Une petite fille handicapée motrice ne sait pas si elle pourra faire sa rentrée

À quelques jours de la rentrée scolaire, ses parents ont lancé une pétition pour qu’elle puisse être scolarisée.

Juliette, sept ans, doit rentrer en CP mardi 1er septembre à Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime).

Arnaud Bovin

Mais la petite fille, qui souffre d’un handicap moteur et se déplace en fauteuil roulant, ne sait pas encore si elle pourra réellement faire sa rentrée comme les autres enfants, à une semaine du jour J.

Motif: Juliette n’a pour l’heure pas d’accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH, auparavant appelés AVS). Sans cette aide, impossible d’aller en classe.

La fillette était bien accompagnée, depuis son entrée en maternelle il y a deux ans, par une personne avec qui tout se passait bien. Mais le contrat de cette dernière a pris fin au terme de l’année scolaire 2014-2015 et elle n’a pas été renouvelée. Pour l’heure, personne n’a été trouvé pour prendre sa suite.

«On est vraiment déçus, parce que cela se passait super bien à l’école au niveau de l’apprentissage et de la sociabilisation», explique à BuzzFeed France Arnaud Bovin, le père de Juliette.

(Photo d’illustration) Fred Dufour / AFP / Getty Images

Sans solution, les parents ont décidé de lancer une pétition mi-août pour alerter sur leur situation et demander le maintien de leur AVS. Plus de 20.000 internautes l’ont signée en une dizaine de jours.

mesopinions.com

Au-delà de leur cas personnel, ils veulent attirer l’attention sur les difficultés que rencontrent les parents d’enfants atteints de handicap pour les scolariser.

«J’ai découvert avec Juliette à quel point c’est compliqué, je tombe des nues. Il faut faire changer de regard sur le handicap. Ceux qui gèrent ça dans les institutions ne sont pas concernés et n’ont pas compris nos problèmes», souffle Arnaud Bovin.

«Nous, on se bat à 100%, cela avait déjà été difficile il y a deux ans, mais beaucoup de parents finissent par baisser les bras. C’est tellement compliqué qu’ils finissent par se tourner vers des établissements spécialisés, alors qu’ils ont le droit d’être scolarisés comme les autres. Comment notre société peut-elle évoluer si on cache ces enfants?»

Selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale, environ 320.000 enfants en situation de handicap (tous types confondus) étaient scolarisés en 2013-2014, dont seulement la moitié en classes ordinaires.

(Photo d’illustration) Jeff Pachoud / AFP / Getty Images

Scolarisation des élèves en situation de handicap:

*Les CLIS (classes pour l’inclusion scolaire) incluent des petits groupes d’enfants qui présentent (en théorie) le même type de handicap au premier degré (maternelle et primaire). Les ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire) en sont l’équivalent au second degré (collège et lycée),

Arnaud Bovin a aussi découvert à travers cette histoire la précarité des AVS: «On a des gens qui travaillent bien, mais on préfère ne pas les engager. On se contente de contrats aidés, parce que ça fait tourner les chômeurs…»

«Nous avons écrit au rectorat et au ministère pour demander à ce que l’AVS de Juliette soit renouvelée, on nous a répondu qu’elle n’était pas suffisamment formée. Pourquoi l’avoir fait travailler pendant deux ans?

Et puis, elle connaît très bien Juliette et ça se passe très bien. Pour changer dans de bonnes conditions, il aurait fallu s’y prendre bien avant la rentrée.»

Selon les statistiques du ministère, seule une faible minorité d’AESH était en CDI à la rentrée 2014.

Contrat des AESH/AVS

5000 AESH sur 28.000 étaient en CDI, auxquels il faut rajouter 41.000 personnes en contrat aidé.

Contacté par BuzzFeed France, le ministère de l’Éducation nationale refuse de s’exprimer sur le sujet. Le rectorat l’académie de Rouen n’était quant à lui pas joignable ce lundi après-midi.

Suivez-nous sur Facebook et Twitter.

View this embed ›

Check out more articles on BuzzFeed.com!

 
 
Le buzz du moment