin».

«Le problème c'est que ça va très très loin, ça va très très vite, ça va très très fort. J'aurais préféré que ça se passe en Europe, ça aurait été peut-être un peu plus équilibré. C'est un tel raz-de-marée. [...] Donc moi je ne vais pas le défendre, mais disons que je ne vais pas appuyer mon pied sur la tête.»

10. Enfin, quand elle a défendu «la liberté d'importuner» dans cette tribune publiée dans Le Monde le 9 janvier 2018 et signée par un collectif de 100 femmes.

lemonde.fr

Dans cette tribune, on peut lire que le mouvement #MeToo est une «vague purificatoire» qui «sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires», ou encore que le féminisme qui consiste à dénoncer les agressions sexuelles et la culture du viol «prend le visage d'une haine des hommes et de la sexualité».

Merci Catherine !

Anaïs Bordages est journaliste co-responsable de Meufs chez BuzzFeed France et travaille depuis Paris

Contact Anais Bordages at anais.bordages@buzzfeed.com.

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