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La crise Grèce expliquée à ceux qui ne connaissent rien à l'économie

Cela fait des semaines que vous entendez parler de la date butoir du 30 juin, elle est dépassée et vous n'y comprenez toujours rien? On vous explique tout ça simplement. Promis ❤️.

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Précédemment dans la crise grecque:

En échange du soutien financier de la zone euro et du FMI en 2010 puis en 2011, le pays s'engage dans une vaste cure d'austérité. Depuis 2009, le PIB de la Grèce a chuté de 25%. Sa dette dépasse désormais les 310 milliards d'euros.

C'est quoi cette date du 30 juin? Pourquoi c'était si important?

Pour faire simple, la Grèce devait rembourser 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI) avant le 1er juillet. Elle devait aussi rembourser environ 3,5 milliards à la Banque centrale européenne (BCE) le 20 juillet.

Comme les caisses du pays sont tous sauf remplies, il lui faut pour payer débloquer une tranche de prêts de 7,2 milliards d'euros. Sauf que ses créanciers lui demandent, en échange, de nouvelles réformes -et donc des coupes budgétaires supplémentaires.

La Grèce est prête à faire des réformes, mais pas n'importe lesquelles. Voilà à peu près la réaction du ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, quand on lui demande de faire une nouvelle réforme des retraites pour réaliser des économies.

Pourquoi les négociations ont-elles échoué?

Parce que les positions des deux camps se sont révélées trop éloignées pour trouver (en tout cas pour l'instant) un compromis, alors que les signaux de ces dernières semaines étaient encourageants.

Alexis Tsipras a ainsi décidé qu'il ne ferait pas une concession de plus et annoncé, dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 juin, la tenue d'un référendum sur la proposition des créanciers le 5 juillet. Échec des négociations.

C'est quoi cette histoire de référendum?

En gros, Alexis Tsipras, qui est contre le projet des créanciers, veut que le peuple grec dise non à ce plan pour renforcer sa position. Il justifie cette méthode par le fait que les mesures d'austérité exigées par les créanciers vont à l'inverse du programme pour lequel il a été élu et qu'il s'agit donc d'un exercice «démocratique».

Jean-Claude Junker, le président de la Commission européenne, espère lui que les Grecs désavoueront Alexis Tsipras et diront «oui» au plan de sauvetage, face à la menace d'une faillite des banques du pays.

La situation est d'autant plus confuse ce mercredi que le gouvernement grec pourrait, selon plusieurs sources, revenir sur le projet de référendum, si de nouvelles négociations aboutissent.

S'il se confirme, ce volte-face de Tsipras est incroyable et démontre que le référendum n'était qu'un coup de poker dans la négo #grece

La Grèce peut-elle vraiment sortir de la zone euro?

Oui, le «Grexit», comme on dit en jargon, est en théorie possible, selon l'évolution de la situation dans les jours qui viennent.

Comme l'expliquait Le Point fin mai, la Grèce se retrouverait dans une situation inconfortable si elle ne pouvait pas payer ses créanciers. Si elle ne le fait pas, «la banque centrale peut fermer à tout moment le robinet de liquidités d'urgence qui maintient encore les banques grecques hors de l'eau, ce qui pousserait le pays en dehors de la zone euro», explique le site.

Résultat: la Grèce pourrait alors être contrainte d'instaurer une monnaie parallèle voire de remplacement à l'euro. Certains économistes pensent qu'il serait possible de faire cohabiter les deux monnaies, d'autres jugent au contraire que l'arrivée d'une nouvelle équivaudrait à la sortie de la Grèce de la zone euro.

Qu'est-ce qu'il se passe avec les banques?

Pour préserver les chances de parvenir à un accord le plus tôt possible, plusieurs mesures ont été prises de part et d'autre pour calmer le jeu. D'un côté, la BCE maintient le versement de liquidités d'urgence aux banques grecques pour éviter qu'elles ne s'écroulent.

De l'autre, le gouvernement grec a mis en place lundi le contrôle des capitaux. Un «mal nécessaire», explique Le Monde: ce dernier vise à stopper les sorties d'argent du pays, en limitant les retraits bancaires et les mouvements de capitaux à l'étranger. Une mesure d'urgence qui permet, là-aussi, d'éviter la faillite des banques grecques.

À court-terme, la mesure complique aussi bien la vie quotidienne des grecs que le fonctionnement des entrerprises.

Et maintenant?

Comme l'explique L'Expansion, l'ultimatum du 30 juin 2015 «n'en était pas un», en réalité. Y compris, même, en cas de victoire du «non» au référendum grec le 5 juillet.

Les négociations continuent ce mercredi, au lendemain de «l'ultimatum», donc, et la Grèce se dit prête à faire de nouvelles propositions. La piste d'un abandon du référendum est même évoquée, dans le cas où les créanciers et le gouvernement d'Alexis Tsipras tomberaient finalement d'accord.

Les effets de la crise sont pour l'heure limités sur les économies européennes.

Adrien Sénécat est journaliste chez BuzzFeed News France et travaille depuis Paris.

Contact Adrien Sénécat at adrien.senecat@buzzfeed.com.

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