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Les ratés de Snapchat ont encore plus d'importance maintenant qu'Instagram l'a copié

Les filtres racistes et leurs conséquences.

Publié le

Après avoir été témoin du nouveau dérapage raciste de Snapchat la semaine dernière, Katie Zhu a décidé qu'elle en avait eu assez. L'ingénieure de Medium basée à San Francisco a pris son téléphone, supprimé l'application et publié un mot sur Medium pour encourager les autres à la supprimer aussi. Le titre de la publication: «Je supprime Snapchat et vous devriez en faire autant.»

Katie Zhu a quitté Snapchat à cause d'un filtre de morphing de visage ressemblant à une yellowface, une caricature offensante d'un visage aux origines asiatiques. Jusqu’à présent, les controverses de ce genre, ce n’est pas la première, se terminaient le plus souvent par des excuses par communiqué de presse de la part de Snapchat. Les entreprises sociales énervent en permanence leurs utilisateurs, mais la colère se traduit rarement en défection, car il est difficile de trouver des fonctionnalités identiques et le même réseau ailleurs (voir le cas Facebook). Mais cette fois-ci, c'était différent.

«Instagram possède à présent un clone des Stories Snapchat, écrit Katie. Je vais pouvoir continuer à prendre des photos ordinaires de ma vie quotidienne.»

Katie Zhu n'est pas la seule qui a remarqué l'interchangeabilité des plateformes et qui a décidé de faire un choix entre plusieurs applications.

Thank you @instagram stories for allowing me to delete @Snapchat & never have to figure that shiz out.

So i think im just gonna delete snapchat now that instagram is basically snapchat lol

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Since insta stories are a thing, I might just delete snapchat 🤔

Snapchat coming out with their yellow-face filter making me want to delete the app (again). UGH

Cela fait à peine deux semaines qu'Instagram a sorti des fonctionnalités qui reconnaissent officiellement être des clones des Stories Snapchat, mais les tweets de personnes qui désertent l'application pourraient bien être les premiers signes d'un problème, surtout si le phénomène ne s'arrête pas là. Auparavant, Snapchat avait réussi à faire oublier les faux pas grâce à l'originalité de son produit, mais à présent, les utilisateurs ont le choix.

Le départ de Katie Zhu de Snapchat et celui des autres utilisateurs dont les tweets sont listés ci-dessus ne sont pas vraiment les preuves d'un exode massif ou imminent. Ils suggèrent en revanche qu'entre les problèmes récurrents liés aux filtres Snapchat, et le fait qu'Instagram offre une alternative comparable, l'application pourrait vite être perdante.

«Ils ne sont pas à l'abri que des personnes quittent l'application, au contraire de Facebook pendant de nombreuses années, car ils ne sont pas propriétaires de votre compte.»

«Honnêtement, c'est de plus en plus facile de quitter un endroit où vous n'aimez pas les gens ou l'attitude, et de trouver la même chose ailleurs», explique Karen North, directrice du programme numérique des réseaux sociaux de l'université du Sud de la Californie à Annenberg dans une interview avec BuzzFeed News. Snapchat, a-t-elle expliqué, n'est «pas à l'abri que des personnes quittent l'application, au contraire de Facebook pendant de nombreuses années, car ils ne sont pas propriétaires de votre compte.»

Victor Anthony, directeur général et analyste principal chez Axiom Capital Management, est d'accord.

«Maintenant qu'Instagram a sorti une fonctionnalité identique, je pense que cela met une pression concurrentielle sur Snapchat», ajoute-t-elle.

Il est important de noter que ce n'est pas la première fois qu'un filtre de Snapchat mal conçu suscite des cris d'indignation. En avril, Snapchat avait sorti un filtre Bob Marley que certains avaient qualifié de «blackface numérique».

L'entreprise s'est défendue après le tollé du filtre ressemblant à une yellowface, en expliquant à The Verge que c'était inspiré des dessins animés japonais. Mais cette explication n'a pas suffi à Katie Zhu et aux autres.

«N'importe quoi. Les personnages des dessins animés sont connus pour leurs visages angulaires, leurs cheveux colorés en épis, leurs grands yeux et leurs expressions faciales vivantes», répond Katie Zhu.

«Dans tous les domaines, les gens tombent accidentellement sur des choses qui semblent manquer de respect, car ils pensent à une chose en particulier et ils ne se rendent pas compte que cela a des conséquences pour autre chose», dit Karen North au sujet de la polémique sur la yellowface. «Mais lorsque vous êtes une plateforme d'une si large diffusion, c'est-à-dire comme tout ce qui est numérique, il y a une responsabilité d'examiner les choses encore plus minutieusement qu'à une époque plus traditionnelle.»

Pour Snapchat, qui est devenu populaire grâce à un certain nombre de fonctionnalités, à une certaine époque, un faux pas très médiatisé comme la yellowface aurait pu faire parler sans pour autant que les utilisateurs puissent faire grand-chose. Mais avec un rival puissant et bien établi tel qu'Instagram, qui se positionne aujourd'hui comme une alternative offrant des services équivalents, il y a plus de risques que les utilisateurs désinstallent l'application. En effet, il semblerait qu'au moins quelques personnes soient déjà sur le départ.

Snapchat n'a toujours pas répondu à notre demande d'interview.

Alex Kantrowitz is a senior technology reporter for BuzzFeed News and is based in San Francisco. He reports on social and communications.

Contact Alex Kantrowitz at alex.kantrowitz@buzzfeed.com.

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