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Pub déguisée: des youtubeurs contactés par la répression des fraudes

Des youtubeurs connus «semblent avoir pris conscience de la problématique», dit la DGCCRF à BuzzFeed.

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Une première, à notre connaissance, sur cette chaîne -et une pratique assez rare sur YouTube, où les partenariats ne sont pas toujours indiqués, ou la plupart du temps dans la légende de la vidéo, comme dans cette autre vidéo de Cyprien et Squeezie:

L'épisode peut paraître anodin, mais il s'agit tout de même de savoir si les youtubeurs respectent ou non la loi.

En effet, de nombreux vidéastes se font rémunérer pour réaliser des vidéos pour le compte de marques -dans le cas de Cyprien Gaming, des éditeurs de jeux vidéo.

Une pratique parfaitement légale... À condition qu'elle ne soit pas trompeuse pour le consommateur, rappelle à BuzzFeed la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). C'est-à-dire que les messages doivent apparaître clairement comme étant financés par la marque:

«Dès lors qu'un contenu publicitaire n'est pas identifié comme tel sur une vidéo ou que celui qui met en ligne la vidéo n'indique pas clairement que celle-ci est le résultat d'un partenariat commercial, la qualification de pratique commerciale trompeuse peut trouver à s'appliquer sous réserve de l'appréciation souveraine des tribunaux.»

L'article 121-1 du code de la consommation prévoit, en cas de non-respect, des peines pouvant aller jusqu'à 300.000 euros d'amende et 2 ans d'emprisonnement.

En France, aucun youtubeur n'a été visé par la DGCCRF jusqu'ici malgré des cas suspects et des critiques. Sauf que des réflexions «sont en cours» et la DGCCRF «les intègre dans les enquêtes sur ces sujets».

C'est ce que dit au Monde le cabinet de Martine Pinville, secrétaire d'État chargée du commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire, auquel la DGCCRF est rattachée.

La DGCCRF nous indique que «des contrôles ont d'ores et déjà été réalisés». Et précise:

«Il ressort des premières interventions que des opérateurs à forte notoriété semblent avoir pris conscience de la problématique et engagé des actions pour une meilleure information du consommateur sur le caractère publicitaire de certaines vidéos.»

Les Youtubeurs qui ne respectent pas la loi devraient, pour la plupart, éviter un procès. «Dans 95% des cas, les transactions sont réalisées à l'amiable», indique Bercy au Monde. S'il n'y a pas d'accord, l'affaire est portée devant le tribunal correctionnel, précise le quotidien.

Adrien Sénécat est journaliste chez BuzzFeed News France et travaille depuis Paris.

Contact Adrien Sénécat at adrien.senecat@buzzfeed.com.

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